Andromeda
Extension Of The Wish (2001)
genre : prog metal

NNNNN : Geoffrey
NNN : Pierre

NTS

Le monde du metal progressif est souvent ingrat, beaucoup de prétendants et peu de place sur le trône… Dans ce contexte, la concurrence est rude mais Andromeda semble avoir trouvé les arguments qui permettront à ce jeune groupe de percer. Sortie il y a deux ans déjà, Extension Of The Wish a souffert d'une mauvaise distribution et d'une instabilité de line-up, lui assurant tout juste un succès d'estime dans les milieux spécialisés. Mais cette version 2001, remixée et mieux interprétée est en tout point une réussite. La recette est certes classique, mais le groupe tire son épingle du jeux par une fraîcheur et un sens de l'arrangement vraiment singulier en évitant tous les écueils inhérents à ce genre musical. Accélérations, breaks au synthé, gros riffs, le résultat est impressionnant, entre fougue heavy et classe prog'. Le nouveau chanteur n'est pas sans rappeler un certain Jorn Lande dans le timbre de la voix, et le jeune virtuose Johan Reinholdz n'a rien à envier à ses ainés. Début prometteur, annonçant des lendemains radieux.

Geoffrey

Quand, en 1992, Dream Theater sort son séminal Images and Words, il ne se doute pas que son morceau Métropolis va devenir la matrice et le mètre-étalon d'un genre nouveau, le métal progressif. En près de dix minutes révolutionnaires, fulgurantes, intenses et d'une densité restée inégalée, le groupe établit toutes les caractéristiques d'une forme de musique à la sophistication insensée : breaks incessants, mélodies épiques, virtuosité et inventivité instrumentale, liberté d'inspiration -avec un net penchant pour le jazz. Images and words a aujourd'hui dix ans, et son empreinte sur la scène métal est incontestable : des dizaines de groupes l'ont pris pour référence et s'en s'ont réclamé. Evidemment, la plupart d'entre eux se sont révélés être de pathétiques succédanés. Mais d'autres ont su transcender leur modèle et imposer un style authentiquement personnel (Angra, Vanden Plas, Symphony X, Ark...). Andromeda est de ceux-là. Le premier album de ce combo suédois mené par le guitariste Johan Reinholdz, compositeur de la quasi-totalité des morceaux, combine l'essentiel des qualités d'Images and Words. Extension of the wish est tour à tour effroyablement technique, atmosphérique et expérimental -les sons étranges, les tonalités jazzy et les délires de construction rappellent parfois Frank Zappa. Plus important, les longs riffs alambiqués et sinueux de Reinholdz construisent des mélodies qui impriment durablement la mémoire. On pourra malheureusement regretter la grande hétérogénéité du tout -les cinq premiers morceaux sont clairement supérieurs aux quatre suivants-, et une certaine tendance à tomber sporadiquement dans les travers du genre -solos démonstratifs, musique froide et clinique. Ce premier album laisse en tous cas augurer du meilleur, et Andromeda s'impose instantanément comme un groupe à suivre avec attention.

Pierre

 

LEGENDE :
N : fallait pas les inviter
NN : ils ont quand même été signés...
NNN : ça devient intéressant
NNNN : très bon
NNNNN : excellent, indispensable, inratable, une tuerie sans nom, un chef d'oeuvre...