DEVILDRIVER

DevilDriver… La marge de progression du groupe semble sans fin. D’album en album, Dez Fafara a démontré tout son talent en réussissant le pari de casser son image d’ex-chanteur de Coal Chamber pour se détacher dès les débuts de Devil Driver de l’étiquette néo-metal. Pari gagné, avec un quatrième album irrésistible, groovy, agressif, mélodique. Tout y est. Ne manquait plus que quelques éclaircissements avec deux des protagonistes du groupe, au Hellfest.

Interview parue également dans le Metal Obs' 32 de juillet / août 2009

Entretien avec Dez Fafara (vocaux) et John Ford (batterie) – Par Geoffrey et Yath - Pic Hellfest : Will Of Death
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Comment voyez-vous votre précédent disque, maintenant ?
John : Comme notre album le plus direct, mais manquant vraiment de groove.
Dez : Et manquant de diversité aussi. C’est pour ça que ce nouvel album est un cran au-dessus.

Comment s’est passée l’écriture ?
John : Pareil que d’habitude. Tout le monde joue de la guitare dans le groupe. Donc, on compose des riffs chacun de notre côté, puis on se retrouve pour répéter. On enregistre tout sur ordinateur et on donne le tout à Dez pour qu’il nous donne son point de vue. Puis il fait pareil, il enregistre ses parties sous forme de démo et on réarrange le tout. Notre priorité sur ce disque était de ralentir certaines parties. Pas faire des ballades, mais aérer un peu les morceaux avec des parties mid tempo.

Un peu plus mélodique peut être aussi ?
Dez : Oui, ça, c’est venu naturellement par contre. Certains morceaux s’y prêtaient vraiment, alors on s’est dit que pour une fois, on n’allait pas s’enfermer dans un style et refuser toute mélodie si les morceaux s’y prêtaient.
John : On est dans une époque où les groupes sont dans la surenchère, à celui qui sera le plus rapide. On n’est pas comme ça. Je n’essaye pas d’être le meilleur batteur non plus. Faire des blast-beats tout le temps n’est pas très intéressant.
Dez : Les gens semblent oublier l’écriture…
John : …au profit de hurlements, de riffs ultra rapides et de blast-beats.
Dez : On a vraiment voulu composer de vraies chansons cette fois-ci, et c’est l’un des éléments clés de ce nouvel album. On a aussi voulu un album cohérent, où tous les morceaux ont un sens ensemble. Pas le genre d’album où les gens diront qu’ils aiment une ou deux chanson, mais qu’ils les aiment toutes.
John : Pour une fois, on n’a pas été pressé par le temps. On a commencé à écrire deux ou trois mois après la sortie de The Last Kind Words.  Cela nous a permis d’étaler l’écriture, de la reprendre entre les morceaux sans ressentir la moindre pression. On était donc plus détendus, on faisait ce qu’on voulait, et voilà ce qui en est ressorti. Dez par contre, lui, a été un peu plus sous pression (rire). On lui a fait refaire plein de choses au dernier moment
Dez : (rire) Je n’aime pas travailler sur démo, parce que paradoxalement, les démos sont parfois meilleures que les versions finales. Tu n’arrive parfois jamais à retrouver l’énergie ou la spontanéité que tu as pu avoir sur des versions démo. Donc j’ai posé mes partie quand même sur des démos, mais juste pour donner une direction, pour garder toute ma spontanéité en studio.

DEVILDRIVER

Qui sont ces Villains pour lesquels nous devons prier ?
Toi (rire). Nous tous.  Ton pire ennemi sera toujours toi-même. Les paroles de cet album sont centrées sur le fait de devoir vivre avec les choses de la vie : les regrets, le pardon, les erreurs, les autres. Sur le fait de devoir se soulever pour avancer…

Pas de thèmes plus politiques ?
Non, parce que tous les hommes politiques sont des menteurs et des voleurs. Et spécialement aux Etats-Unis.

Donc, pas d’attente particulière par rapport à votre nouveau président ?
Non, comme je l’ai dit, ce sont tous des voleurs, et personne ne tient ses promesses.
John : Je suis d’accord bien sûr avec l’approche sociale de Barack Obama. Ce qui m’effraie le plus, ce sont les gens qui l’entourent.
Dez : Quand on voit qu’il a profité de la crise économique pour redonner de l’argent à tous ses amis !  Et personne ne semble s’en inquiéter.
John : Je crois que les intentions d’Obama sont honnêtes.
Dez : Mais l’anarchie est inévitable. Elle arrive déjà, mais d’une façon positive tout de même.

Mais est ce que les gens ont vraiment envie de se bouger ? Le monde actuel est quand même dans une passivité déconcertante.
John : Tout le monde est égoïste au fond. Je le suis, tu l’es. Tout le monde.
Dez : Tout le monde veut des changements. Mais il faut une prise de conscience collective suivie de faits. Si tu ne fais rien, comment pourrai-je faire quelque chose ?

DEVILDRIVER

Pensez-vous que le Metal a un rôle à jouer ?
Toute musique a un rôle à jouer.

Mais le message doit être global.
John : Je ne sais pas si un message global est une bonne idée, cela a des effets néfastes, aussi utilisés à mauvais escient.
Dez : Voilà mon message global : « habille-toi, dresse-toi, prends une bière et combats ». Et arrêtez de penser que les verres sont à moitié vides, pensez positif.
John : …c’est un putain de message, ça, mec (rire général) !
Dez : Si je ne jouais pas dans un groupe, je serais anarchiste, mais je serais en prison au moment où je te parle, là (rire).

Comment voyez-vous l’histoire du groupe jusqu’à maintenant ?
John : Le groupe est comme je l’ai toujours espéré. Et personnellement, j’ai appris beaucoup, j’ai mûri, je joue mieux de mon instrument, je compose mieux qu’avant. On s’est tous rapprochés au fil des années pour être très unis maintenant.
Dez : Dès le début, on a voulu se différencier. Que les gens se disent en nous écoutant : « ah, ça, c’est Devil Driver ».
John : Je pense que c’est l’une de nos plus grandes réussites. Personne ne sonne comme nous.



DEVILDRIVER – Pray For Villains
Roadrunner / Warner


Site : www.devildriver.com

Myspace : www.myspace.com/devildriver