DREAM THEATER

Systematic Chaos a peut-être divisé les fans hardcore de Dream Theater (quoique, tous ceux qui écoutent Dream Theater sont des fans hardcore) par son côté plus direct, moins prog'. Mais l'album a eu le mérite d'ouvrir de nouveaux horizons au groupe et un public encore plus large. Et si le nouvel opus, Black Clouds And Silver Linings renoue avec les racines prog' du groupe, les attaques métalliques de Systematic Chaos sont bien présentes, pour un des albums les plus réussis de la formation depuis Scenes From A Memory.

Interview parue également dans le Metal Obs' 32 de juillet / août 2009

Entretien téléphonique avec Mike Portnoy (Batterie, backing vocals) et en face à face avec James Labrie, au Hellfest (Chant) - Par Geoffrey et Will Of Death
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Si tu regardes en arrière, comment vois-tu les albums précédents ?
James : Oh, ils ont tous eu une importance dans l’avancée de notre carrière et ont fait ce que nous sommes aujourd’hui. La chose la plus intéressante est que nous avons toujours senti que nous continuions à grandir en tant que groupe et en tant que musiciens ; collectivement, nous n’avons jamais stagné. Ce qui est bien, c’est qu’aujourd’hui, nous continuons à évoluer et tous nos albums précédents font partie d’une route que l’on s’est tracée au fur et à mesure... Si vous voulez savoir quand même quels sont mes albums préférés, je dirais Images And Words parce que ce fut notre premier disque à avoir un succès international, mais j’apprécie aussi beaucoup Scenes From A Memory et Six Degrees Of Inner Turbulence. Ce sont de super albums... Je pense que la chose la plus importante pour un groupe est de se sentir contemporain de ce qu’il propose, de ne pas avoir à te dire que tu es arrivé au bout d’un mouvement, d’être obligé de regarder derrière toi pour trouver tes meilleures productions. Alors, je pense que nous sommes bien dans notre époque, tout en réussissant à recréer à chaque fois notre propre son et ça, c’est bien.

Penses-tu qu’avec Systematic Chaos, vous avez touché un autre public ?
Oui, absolument. Nous avons évidemment gardé nos fans mais le fait de signer chez Roadrunner était très clair pour nous : le but était que nos disques soient disponibles partout dans le monde sans restriction et je pense qu’ils ont fait un très bon boulot à ce niveau. Du coup, on voit de plus en plus de jeunes fans dans notre public et à ce stade de notre carrière, c’est très plaisant ; et c’est vrai que ce phénomène s’est amplifié depuis 2 ou 3 ans, c’est vraiment cool.  

Parlons du nouvel album. Quel est le sens du titre, Black Clouds And Silver Linings ?
Quand nous parlons de titres de chansons, de paroles, nous aimons que l’auditeur se pose des questions. Les « black clouds » (nuages noirs) évoquent le fait que nous avons dans notre vie des moments où nous allons mal et dans ce cas, nous devenons très chiants, très prévisibles dans nos réactions. Les « silver linings » (les lignes argentées) consiste en une challenge, celui de vraiment savoir qui tu es, qui nous sommes, pour améliorer ton existence. Notre interprétation de ce titre est donc la vie, tout simplement.
Mike : C’est une expression qui dit que de chaque mauvaise situation, tu peux retirer quelque chose de bon et de positif. La plupart des paroles de ce nouveau disque parle de situations tristes et mauvaises, comme l’alcoolisme, la mort, les accidents de voitures. Des sujets très lourds, mais au final, avec un certain optimisme. Ce titre va très bien pour les paroles, mais aussi pour la musique, qui est très sombre, mais aussi très mélodique, très dynamique et très progressive.
 
Mais c’est une vision sombre de la vie, non ?
James : Non, pas du tout. Je pense que c’est plus la célébration de la vie justement. Certains pensent que Mike a une vue sombre de ce qu’il vient de vivre, mais en fait, c’est la célébration de la vie qu’il a eue avec son père, qui vient de décéder. Il n’a pas une vision mélancolique des choses car ce qu’il est aujourd’hui est dû à ce qu’il a connu quand il était petit avec ses parents ; c’est donc bien la célébration de la vie par rapport à l’influence que son père a pu avoir sur lui. « A Rite Of Passage » parle un peu de quelque chose de mystérieux, ce n’est pas pour autant sombre. « A Nightmare To Remember » parle quant à lui des mauvaises choses que Mike a vécues au travers de son problème d’alcoolisme ; là, c’est effectivement plus sombre...

Vous êtes quand même d’accord si on vous dit que c’est votre disque le plus sombre ?
Mike : Hum… Peut-être. Quelqu’un, un jour, a trouvé que nos albums alternaient toujours entre lumière, ombre,  lumière, ombre… Et si tu regardes nos albums, c’est plutôt vrai. Regarde Images And Words et Awake : lumière et ombre ; Falling Into Infinity et Scenes From A Memory : lumière et ombre ; Six Degrees... et Train Of Thought : lumière et ombre, Octavarium et Systematic Chaos : lumière et ombre. Et là, une fois de plus, un album sombre, donc le cercle semble cassé.

Donc le prochain sera plus lumineux…
Ou encore plus sombre (rire), qui sait ? Ou gris, entre les deux (rire).

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D’un point de vue musical, peut-on parler avec cet album d’un retour à vos racines progressives ?
James : Sûrement ! A un moment, quand j’ai écouté la première fois la musique, je me suis rendu compte de ça. Musicalement, ça m’a fait penser à des titres comme « Learning To Live » (sur Images And Words), des trucs de A Change Of Seasons et même certaines parties de Scenes From A Memory et de Six Degrees Of Inner Turbulence. On peut même remonter jusqu’à Awake, qui était plus agressif mais quand même progressif. Ce qui est bien avec notre nouvel album, c’est que nous avons réussi à trouver un équilibre pour conserver cette diversité qui caractérise nos albums tout au long de ces années, car collectivement, nous savions exactement où nous voulions en venir.

Et c’était une décision forte pour vous de vouloir revenir à ces racines prog, avant la composition ?     
Non, pas vraiment. Je veux dire par là que pour nous, ce qui compte, c’est la manière dont tu ressens les choses quand la composition commence, les sentiments que nous voulons transmettre et ce que nous voulons vivre en tant que groupe. Nous nous sommes assis ensemble pour discuter et Mike et John sentaient qu’il fallait aller dans cette direction.  Moi, ça m’allait très bien également.
Mike : J’avais l’idée depuis longtemps de faire un album plus épique. Pas seulement une ou deux chansons comme nous l’avons déjà fait, mais tout un album. Je voulais quelque chose proche de Rush, ou encore de Yes. Si tu regardes bien le catalogue de chansons du groupe, les chansons préférées des fans sont toujours les plus épiques, comme « Learning To Live », « Metropolis », « A Change Of Season »… On s’est dit que ce serait bien d’avoir un album avec uniquement ce genre de morceaux.

Parlons un peu plus des morceaux si tu le veux bien, Mike. “A Nightmare To Remember”, votre première chanson de Black Metal (rires) !
(Rires). Oui, du progressif black-metal ! C’est un morceau très heavy. J’ai pu inclure mes premiers blast-beats pour le groupe, quelques chants death-metal.

Les fans old school vont tous comprendre ce morceau ?
Probablement pas (rires).  Mais bon, nos morceaux partent souvent dans tous les sens, et ce morceau est suffisamment long pour proposer différentes atmosphères.

« A Rite Of Passage »...
C’est un premier single assez fort, qui me rappelle « Pull Me Under »…

Et « Home » surtout, pour le riff d’intro...
Oui, ça te rappelle ce morceau, sûrement à cause du son de guitare et des distorsions de clavier. C’est un morceau avec des riffs puissants et un groove indéniable. Un refrain très accrocheur.

« Withered », la ballade de l’album.
C’est le seul morceau composé uniquement par un seul membre du groupe sur l’album, et c’est John qui l’a composé.  Et ça n’arrive pas souvent, peut-être avec « Hollow Years », « Silent Man » ou « Through Her Eyes » (NDLR : les morceaux guimauve, quoi, Mike). J’adore la mélodie, et la progression au sein du morceau.

« Shattered Fortress », un des moments forts du disque…
Merci. C’est la conclusion d’une saga commencée sur 5 albums. On y entend d’ailleurs 4 extraits des précédents morceaux sur ce thème. C’est vraiment une conclusion très forte à cette saga sur les Alcooliques Anonymes.

“The Best Of Time”, très Rush dans l’esprit…
Oui, tout à fait. Il y a vraiment des passages très aériens dans ce morceau. Personnellement, c’est un morceau fort car j’y parle de mon père décédé il y a quelques mois. Un morceau vraiment spécial pour moi (NDLR : Mike en est encore très troublé en en parlant).

“The Count Of Tuscani”…
C’est une chanson épique typiquement Dream Theater. Musicalement, il y a énormément de changements d’ambiances et de passages différents. Je pense qu’elle va devenir un classique du groupe.

Avec énormément d’émotions à la fin de la chanson.
Oui, je trouve que cela termine l’album sur un moment très fort.

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Une fois de plus, l’album a été complètement composé en studio. Mais ne regrettez-vous pas parfois le bon vieux temps des répétitions et de l’écriture avant d’entrer en studio ?
Non, cette époque ne me manque pas du tout. Je détestais composer une chanson et devoir attendre 6 mois ou un an avant de pouvoir l’enregistrer. Je veux enregistrer quand j’ai l’esprit clair et focalisé sur les chansons. Je trouve stupide de composer, de mettre la chanson de côté, d’en composer une autre, de la mettre de côté pour enfin aller en studio quand tous les morceaux sont finis. Certains ont pensé que nous avions changé de style en adoptant cette manière de composer et d’enregistrer directement en studio, mais c’est faux. La façon dont nous écrivons, dont nous échangeons entre nous, est la même depuis les débuts du groupe. La différence est que ce que nous avons dans la tête est tout de suite enregistré sur bande.

Ce n’est pas qu’on veuille te brosser le poil mais James, on pense sincèrement que ta performance vocale sur cet album est peut-être la meilleure de toute ta carrière... Quel était le challenge pour toi ?
James : Wow, déjà, merci. Pour être honnête avec vous, mon approche pour faire un album est toujours sensiblement la même : la musique de mes collègues, c’est comme une sorte d’éclair qui me passe à travers le corps et qui me fait trouver les mélodies vocales. Ensuite, au niveau des paroles, il faut que je sois en totale adéquation avec ce qui est écrit pour que je puisse le chanter, que ce soit quelque chose que j’aurais pu vivre moi-même, par exemple, afin d’en saisir le message et de pouvoir être convaincant dans mon interprétation. C’est la manière dont j’appréhende chaque nouvel album. Pour le nouvel album, ce ne fut pas différent : j’ai écouté la musique, elle m’a transporté et là, j’ai su exactement quelles caractéristiques vocales je devais présenter, afin de rendre les parties profondément affectives. Et c’est ce que j’ai fait, jusqu’à en devenir une complète part du processus... Tu sais, quand je suis derrière un micro, je sais quand j’ai atteint ce que je voulais ou devais faire passer ; là, je dis : « C’est bon ! On peut garder... ».

Quant à toi Mike, tu sembles de plus en plus à l’aise derrière le micro…
Mike : Oui, complètement. Je n’ai jamais eu de réel problème à chanter non plus. Je ne serai jamais chanteur principal dans un groupe, mais je pense que c’est important d’ajouter d’autres tessitures depuis Scenes From A Memory. Ma voix contraste vraiment avec celle de James, beaucoup plus heavy et douce aussi.

James, tu as besoin de combien de temps pour ressentir pleinement un titre, afin de trouver les bonnes parties vocales ?
James : En général, ça me vient en 10 / 20 minutes, ça dépend de sa longueur. Le truc, c’est d’être derrière le micro, chanter des trucs et de trouver la bonne tonalité. On enregistre tout et je communique alors beaucoup avec Mike et John, parce qu’ils ont évidemment une oreille extraordinaire. « Oh, James, ce que tu viens de faire là est vraiment cool, garde-le, mais tu devrais peut-être appuyer un peu plus là, etc... ». Il y a beaucoup de communication mais en même temps, je ne sais pas trop comment ça se fait, mais ça me vient tout seul, comme ça...

Comment juges-tu ce nouvel album par rapport aux autres ; réalises-tu que c’est un de vos tous meilleurs ?
Tu sais, à chaque fois qu’on sort un album, pour nous, il faut qu’il soit le meilleur. Parfois, on réécoute nos albums ensemble et on a du mal à être objectifs, à cause du temps qui s’est écoulé mais à chaque fois, sincèrement, nous faisons notre possible afin d’essayer de créer des titres qui vont devenir des classiques de notre discographie. A ce stade de notre carrière, j’ai quand même effectivement l’impression que c’est un de nos tous meilleurs albums, certainement... Personnellement, je pense qu’il est en tout cas bien supérieur à Systematic Chaos, simplement parce que je pense que sur cet album, nous avions un peu trop mis de côté nos racines progressives.

Et toi, Mike, quel est ton point de vue là-dessus ?
Mike : C’est marrant, parce que d’habitude, il me faut vraiment beaucoup d’années avant de percevoir vraiment la place d’un album dans l’histoire du groupe. C’est le cas pour notre nouvel album Black Clouds and Siver Linings. Mais pour Systematic Chaos, j’en suis toujours fier, je pense que nous pouvons encore expérimenter beaucoup de choses avec les morceaux qui sont dessus, je pense que c’était un très bon album pour sceller notre relation avec Roadrunner. Il y a des morceaux forts dessus, comme « In The Presence Of Enemies », qui est déjà un classique du groupe ; « Constant Motion » a été un très bon single aussi. Je suis très fier de nos albums de toute façon, à différents niveaux bien sûr. Mais le nouveau risque quand même de me marquer plus que d’autres. Nous avons un peu continué là où nous nous étions arrêtés avec Systematic Chaos, sur le même chemin, en incorporant plus d’anciens éléments de notre musique.

Quel est votre secret ?
James : C’est juste que nous n’avons jamais été dans la situation où nous étions obligés de faire quelque chose en particulier après un album, une sorte de passage obligé. Nous sommes aussi très chanceux de pouvoir nous asseoir ensemble dans une pièce et d’avoir une compréhension quasiment télépathique de la manière dont nos chansons doivent sonner, de ce que nous avons besoin de faire et du coup, nous n’avons aucun problème à nous concentrer pour atteindre notre but. Mais je pense que la chose la plus importante dans tout ça, c’est que nous aimons ce que nous faisons : nous ne sommes pas dans le trip « tu fais un album et une tournée car tu as besoin de fric... »...

Vous n’en avez jamais marre ?
Non, jamais. Nous sommes parfois fatigués d’être sur la route car notre vie de famille nous manque mais à chaque fois que ça arrive, il ne faut pas oublier que nous avons une chance terrible de faire notre métier dans de tellement bonnes conditions, c’est vraiment précieux. Nous sommes en quelque sorte bénis de pouvoir faire ça, et que ça continue plus de 25 ans après que nous ayons commencé ! Comment pourrions-nous en avoir marre ? Aussi longtemps que nous parviendrons à maintenir cet état d’esprit, le ciel sera lumineux pour nous. Si un jour, nous n’avons plus cette flamme, alors nous arrêterons. Si ce groupe devient un jour une pression, il stoppera. 

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Et tu arrives à t’imaginer sans tourner, sans jouer de musique ?
Oui, j’y arrive un peu, mais pour deux ou trois ans, pas plus, car après ça, je sais que ça me démangera à nouveau. J’ai besoin de faire ça, de faire partie de cet environnement parce que c’est dans mon sang ! Tu ne peux pas faire ça aussi longtemps et que ça disparaisse de toi en un claquement de doigts. Je sais que ça sera très dur le jour où j’arrêterai et qu’on me dira : « Merci pour ce que tu faisais il y a plus de 10 ans, pour tes albums ». Je redoute ce moment, en fait, donc, je ne suis pas prêt de m’arrêter. Pas question d’être un has-been...

Que fais-tu quand tu peux rentrer chez toi ?
Je lis beaucoup, je passe du temps avec ma famille, je fais pas mal de sport, du vélo, du camping. J’essaie de visiter des coins où je ne suis pas encore allé, j’adore skier aussi, c’est un truc de famille ça, d’ailleurs... Je m’occupe donc de manière assez physique mais la lecture est aussi très importante. Tout ça m’aide à garder les pieds sur Terre, à retourner au réel, parce qu’en tournée, tu es dans la quatrième dimension, même si j’adore ça aussi, car ce que tout le monde retiendra au final, c’est ce que nous aurons réussi à créer collectivement avec Dream Theater.

Tu peux nous parler, pour finir, de votre disque bonus de reprises ? D’ailleurs, le medley de Queen est fantastique...
Hé, les gars, vous savez que vous me plaisez (rires) ? Freddy Mercury est pour moi un des plus grands chanteurs que le rock ait connus. Il était si unique au niveau de sa tonalité, de ses sentiments, il était énorme ! Mike est parfois si passionné par ce groupe, pour trouver ce que nous pourrions faire pour la suite, qu’il cherche toujours des idées. Il a dit : « on a fait plein de fois des reprises en live, du Metallica, du Iron Maiden, du Pink Floyd, Deep Purple - que sais-je encore – que ce serait peut-être cool d’enregistrer enfin des reprises de groupes qui nous ont influencés un jour ou l’autre, et en faire des versions avec notre vision... ». Voilà pourquoi on s’est retrouvés à enregistrer du Rainbow, du Queen, du Dixie Dregs, du Maiden, du King Krimson et même du Zebra (rires). Je vois déjà la gueule des gens en voyant ce nom de vieux groupe : « who the fuck is this » ? (rires), mais ce qu’il faisait était cool. On voulait rendre en quelque sorte hommage à ces groupes qui nous ont influencés tout au long de notre carrière et en plus, on s’est bien marrés à le faire. C’est cool car ça montre aussi aux fans une autre facette de notre groupe, d’autres manières de jouer... et que nous ne vivons pas dans une tour d’ivoire ! Tout ça, c’est Dream Theater !

Tiens, d’ailleurs, quels disques se sont retrouvés dans l’ « inspiration corner » cette fois-ci (Ndlr : Dream Theater s’enferme d’habitude en studio avec quelques albums, souvent de groupes actuels) ?
Mike : Aucun, et c’était une décision voulue. J’ai expliqué aux autres membres qu’il serait bien de ne rien ramener cette fois-ci en studio. Je suis un grand fan de différents styles de musique, et les autres membres en écoutent aussi beaucoup en rentrant à l’hôtel après les sessions studios. L’idée était de ne pas amener des albums ou des groupes bien précis pour ne pas donner trop de lignes directrices en termes d’influences.


DREAM THEATER – Black Clouds & Silver Linings
Roadrunner / Warner


Site : www.dreamtheater.net

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