GLORIOR BELLI


Glorior Belli, c'est un peu notre révélation Black Metal de ces dernières années. Alors que la majorité des groupes du genre n'ont fait que s'auto-parodier depuis des années, certains, comme Glorior Belli (ou Wolves In The Throne Room) ont décidé de réagir. Infestvvs, leader de la formation française revient avec nous sur le parcours récent de Glorior Belli. Le nouvel album, le passé, ses influences et les galères, tous les sujet sont abordés, avec sincérité et franc-parler. 


Interview exclusive NOISEWEB

Interview d'Infestvvs (vocaux) - Par Yath
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Salut ! Votre précédent album, Manifesting The Raging Beast, est sorti il y a 2 ans maintenant, qu’avez-vous fait depuis ? Avez-vous tourné pour le soutenir ?
In the name of the Adversary, amen!
Nous n’avons malheureusement pas eu l’opportunité de véritablement promouvoir notre second album en tournant, mis à part quelques dates isolées en Allemagne, Angleterre et au Portugal. Cela est en partie dû à mes problèmes de santé qui à l’époque nous ont conduits à annuler une tournée avec Impiety en Europe, mais aussi pour des questions de logistique et d’organisation. J’ai vraiment galéré pour trouver un line-up fixe et ce n’est que depuis peu que nous sommes enfin prêts pour jouer en live.

Avec le recul, comment tu le vois cet album ?
Un peu moins bon qu’à l’époque, forcément ! On a toujours envie de revenir sur ce qui a été fait, corriger certains riffs, revoir les structures, les tempos et arrangements… Mais il faut tenir compte que « Manifesting… » est un album rageur et spontané qui puise sa force justement dans ce qu’avec le temps et l’évolution personnelle je considère être des petits défauts, mais ils font partie intégrante du charme de cet enregistrement. La leçon à en tirer, c’est d’essayer de toujours faire mieux la fois d’après, pousser les expérimentations un peu plus loin.

Pourquoi avez-vous quitté Southern Lord pour Candlelight ? Je trouve que l’état d’esprit de Southern Lord correspond parfaitement à votre son…
C’est une histoire assez compliquée. Nous n’avons pas quitté la famille Southern Lord de bon cœur, mais il s’avère que c’était une opération nécessaire afin de continuer d’avancer. La vérité, c’est que les chiffres n’étaient pas « bons ». Je place bons entre guillemets ici car il faut tout de même relativiser ; à l’époque, nous avions vendu 3500 copies (ce qui, personnellement, pour un 2ème album me paraît plutôt classe). Je sais que Greg adore ce que nous faisons, mais c’est aussi un businessman. Nous n’aurions tout simplement pas eu de budget pour la suite et même si cela n’aurait probablement pas conduit Glorior Belli à une fin, je doute que le nouvel album « Meet Us At The Southern Sign » aurait vu le jour dans les mêmes conditions. C’est dommage mais c’est comme ça. Candlelight, c’est un peu la même histoire, pas de mauvais bougres, mais on en revient toujours à une question d’argent, quelque soit le groupe à des échelles différentes.

GLORIOR BELLI

Quel est ton état d’esprit maintenant que MEET US… est prêt et qu’il va sortir ?
Assez mitigé… Je suis sérieusement blasé même si j’adore le nouvel album et je sais que beaucoup de gens sont dans le même cas. Encore une fois, la promo n’est pas très présente, les relais presse pas vraiment assurés et les propositions de concerts sont soit foireuses soit inexistantes. On a essuyé pas mal de tempêtes dernièrement et on sort tout juste d’une sale période donc j’attends de voir comment vont évoluer les choses maintenant que Glorior Belli a repris du poil de la bête. Je n’ai pas envie de passer à côté encore une fois, il faut qu’on défende ce nouvel album à tout prix.

Il va paraître différent à beaucoup de personnes qui connaissent Glorior Belli…
Tu m’étonnes. C’est un peu un deal à la on aime / on n’aime pas, mais on respecte. En tout cas, les réactions qui me sont parvenues vont clairement dans ce sens pour le moment. La surprise a bon goût pour une grande majorité de nos fans. Même si ceux de la première heure vont certainement soutenir que le meilleur, c’est toujours le premier album, mais je ne me fais pas de soucis : il y a largement assez de groupes plus « classiques » qui pourront leur fournir ce qu’ils cherchent.

Je trouve qu’il combine un côté réellement old-school mélangé à une approche très originale, une couleur presque « southern » !
C’est un album assez riche en sonorités Blues/Southern sans pour autant que celles-ci soient trop présentes. Juste quelques touches aux endroits qui font le plus mal.

Souvent les groupes qui surprennent un peu, n’avouent pas que ça leur fait plaisir de choquer, ou de bousculer un peu leurs fans. Aimes-tu provoquer ce genre de réactions ? Surtout dans le milieu black où une certaine frange du public reste très conservatrice…
Prendre tout le monde à contre-pied, c’est assez jouissif mais ce qu’on fait, on le fait pour nous avant tout. Si ça peut choquer et bousculer, alors je prends ça comme un petit bonus mais encore une fois, le but premier, c’est de se faire plaisir musicalement. Les fans dont l’ouverture d’esprit n’est pas suffisante pour suivre l’évolution de Glorior Belli trouveront leur compte ailleurs assurément.

Comment qualifierais-tu MEET US… ? Juste en 2-3 mots ?
Honnête, réfléchi et incisif.

J’ai presque envie de parler de bluesy black-metal !
C’est un très bon adjectif oui ; quand on y réfléchit bien, c’est dans le blues que la plupart des musiques actuelles trouvent leurs origines.

Je dois également te féliciter pour le chant ! Enfin, les chants… ils sont tous excellents et parfaitement adaptés ! Tu te charges de toutes les voix sur l’album ?
Oui, c’est moi qui m’occupe de tous les « chants » sur l’album. En live, je délègue les backings à Alastor.

GLORIOR BELLI

C’est où le Southern Sign ? C’est un lieu précis ? Un clin d’œil à votre ancien label ? héhé
J’avais prévu cette réaction, on peut effectivement y voir un éventuel clin d’œil à notre ancien label mais c’est loin d’être le point le plus important ici, aussi je ne m’attarderai pas dessus. Le « Southern Sign », dans le contexte, c’est le panneau sur lequel on peut lire 3 mots clés qui caractérisent notre philosophie Luciférienne : Darkness, Rebellion, Knowledge. Au sens figuré, c’est la représentation du carrefour du rendez-vous pour le pacte avec le diable. En effet, le nouvel album, c’est aussi un deal que nous proposons aux fans. Serez-vous assez courageux, curieux, déstabilisés par cet album ?

Parlons un peu de sujets moins « joyeux »… J’ai pu lire sur votre Myspace que vous veniez d’annuler une belle tournée au States, que s’est-il passé ?
Pour faire court, les gens de Candlelight USA qui organisent la tournée n’ont pas pu nous obtenir les visas nécessaires, le dossier étant assez délicat et pas facile à monter comme tu t’en doutes. Malgré les efforts de chacun, c’était impossible. Grosse déception donc mais vu la tournure que prennent les choses et l’affiche (2 groupes complètements nazes en première partie), ce n’est pas non plus la fin du monde.

Vous avez aussi des problèmes chroniques de line-up… As-tu l’impression, comme certains fans, que le groupe est maudit ?
Des fois, oui (rires) ! Les membres se succèdent et ne se ressemblent pas…  Je ne considère pas être TROP exigeant, mais il faut tout de même une certaine rigueur pour avancer dans de bonnes conditions, ça c’est certain. Si d’autres groupes fonctionnent sur la base d’un modèle démocratique, ce n’est pas et n’a jamais été le cas de Glorior Belli. Je n’ai appris à déléguer et faire confiance que récemment et cela UNIQUEMENT avec des personnes qui me sont proches. Tu sais, il n’y a pas de secret, la clé d’un groupe qui réussit, c’est le travail. Les gens ne se rendent pas compte des efforts que ça demande. Faire une critique ça, oui, c’est bien l’esprit Français mais quand il s’agit de s’investir et faire des sacrifices, bizarrement, les candidats s’envolent. Quand on a commencé, tout le monde criait au scandale mais aujourd’hui, je n’ai plus rien à prouver. Glorior Belli est incontestablement un des représentants les plus actifs de la scène Black Metal Française, c’est simple et ça se passe de commentaires. On ne doit cela qu’à nos efforts, une énorme dose de travail et de motivation. C’est dans les moments creux que l’on se remet le plus souvent en question et c’est toujours dans ces périodes de « transition » que le line-up a évolué... Je te laisse réfléchir là-dessus. Tous les membres de Glorior Belli qui se sont fait virer ou bien qui ont pris congé, devraient également se remettre en question au lieu de rejeter la faute sur mes qualités de dictateur. On est tous amené à faire des choix et des sacrifices un jour ou l’autre et il est vrai que j’ai parfois dû prendre les devants et certaines décisions à la place des gens mais toujours dans l’unique intérêt du groupe. Quoiqu’il en soit, nous avons aujourd’hui Gaël Barthelemy (Balrog, Antaeus, Diabolic…) derrière les fûts et j’ai vraiment hâte de pouvoir monter sur scène avec ce nouveau line-up et prouver que les gens n’ont encore jamais vu le vrai visage du groupe en live.

Parfois, tu dois avoir envie de jeter l’éponge, qu’est-ce qui t’accroche encore à la musique et à Glorior Belli en particulier ?
Les pires moments sont aussi les meilleurs pour se remettre en question et évoluer. Quand je touche le fond du trou, la première chose que je fais, c’est de jouer de la guitare, donc je ne vois pas bien comment je pourrai arrêter dans ces conditions !

Quel est votre emploi du temps dans un futur proche ?
Rien de précis pour le moment, avec Glorior Belli, on attend de voir un peu les propositions de concerts. Personnellement, je suis occupé avec un nouveau projet que je viens de lancer, « 11 As In Adversaries ».


GLORIOR BELLI - Meet Us At The Southern Sign
Candlelight Records / Season Of Mist



Site : http://gloriorbelli.luxferous.com

Myspace : www.myspace.com/gloriorbelli