LOUDBLAST

Reparler de Loudblat avec Stéph et Hervé, mes potes depuis plus de 20 ans, voilà une chose que nous n’espérions plus trop, pour être honnête, vue la tournure des évènements depuis 3 / 4 ans. Tout comme voir sortir ce terrible DVD live enregistré en 2005 à Calais (avec tous ses bonus), qui était  presque devenu une arlésienne... Mais voilà, les mecs font ce qu’ils veulent quand ils en ont envie et il semble que la motivation soit enfin de retour. On a choppé les gars au Hellfest pour une interview vérité et on n’a pas été déçus ! Non, Loudblast n’est pas mort ; lisez la suite et vous comprendrez mieux...    

Interview parue également dans le Metal Obs' 32 de juillet / août 2009

Entretien avec Stéphane Buriez (chant, guitares) et Hervé Coquerel (batterie) – Par Will Of Death (texte et photos)
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Bon, déjà, les mecs, contents de vous voir ensemble parce qu’y en a pas mal qui pensaient que vous ne vous parliez plus !
Hervé : Ouais, ben, tu vois, comme quoi on peut faire taire les rumeurs très rapidement, comme on a l’habitude de le faire ! 

La question que tout le monde se pose : pourquoi la sortie du DVD maintenant, et surtout, pourquoi si tardivement après le concert, qui a eu lieu en nov. 2005 ?
Stéph : Très honnêtement, quand on a enregistré ce DVD, on ne pensait pas le sortir en 2009, c’est évident. Nos occupations respectives ont fait que ça a pris plus de temps mais avec le recul, même si l’attente était trop longue pour certains, elle en valait le coup car le contenu est plus riche que ce qu’on avait imaginé à l’époque. Si on l’avait sorti en 2006, il n’y aurait eu que le live de Calais avec quelques bonus tandis que là, on a rajouté le live de Tourcoing de 1999, qui n’était sorti qu’en cassette vidéo, plus le CD audio qui regroupe les deux live, plus 1 heure et demi de bonus à peu près. Je pense que les gens apprécieront. Après, c’est vrai que le temps passe très vite : Hervé a beaucoup de travail, moi aussi en tant que producteur. Un an, c’est vite passé…

Ouais, mais le temps, parfois, il faut savoir le prendre aussi, se donner des priorités…
Certes. Les images sont prêtes depuis un bon bout de temps mais des problèmes techniques ont retardé la machine. Et puis, à un moment donné, on s’est dit qu’il fallait sortir un DVD qui ne regrouperait pas qu’un concert, ce qui a amené une masse de travail supplémentaire. Dis-toi bien qu’on a eu des centaines d’heures d’archives vidéo à regarder et ce qui apparaît sur le DVD n’est peut-être qu’un dixième de ce qui nous plaisait ! J’ai en plus réussi à récupérer toutes les archives vidéo des concerts qu’on a faits entre 1993 et 1997, donc 4 ans en plus à visionner, car je ne les avais pas ! Alors, c’est vrai qu’il faut se donner le temps, que time is money, mais le but avec Loudblast a toujours été de sortir des produits de qualité, quand on avait envie de les faire. On n’est pas un groupe de merde qui fait du live comme ça, juste pour se faire de la thune. Le CD/DVD là, par exemple, sort au prix d’un CD. Le but est aussi de montrer peut-être aux jeunes ce que l’on est : on ne monte pas sur scène tout croulants, on n‘est pas encore morts, même si ça fait plus de 20 ans qu’on est là ! Et puis après tout, on fait les choses quand on en a envie, on est maîtres de notre musique et de nos vies et on n’a plus d’impératif de sortie. Le gros de notre carrière est quand même derrière nous…

Y aura quand même des dates derrière ou pas ?
Alors, là, on propose ça, y aura certainement des dates derrière, sûrement d’ailleurs. Depuis l’annonce de la sortie du DVD, on nous a proposé beaucoup de concerts, voire des super concerts et des gros festivals, donc il est fort probable qu’il y ait des dates, on y réfléchit. On va aussi rééditer tous nos albums à la rentrée et une box va sortir en fin d’année avec tous nos albums en version mixte / DVD, encore un autre DVD avec plein d’inédits, différent évidemment de celui-là. On a du pain sur la planche. Alors, c’est vrai que nous avons été en stand-by pendant 3 ans, mais on fait ce qu’on veut de nos vies…
Hervé : Oui, on ne s’est pas perdus de vue pour autant. On s’appelle régulièrement…
Stéph : Un groupe, c’est ça aussi ! C’est comme une vieille histoire de couple.
Hervé : Y a des hauts et des bas… Y a eu des déménagements aussi, des ruptures.
Stéph : Exactement. A un moment donné, on s’est dit : « OK, moi, je fais autre chose ». Moi, je fais beaucoup de prod sur Paris et relancer un groupe comme Loudblast prend énormément de temps et d’énergie. Et pour le faire, il faut avoir envie, sinon, ce n’est pas la peine ! Avant qu’on ne fasse tout ça, l’envie était là mais pas encore assez forte. Il fallait juste qu’on se donne un gros coup de pied au cul…

LOUDBLAST

Qu’est-ce qui vous a remotivés, alors ?
Rien d’autre que notre envie ! On s’est dit que c’était maintenant qu’il fallait le faire pour les mecs qui aiment notre musique sinon, on serait passé pour des merdes, pour des mecs qui n’ont pas de foi en ce qu’ils font ou ont fait ! Même si on est longs à la détente, on se doit de respecter ces gens. Et puis, quand même, ce n’est pas la première fois qu’on prend notre temps entre deux sorties : entre Sublime Dementia et Fragments, y a eu 3 ans aussi, par exemple. Qu’est-ce que c’est 3 ans en plus de 20 ans de carrière ?
Hervé : Quand Loudblast était en pleine activité, entre Time Keeper et Fragments, il s’est passé aussi quasiment 3 ans. On a toujours eu un fonctionnement qui nous est propre ; on fait ce qu’on veut mais dans le respect des autres. N’en déplaise à certains…

Je me souviens de notre dernière interview, en studio, pour     Planet Pandemonium, où tu m’avais dit que si les ventes étaient inférieures à Fragments, il n’y aurait plus de Loudblast… C’est ça, en fait ?
Stéph : J’ai dit ça, moi ? Ça m’étonnerait…

Je t’assure, d’façon, c’est en ligne sur Noiseweb depuis 4 ans, alors (rires)…
Tu sais, entre les ventes en France et l’export, Planet s’est très bien vendu… Fragments, on a dû en vendre 40.000 alors pour faire mieux aujourd’hui, tu peux te lever de bonne heure !
Hervé : Bon, des fois, en interview, on peut dire des choses… Non, mais ce n’est pas ça du tout. Planet, on voulait vraiment le faire, on a fait de belles tournées pendant quasiment 1 an et demi après. En 2004, on n’a jamais dit qu’on revenait pour faire 10 albums. On a fait Planet maintenant, c’est le DVD, voilà… Y a pas de plan de carrière dans Loudblast.
Stéph : Après, c’est vrai qu’humainement, y a des trucs qui se passent et on se retrouve à deux, là, à vouloir faire les choses bien… Alex ne sera plus là sur le prochain album, c’est sûr. C’est son choix et on le respecte.

Il a vous a peut-être un peu trop attendus, non ?
Oui, ben, on l’a peut-être fait trop attendre aussi (rires). Chacun sa vie, chacun son œuvre. Loudblast, ça ne tourne qu’autour de quelques personnes et les autres personnes n’ont pas la main-mise sur le groupe. Voilà, clairement (rires).

LOUDBLAST

Et comment vous voyez ce fameux concert de Calais, avec le recul ?
Hervé : Assez bizarrement en fait. C’était un super concert mais on l’a tellement préparé, avec la résidence qu’on avait faite avant, que nous, on a peu de souvenirs de ce qui s’est passé sur scène. Ça ne se voit pas sur le DVD parce qu’on est pros mais j’ai des concerts qui m’hérissent encore le poil quand je les visionne ; celui-là, moins. Je n’ai pas eu assez de recul pendant ce concert pour me souvenir de tout, ce qui ne veut pas dire que le concert n’était pas bien.
Stéph : Après le concert, on s’est demandé si on avait assuré ou pas, parce qu’on avait quand même la pression avec toutes ces caméras. C’est con, hein, mais n’a pas fait 3 concerts pour filmer. Tout était en one-shot, on n’avait pas le droit à l’erreur. D’un autre côté, c’est brut, y a des pains qu’on a laissés parce que sur scène, on bouge. C’est authentique...
Hervé : Quand tu as été sur scène et que tu revois ces images, tu redécouvres des choses de manière assez agréable.

Bon, vous parliez d’envie mais vous savez bien que la question que tout le monde se pose est de savoir si vous prévoyez un nouvel album ?
Stéph : Evidemment que tout le monde se pose cette question !
Hervé : On n’en a pas encore discuté !

Ben là, vous allez être obligés après le Hellfest, puisque tout le monde va vous poser cette question (rires) !  
(rires généraux) Stéph : On en est conscients, on n’est pas idiots !
Hervé : Moi, perso, ça commence à bien me titiller car on n’a pas tout dit avec ce groupe ! On n’aura jamais tout dit, d’ailleurs. Un album, je ne sais pas encore... Mais dès qu’on va rejouer ensemble, il va certainement se passer un truc. Attention, on n’est pas des mystiques, ce n’est pas ça (rires) ; on va voir si on aura assez faim pour refaire un album. Pour la scène, je pense que oui en tout cas.
Stéph : Allez, on va être honnête. Ce qui est prévu, ce sont les sorties et les rééditions et y aura des dates derrière, c’est évident ! On a déjà des propositions d’enfer alors que les gens n’ont encore rien vu ni rien entendu... On va donc bien choisir les endroits où on va jouer car on n’est plus dans le trip de faire une tournée de 50 dates pour défendre à tout prix notre carrière. On va défendre nos sorties mais il faut que ce soit du plaisir avant tout.

C’est bien tout ça, mais François fait-il toujours partie de Loudblast aussi ?
Hervé : C’est une question particulière et je n’ai pas trop envie d’y répondre. Je suis là avec Stéph aujourd’hui et on défend très bien Loudblast tous les deux... Je n’en dirai pas plus aujourd’hui.

Les gars, on est potes depuis plus de 20 ans mais je suis quand même bien obligé de vous poser des questions de bâtard de journaliste (rires) !
Ah ah ah !!
Stéph : Aujourd’hui, Loudblast, c’est Hervé Coquerel, Stéphane Buriez et... François Jamin. Est-ce que ce sera la même chose demain ? On verra bien...

LOUDBLAST

Stéph, où prends-tu le plus de plaisir aujourd’hui ? En jouant de la musique ou en l’enregistrant ?
Jouer de la musique, c’est un truc qui ne te quitte jamais. A un moment de ma vie, je me suis concentré sur la prod et je n’ai vraiment plus eu le temps de faire de la musique, j’avoue... Rejouer me manque aujourd’hui, c’est quand même 30 ans de ma vie. Ceci dit, ce n’est pas parce que je vais rejouer que mes prod seront moins bonnes, tu vois ? Les deux sont indissociables et maintenant, je ne peux envisager l’avenir ni sans l’un ni sans l’autre. (Ndlr : à ce moment-là, le responsable promo de Loudblast (qui n’est autre que notre éditeur du Metal Obs’) se repointe et me dit : « bon, Will, gros gay, tu vas te magner de terminer ?) (rires généraux)...

Bon, ok, dernière question alors, puisque ce gros pédé de Charles râle (rires). Qu’est-ce que vous pouvez dire aux gens, là, pour leur donner définitivement envie d’acheter le DVD ?
En plus de deux heures trente, tu vas vivre un peu l’histoire live du groupe, de 1989 à fin 2005. Tu vas entrer avec nous en studio avec Scott Burns ou Colin Richardson, ou dans nos chambres d’hôtel, nous voir bouffer de la merde parce qu’on n’avait plus une thune parce qu’on préférait la mettre plutôt dans les enregistrements, avec des images que nous avons filmées nous-mêmes, des trucs complètement inédits. La vidéo de 1990, on ne l’a jamais sortie parce qu’on n’avait plus assez d’images pour la monter ; et là, on a enfin pu la terminer ! Ce DVD est super pour les fans, je crois et on en est très fiers...

Merci à vous les gars ! Vous le savez parce que vous me connaissez bien, ça a vraiment été un plaisir de reparler enfin de Loudblast avec vous !   
Merci à toi pour le support depuis tant d’années... Allez, santé !


LOUDBLAST – Live, Loud And Heavy CD + DVD
XIII Bis Records



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