GOTTHARD

Need To Believe... Un titre aux connotations fortes, dont nous ne garderons que notre propre interprétation ; oui, nous avons besoin de croire en des groupes comme Gotthard, qui nous rappellent combien le Hard Rock teinté 70’s est plus que jamais d’actualité... 

Interview parue également dans le Metal Obs' 33 de sept. 2009

Entretien avec Marc Lynn (basse) – Par Geoffrey & Breizhjoker
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Avant de parler du nouvel album, comment considères-tu le précédent, Domino Effect, avec le recul ?
C’est difficile à dire. Pour moi c’était un bon album mais pas parmi nos meilleurs. Ce n’est que mon avis mais tout a été fait dans la précipitation et l’urgence. Nous avions de bonnes chansons mais je ne suis pas si satisfait que ça de l’album. Des gens l’aiment et encore une fois, ce n’est que mon opinion, mais j’aurais changé certains arrangements et le son.

Et bien sûr, le nouveau est meilleur, le dernier album est toujours le meilleur (rires) !
Je suis honnête. Domino ne m’a pas emballé et comme nous sommes une équipe, mon opinion n’est pas la seule qui compte. Je dois vivre avec et j’y arrive très bien. Il y a de bonnes chansons rock dessus mais il y manque un côté intimiste.

Donc, comme je le disais, le dernier est nettement meilleur... Pour moi, c’est même un de vos meilleurs disques...
(Rires) Pour moi, le nouvel album est très intéressant, spécialement au niveau des arrangements qui donnent une tonalité particulière aux chansons. Et puis ces arrangements font qu’il y a plusieurs évènements dans la même chanson.

Grâce à Richard Chycki, le producteur ?
Oui. Il a apporté pas mal de bonnes idées, c’est un gars formidable sur ce plan. Nous sommes arrivés avec nos compositions mais pas tous les arrangements. Chaque jour, il nous demandait : « Bon alors, qu’est-ce qu’on enregistre demain ? ». On écoutait la chanson et on refaisait les arrangements. Par exemple, il y a « Unconditional Faith » qui, au début, était une chanson très rock. Il a demandé s’il n’était pas possible de faire ceci ou cela, il nous mettait la pression pour rendre les chansons meilleures. C’est aussi un musicien, un guitariste et un compositeur qui a de très bonnes idées.

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N’était-ce pas trop difficile de travailler avec quelqu’un qui vous disait quoi faire avec vos chansons ?
Il ne nous disait pas quoi faire mais il suggérait que telle direction pouvait être bonne. Il nous faisait des propositions mais nous pouvions décider de faire autrement. Il ne nous a jamais rien imposé. On tranchait vite et c’est un gars qui bosse très vite.

Concernant le processus de composition et d’écriture, avez-vous procédé comme d’habitude ?
Oui, nous avons fait comme d’habitude. Par contre, nous avons changé de management et leur seul souci était que l‘on ait fini dans les temps. Et lorsqu’on prépare et enregistre un album, on a besoin de temps et de calme, d’être relax et pas trop stressé. Pour Domino Effect, tout a été fait dans l’urgence. Quand on écrit une chanson, on a besoin de temps pour l’améliorer. Là, c’était parfait. On avait une vingtaine de chansons et nous avons eu le temps de faire notre choix.

Concernant le titre « I Need To Believe », en quoi avez-vous besoin de croire ?
Nous avons besoin de croire en notre groupe, à tout ce que nous pouvons nous apporter les uns les autres. Et puis nous avons trouvé que c’était le meilleur titre d’album parmi tous ceux proposés. Notre management nous a dit que ça faisait 20 ans que le groupe existait, donc que nous croyons en ce groupe et que ce titre convenait parfaitement. Et c’est vrai que nous croyons en ce groupe, même si nous ne vendons pas énormément d’albums. Nous croyons aux chansons que nous pouvons offrir aux fans.

Rien à voir avec la religion ?
(Rires) Non, rien à voir, nous ne sommes pas très forts là-dessus. Je ne crois pas aux religions.

De quoi traitent les textes ?
Elles traîtent d’amour, des belles choses. La première chanson, "Shangri-la", est sur le niveau de perfection auquel les hommes aspirent, un peu comme le Nirvana.

Quel est ton "Shangri-la" ?
Pour moi, c’est la liberté d’être ce que je suis vraiment, et d’avoir confiance dans ce que j’entreprends. Je travaille en permanence sur moi-même pour devenir meilleur.

GOTTHARD

C’est votre troisième album pour Nuclear Blast. Comment sont vos rapports avec ce label ? Votre signature sur Nuclear Blast nous avait assez surpris...
Nous avons passé 15 ans chez BMG, et lors de leur fusion avec Sony, les gens bien n’ont pas été conservés parce qu’ils étaient trop vieux ou bien avaient un autre travail. On ne voulait pas rester sur un label sans savoir qui travaillait pour nous. Actuellement, les labels investissent peu car ils n’ont pas beaucoup d’argent. Pour nous, la question était surtout de savoir lequel pouvait nous offrir la meilleure distribution. Du coup, nous avons été distribués dans plus de pays qu’avant et avons vendu plus d’albums. Nuclear Blast a fait du très bon travail et leur nom signifie aussi quelque chose. C’est un label qui vous pousse et vous emmène plus loin.

Parlons de la France. Vous savez que vous y êtes très populaires, il y a un lien très fort avec Gotthard...
(Ndlr : Dubitatif) Oui, je le sais car nous y avons pas mal tourné mais assez peu ces derniers temps, malheureusement.

Quelle est votre situation aux USA ?
Je sais que l’album sort là-bas. Nous y bénéficions de très bonnes chroniques et des gens nous écrivent mais nous n’avons pas le soutien de l’industrie du disque car il y a déjà beaucoup de groupes là-bas. Pour démarrer aux USA, il faut beaucoup de temps et d’argent. C’est surtout le temps que nous n’avons pas. Nous perdrions nos amis ici. Pour réussir là-bas, il faut se concentrer uniquement sur les USA et jouer partout. Ça a été un rêve mais plus maintenant. Il est vrai que c’est spécial de tourner là-bas. En France, nous avons une bonne fan-base mais nous devons faire mieux, alors pourquoi aller aux USA alors que nous n’avons pas encore réussi en France ? C’est pourquoi nous allons y tourner avec Deep Purple.

Quand tu as commencé avec Gotthard, pensais-tu avoir autant de succès ?
(Rires) Nous n’avons pas tant de succès que ça. C’est surtout que nous sommes vraiment amis, presque une famille et nous avons surtout réussi à nous apprécier les uns les autres avec nos différences. Nous sommes très critiques vis-à-vis de nous-mêmes. C’est très important, au-delà du succès.


GOTTHARD – Need To Believe
Nuclear Blast / Pias


Site : www.gotthard.com

Myspace : www.myspace.com/gotthard