GUILT MACHINE


Touche à tout...

Ayreon, Star One, Stream Of Passion, et aujourd’hui Guilt Machine, on peut dire qu’Arjen Lucassen est un hyperactif, toujours à la recherche d’expérimentations, de nouveaux sons, de nouvelles expériences. Cette fois-ci, il nous emmène sur un terrain prog-rock aérien, calme, parfois pop, mais avec toujours cette marque de qualité immédiatement identifiable.

Interview parue également dans le Metal Obs' 34 d'octobre 2009

Entretien avec Arjen Lucassen (guitares) – Par Geoffrey & Will Of Death
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La dernière fois que nous étions parlés, c’était pour l’album d’Ayreon. Que s’est-il passé pour toi depuis ce temps ?
Déjà, j’ai fait une dépression, qui était déjà en cours lors de la composition de cet album mais ça va mieux maintenant. Lori Linstruth est revenue en Hollande m’aider pour la tournée et l’album a vraiment bien marché, étant distribué dans pas moins de 14 pays, ce qui ne m’était jamais arrivé. On a ensuite sorti Time Line, un best of d’Ayreon de 3 CD’s accompagné d’un DVD. Pendant tout ce temps, j’ai continué à écrire pour un album qui, comme d’hab, s’est avéré être une réaction à l’album précédent : 01011001 a été un gros album, où sont apparus 17 chanteurs, plein d’invités et du coup, voilà pourquoi Guilt Machine ne compte qu’un seul chanteur. Les chansons qu’on retrouve sur Guilt Machine ont commencé à être écrites il y a 4 ans à peu près...

Stream Of Passion, Ayreon, Star One, tes albums solo, etc... C’est si dur que ça de n’avoir qu’un seul projet pour toi ?
Euh, oui (rires) ! Le truc, c’est qu’Ayreon est un projet amusant, sans limites et j’en fais donc ce que je veux. Tous les styles peuvent y être représentés et à chaque fois, les albums sont très attendus et il y a une certaine pression. Là, pour Guilt Machine, on s’est fixé des limites afin de coller à un certain style, qui aurait pu peut-être décevoir les gens si j’avais sorti ces titres sous le nom d’Ayreon. J’aime relever de nouveaux challenges, comme celui à chaque fois que je lance un projet de devoir réinventer mon son et de trouver une nouvelle coloration à ma musique.

Comment décrierais-tu la musique de Guilt Machine ?
Je dirais que la musique est plus consistante que sur un album d’Ayreon, ce qui n’est pas forcément une bonne ou une mauvaise chose selon les goûts de chacun. Mais cet album aborde plus ou moins le même style calme, reposant, et je pense que Guilt Machine est mon side-project le mieux réussi, dans le sens où c’est la première fois de toute ma carrière que j’arrive à obtenir le résultat que j’avais en tête au départ. Quand j’étais en studio, tout un tas d’idées sont venues se greffer naturellement à celles que j’avais écrites, ce qui explique pourquoi certains titres sont si longs. J’étais juste très inspiré...

GUILT MACHINE

Peut-on voir ces titres comme une sorte de thérapie après ta dépression ?
Oui, je pense. Quand tu es dedans, tu ne veux pas, tu ne peux pas en parler. Par contre, quand tu en sors, tu n’as qu’une envie, c’est exorciser tes démons et tu en parles. Pour ça, Guilt Machine a été un parfait projet pour le faire, puisque qu’on y aborde énormément les émotions humaines.

Pourquoi n’y a-t-il que Jasper Steverlinck au chant, et pas d’invités prestigieux ?
Tout simplement parce que je ne voulais pas que les gens aient des a priori par rapport à ce projet. Si j’avais pris Fish ou Russel Allen, les gens auraient attendu un certain type de chansons. Je voulais que les gens entrent dans cet album avec un esprit ouvert. Il n’était pas question de faire un nouvel album d’Ayreon. Jasper vient d’un groupe de rock belge, Arid, et ne fait pas partie de la sphère prog metal. Je lui ai filé mes anciens CD’s pour qu’il me connaisse mieux mais je voulais qu’il garde sa manière de chanter, qui est parfaite pour Guilt Machine. C’est un mec qui est très ouvert d’esprit et je pense même l’avoir un peu converti au prog metal avec mes disques (rires) ! Il est fan de groupes comme Radiohead, Muse ou encore Jeff Buckley et on sent ces influences pop sur l’album. Peu importe ce qu’on joue, du prog, du rock, du metal... la bonne musique reste toujours de la bonne musique ! J’espère donc que les gens qui écouteront cet album auront le même état d’esprit. On n’est plus dans les années 80 où la guerre faisait rage entre ceux qui utilisaient des claviers et qui passaient pour des faux métalleux, et ceux qui n’en utilisaient pas...

Tu as travaillé de nouveau avec Chris Maitland. Pourquoi lui ?
J’ai toujours été un grand fan de Porcupine Tree et à chaque fois que j’ai vu Chris en live, je l’ai toujours trouvé bon. Je savais que son jeu atmosphérique et dynamique allait parfaitement convenir au projet. Je lui ai demandé s’il serait intéressé, et voilà... Je lui ai bien dit qu’il serait libre de jouer ce qui lui passait par la tête et j’adore ce qu’il a produit...

GUILT MACHINE

Penses-tu que tu vas pouvoir toucher un nouveau public avec ce projet ?
Je l’espère même si je pense que ça va être dur. Si tu n’aimes pas Ayreon pour diverses raisons, peut-être pourras-tu entrer plus facilement dans Guilt Machine parce que ce sont deux styles bien différents. J’espère que les gens ne vont pas essayer de comparer Guilt Machine à Ayreon, même si mon nom apparaît juste au-dessus du logo du groupe. Voilà encore une idée du label, qui ne s’est pas avérée trop mauvaise finalement puisque l’édition limitée du disque est déjà sold out. A croire quand même que le nom Arjen Lucassen est synonyme d’une certaine qualité dans l’esprit des gens ! C’est un bon sentiment...

On suppose que tu es déjà en train d’écrire un nouvel album pour tel ou tel projet !
Et bien... oui (rires) ! Comme je l’ai dit, mon prochain album sera certainement une réaction à celui-là, un truc plus dynamique, qui te saute à la tronche d’entrée mais ne vous attendez pas quand même à un album de death metal, parce que là, vous allez pouvoir attendre longtemps (rires) ! Ça sera peut-être un nouvel album de Star One.  Un nouveau challenge m’attend donc, celui de réécrire des riffs bien heavy... Merci beaucoup pour cette interview !   


ARJEN LUCASSEN’s GUILT MACHINE – On This Perfect Day
Mascot Records / Socadisc



Myspace : www.myspace.com/guiltmachine