AS I LAY DYING
En Europe, on a un groupe comme Heaven Shall Burn qui ne déçoit jamais en matière de Metalcore, tandis que les USA ont entre autre As I Lay Dying, un groupe dont la progression n’a jamais cessé. Un groupe qui ne jouit cependant pas encore d’une très grande popularité par chez nous, certainement parce qu’on est moins touchés par cette vague Metalcore qui tourne quand même en rond, il faut l’avouer. Heureusement, on peut encore se tourner vers quelques leaders pour prendre une bonne claque… 

Interview parue également dans le Metal Obs' 40 de mai 2010

Entretien avec Jordan Mancino (batterie) – Par Geoffrey, Sophie Carron & Will Of Death
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Hello Jordan, c’est toujours un plaisir de te parler… Avec Shadow Of Security, vous êtes montés au rang 35 dans les charts, avec An Ocean Between Us au 8ème rang ; alors, vous visez quel rang avec le nouvel album ?
Ah, je ne sais pas, je ne pense pas aussi loin que ça, il y a tellement de facteurs différents, ça dépend des albums qui sortent cette semaine-là ;  si on sort la même semaine que Britney Spears, Justin Timberlake, Hannah Montana, alors notre position sera un peu plus basse. Mais nous ne prêtons pas vraiment attention à notre position dans les charts, nous verrons ce qui arrive. On ne sait pas, le marché est ce qu’il est, les gens sont ce qu’ils sont, nous n’avons aucune idée de ce qui va arriver.

Pour revenir à quelle chose de plus sérieux, la popularité du groupe grandit de plus en plus tous les ans, comment vous expliquez ça ? Pourquoi autant de gens aiment le groupe ?!
Les gens arrivent à percevoir la sincérité du groupe et de notre musique et je pense que ce qui nous permet de grandir, c’est que nous sortons de bons albums, et aussi le nombre de tournées qu’on fait. Le fait de tourner dans le plus de villes et de pays possibles également. Beaucoup de groupes ne se concentrent que sur certaines villes ou un certain marché.

Et certains pays ?
Exactement. Nous jouons dans de petites villes si nous le pouvons. À chaque fois que nous allons en Europe, nous allons dans les grandes villes et aussi les petites ; quand nous avons tourné en tête d’affiche aux Etats-Unis, nous sommes allés dans les plus grosses, moyennes et petites villes. On a aussi joué au Sri Lanka récemment. On veut jouer pour ces fans, on ne veut pas juste vendre des albums, on veut jouer pour les gens qui veulent nous entendre. Ils perçoivent la sincérité de ce qu’on fait et on veut montrer qu’ils comptent pour nous.

Avant de parler de ce nouvel album, parlons du précédent : comment voyez-vous An Ocean Between Us maintenant, c’était déjà un très grand pas pour le groupe ?
Comme tu l’as dit, c’était un autre pas pour nous, je pense que c’était et est toujours un super album. Ça a montré notre progression, chaque album que nous avons fait a montré notre progression, musicalement et dans d’autres aspects aussi. Cet album montre aussi une évolution, nos progrès dans la façon d’écrire, la musique, les paroles, la maturité.

Parlons-en : pour moi, le plus grand paradoxe sur cet album, c’est que d’un côté, c’est le plus brutal et de l’autre, c’est le plus mélodique… Tu es d’accord ?
Oui, c’est comme tu dis, c’est un mix de tout ce que A.I.L.D. a fait dans le passé, mais c’est meilleur, il a beaucoup plus de contenance. On n’a pas de fait de compromis entre l’aspect Metal, Heavy et mélodique, ça a juste été amélioré. C’est la meilleure façon de le décrire, c’est toujours nous, mais en mieux. Comme les chansons, la production est meilleure que les autres albums, et tout s’est bien mis en place. T’as entendu l’album ?

AS I LAY DYING

Oui, et j’ai vraiment aimé, comme toujours avec le groupe, je ne me rappelle pas avoir entendu un mauvais album de A.I.L.D. 
Oui, on n’a pas essayé d’aller dans toutes les directions avec cet album, on a essayé d’affiner notre son, d’autres aspects de nos chansons, qu’on n’avait pas eus l’occasion de faire avant par manque de temps ou d’expérience. On a vraiment travaillé longtemps sur cet album, on a commencé à composer en juin ou  juillet 2009, on a juste terminé le mastering il y a quelques semaines. On a écrit et enregistré les chansons depuis si longtemps ! Avec ce temps, on a eu la possibilité de bien faire les choses pour que ce soit exactement comme on le voulait. Donc, pour ça, on est très excités.

Vous saviez exactement ce que vous vouliez pour cet album ou alors les choses se sont mises en place naturellement ?
Oui, ça a été naturel, nous avons chacun écrit des chansons, un peu comme des squelettes de chansons au début, et puis nous avons commencé à écouter ce que chacun avaient fait, mis de côté celles pour lesquelles nous n’étions pas tous d’accord. On s’est accordé et on s’est concentré sur les squelettes qu’on aimait tous. Et on est parti de là. La façon dont nous avons travaillé sur cet album : nous avons commencé avec 8 chansons, on les a finies, et à la sortie du studio, on a fait 4 nouvelles qu’on a enregistrées. On a fait une petite pause, ce qui était bien, on a pu se concentrer plus sur les chansons, on a eu plus de temps pour tout enregistrer.

Vous allez travailler de la même façon dans le futur ? Si vous avez le temps de le faire ?
Oui bien sûr. Tout le monde a besoin d’une limite de temps à respecter. Les gens pourraient écrire pendant des années et des années. Il y a toujours quelque chose qui pourrait être modifié, donc tu dois avoir une limite. On a eu beaucoup de temps et on l’a utilisé au mieux. A chaque fois qu’on écrit, il y a des trucs qu’on trouve géniaux et d’autres qu’on change. On devient vraiment bons à se comprendre, dans l’aspect créatif.

A propos de l’écriture, plus que dans les autres groupes, la batterie est très très importante, c’est un élément clef du groupe, tu as essayé de nouveaux trucs ?
Dans cet album en particulier, j’ai essayé de me concentrer sur chaque partie de batterie, pour m’assurer du groove. On espère que la chanson roule toute seule, toute l’intensité est dans ces parties. Tu peux l’entendre, il y a plus de trucs dans la batterie, c’est direct mais il y a plus de subtilité. On a passé plus de temps, pour que je mette mes émotions à plat, que j’essaie des trucs différents et Adam, notre producteur, a donné des idées différentes. Au niveau de la batterie, c’est le meilleur que j’ai fait, et vocalement, les voix de Tim sont plus variées, il y a beaucoup de hurlements, de gémissements, hauts et bas… On comprend ce qu’il dit, c’est bien mieux que ce qu’on a fait dans le passé. Tim, d’un point de vue créatif, est meilleur dans ce qu’il fait, il a pu travailler plus avec Adam sur cet album. Les gens qui entendent cet album peuvent remarquer la maturité de chaque membre du groupe.

Et la construction des chansons est plus complexe que par le passé, tu es d’accord si je dis que les gens auront besoin de plus qu’une écoute pour vraiment se mettre dans l’album ?
Honnêtement, je pense que c’est ce qui est cool dans cet album. A chaque fois que tu vas l’écouter, il y a quelque chose de nouveau que tu vas repérer parce qu’il y tellement de différentes couches, comme les guitares, les voix, la batterie, juste tout ce qui fait une chanson. A chaque fois que tu vas écouter, tu vas entendre une nouvelle couche, c’est ce qui est cool. Mais l’impact initial des chansons est quand même là pour ceux qui écoutent l’album pour la 1ère fois. Je pense que c’est le genre d’album qui devient meilleur à chaque fois qu’on l’écoute.

AS I LAY DYING

Quel est le sens du titre The Powerless Rise ? Les « powerless », ce sont les gens ?
C’est à propos des gens employés par la société, en fait c’est le moment pour eux de s’élever. Dans le monde, on oublie ceux qui sont dans le besoin, c’est à propos des gens que la société a oubliés ; en gros, c’est le moment pour eux. On veut que les gens ouvrent les yeux sur les laissés pour compte ; c’est l’idée générale de l’album et l’autre idée, c’est que notre société régresse. Il y a plein d’autres sujets en rapport avec ça quand on lit les paroles, il y a aussi une note de Tim pour comprendre ce qui se passe

Tu penses que la musique a le pouvoir de changer le monde, et surtout maintenant, avec tous ces groupes aux paroles stupides ?
C’est possible. La musique est une chose pleine de pouvoir parce que c’est très personnel, c’est comme une sous-culture, surtout dans le Metal. Mais pour beaucoup de gens, la musique est quelque chose de très personnel, les paroles ont le pouvoir de changer les gens. Mais l’idée, c’est qu’un album a le pouvoir de changer les gens. Je pense que c’est le plus important. La musique crée une sorte d’arrière-plan avec l’intensité mais ça va de paire avec les émotions, pas juste la musique

Vous faites le Hellfest en France ? Que penses-tu de notre pays et de notre marché ?
J’aime la France, on s’amuse bien, les fans ont toujours été excellents ici. C’est difficile de décrire un endroit en particulier ; dans chaque ville où nous allons, on trouve que nos fans sont excellents, on a un très bon retour dans les concerts. C’est excitant d’aller là-bas et de jouer un gros festival. Mais le plus important, c’est de jouer dans de plus petites villes et clubs, pour avoir un show plus intime avec nos fans. Mais la France est un super marché, on est juste là pour jouer pour nos fans.

Comment voyez-vous la carrière du groupe jusqu'à présent ?
D’abord, on est content de la manière dont les choses se sont passées, on a toujours eu une progression, on ne veut pas être juste une mode, on a toujours mis le soin et la considération pour s’assurer que ça n’arrive pas. Les gens peuvent voir les DVD, ils peuvent voir comment ça a évolué. C’est beaucoup de jours, d’années de travail qu’on a mis dans ce groupe. On a commencé ce groupe parce qu’on aimait le Metal, on aimait la musique et on n’a jamais cru qu’on arriverait à faire des chansons ! Mais grâce aux fans et à leur soutien, on a eu la possibilité de grandir, et on est très reconnaissant. On veut continuer le plus longtemps possible, si on en a l’opportunité...


AS I LAY DYING – The Powerless Rise
Metal Blade / Season Of Mist



Site : www.asilaydying.com

Myspace : www.myspace.com/asilaydying