CROWBAR


The kings of Sludge are back !


S’il y a bien un artiste Metal à la fois sympa, productif et qui sait envoyer la sauce avec sa guitare, c’est Kirk Windstein ! Omniprésent depuis plus de vingt ans à travers ses différents groupes, il revient cette fois-ci sur le front avec Crowbar. Ce groupe mythique de la Louisiane et fondateur du courant Sludge nous livre un nouvel album studio énorme, ultime, six ans après Lifesblood For The Downtrodden. Suite à leur prestation remarquée au Hellfest l’an dernier et une interview manquée (Kirk étant parti traîner sur les stands de bière du site), nous nous devions de faire le point avec notre vieil ami barbu sur ses divers projets et découvrir le nouveau Crowbar cuvée 2011.  

Interview également parue dans le Metal Obs' 46 de Mars / Avril 2011

Entretien avec Kirk Windstein (guitare / chant) par Seigneur Fred
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Kirk, tu te prépares à partir en tournée très bientôt pour l’Europe…
Oui, on prend l’avion demain avec Crowbar (NDLR : entretien réalisé le 10/01/11) pour une tournée au Royaume-Uni, on est donc en train de préparer nos affaires. Là, je suis encore à la Nouvelle-Orléans pour faire les dernières interviews promotionnelles.

Que retiens-tu de l’année qui vient de s’achever ? Ce fut plutôt chargé pour toi avec tous tes side-projects…
On a préparé l’enregistrement du nouveau Crowbar. Il est terminé et sort actuellement. Cela a demandé du temps et les fans qui ont patienté vont enfin pouvoir l’écouter. J’ai aussi fait d’énormes shows avec Down, notamment en première partie d’AC/DC à Bucarest en Roumanie, sur la Piata Constitutiei (NDLR : la place du Parlement), devant environ 50 000 personnes en mai. Jouer avec AC/DC, c’est un rêve qui est devenu réalité désormais ! Cela a donc été assez intensif, que ce soit avec Crowbar ou Down, et on a été plutôt satisfait du dernier album Over The Under.

Revenons sur tes publications de l’an dernier. Il y a eu le très réussi second disque de Kingdom Of Sorrow, et aussi le DVD/CD live de Down : Diary Of A Mad Band. Une scène en backstage m’a d’ailleurs beaucoup fait rire : celle où tu es pris en train de faire un gros besoin sur le trône. Tu n’as pas de chance car c’est resté après le montage. Tu leur en veux ?
Ah oui (rires), c’est vrai que ce sont de beaux enfoirés ! Il y a souvent des trucs de ce genre, tu sais, la route est si longue en tournée alors il faut bien s’amuser un peu…

Pourquoi ne pas avoir ajouté en bonus des morceaux live du répertoire plus récent de Down extraits d’Over The Under même si je sais que ce documentaire se veut le journal de bord de votre come-back de 2006 ?
A l’origine, on a collecté plein de choses allant même jusqu’à 2007 mais l’idée était déjà assez ambitieuse, alors on s’est consacré uniquement à la tournée européenne de 2006 qui fut sold out. C’était notre retour scénique sans promotion ni soutien d’aucun label. On avait au total 600 heures de vidéo live, backstage, etc. On s’est donc dit : « On va s’arrêter là et mettre des extraits de la tournée avec une chanson enregistrée live dans chaque ville ». On a refilmé des choses plus tard pour Over The Under mais c’est aussi lié à des questions de droits. On a donc préféré prendre notre temps pour le sortir.

CROWBAR

Est-ce que Down et Kingdom Of Sorrow ont d’une certaine manière nourri ton inspiration pour le nouveau Crowbar ?
Ouais, je pense. Tu sais, j’ai beaucoup été pris par Down dernièrement, pendant cinq ans environ, alors qu’à un moment donné on ne faisait plus rien ensemble. La vie est ainsi faite. On voulait vraiment enregistrer un nouvel album de Crowbar et être capable de revenir avec le groupe après cette longue parenthèse. On est fier de ça, l’album sort maintenant et on repart en tournée.

C’est l’air de la Nouvelle-Orléans qui te procure cette énergie et te rend si productif ?
Oh, je ne sais pas. Je ne suis pas né ici mais en Angleterre. Je suis vite venu ici et j’ai grandi avec mes chansons. Je ne sais pas trop, quand je prends ma guitare et que je joue, je peux très bien composer pour Crowbar. Il me vient des idées, je les essaie, et si c’est bon je garde sinon je passe à autre chose. La plupart des meilleurs riffs de guitares me viennent très rapidement et cela donne les meilleures chansons que tu connais. Je m’assois et ça vient tout seul, je n’ai pas besoin de travailleur durant des heures. Voilà comment je travaille depuis le début. J’aime pouvoir écrire sur tout, enchaîner les riffs, encore et encore. En trente minutes, je peux avoir écrit l’intégralité de la trame d’une chanson avec tous les riffs et solos. Et après, j’écris les paroles avant l’enregistrement.

Ce neuvième album studio s’appelle Sever The Wicked Hand. Peux-tu en expliquer le sens ?
Ce titre fait référence à tout ce qui va de travers dans ta vie : les mauvaises relations avec des proches, les galères en tout genre, ton boulot, quand tu ne sais pas trop où tu vas… Il faut couper court et se défaire de tout ça. Ce que je veux dire, c’est : « Viens, rejoins-moi ! Bouge-toi et sors de là ! ». Alors tous tes maux disparaîtront, ce sera meilleur ensuite. En laissant tomber la drogue et l’alcool, tu prendras le droit chemin et tu y verras plus clair. Tout le monde est donc plus ou moins concerné…

Ton message est-il religieux dans ce cas ?
Non, pas vraiment. Ce sont juste des conseils… Un peu de morale. Certaines chansons sont spirituelles d’une certaine manière mais pas vraiment religieuses comme la chanson-titre de l’album. C’est juste pour t’aider à avoir une vie meilleure, même s’il y a bien sûr cette notion sous-jacente de bien et de mal.

Musicalement, comment décrirais-tu ce nouveau Crowbar : lourd, sombre ?
Oui, c’est très Heavy, lourd. C’est tantôt lent, souvent lent même (rires), tantôt rapide. Parfois, il y a ce côté épique. Il y a de tout, on y retrouve tous les éléments du son typique de Crowbar. Cela reprend un morceau de chacun des huit précédents albums de notre discographie. C’est l’expérience ultime que tu peux vivre sur un disque de Crowbar.

C’est le meilleur album de toute ta carrière avec Crowbar, si je comprends bien ?
Oui, je pense, en effet. Je sais que c’est très démago de dire cela. Un artiste dit toujours que son nouvel album est le meilleur en période de promo. C’est vraiment le cas ici car il reprend ce qu’il y a de meilleur dans tous les autres disques… C’est donc une très bonne chose.

De nombreux groupes aujourd’hui se disent influencés par Crowbar et arborent fièrement des T-shirts du groupe sur scène : es-tu fier de cet héritage ?
Oh oui, bien sûr! C’est très plaisant de voir que Crowbar a été l’une de leurs influences, spécialement pour les groupes qui émergent et s’affirment en rencontrant du succès. J’en suis fier car certains réussissent d’une certaine manière grâce à nous, que ce soit dans le Metal ou le Hardcore. Par exemple, Jamey Jasta (Hatebreed) porte souvent notre T-shirt et ça fait plaisir. C’est cool aussi pour notre merchandising (rires). En retour, je porte les T-shirts des groupes dans lesquels jouent mes amis.

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Comment et où avez-vous enregistré ce nouvel album ?
On l’a enregistré à la Nouvelle-Orléans, enfin juste à côté, à l’endroit où on a l’habitude de répéter. Et c’est génial, le son est très bon, c’est bien lourd, mais à la fois clair et moderne. J’en suis très content tu sais, le processus d’enregistrement a été très agréable et le résultat est superbe ! J’ai produit l’album, et je l’ai composé depuis les riffs jusqu’aux arrangements, j’ai écrit les paroles, les mélodies vocales, j’ai arrangé le son et Zeuss a mixé le tout. Les autres musiciens, Tommy Buckley (batterie) qui est là depuis sept ans maintenant, Pat Bruders (basse), et notre nouveau guitariste et camarade de chambre Matt Brunson, ont fait un boulot fantastique et ont été patients car ils m’ont attendu toutes ces années jusqu’à ce nouvel album (rires).

Pourquoi ne pas l’avoir enregistré chez Philip Anselmo (Down, Pantera, Superjoint Ritual…) dans son antre ?
Au Nosferatu’s Lair (rires) ? Non, c’est  juste pour Down ça. Down, c’est Down, Crowbar, c’est Crowbar.

Et que font tes camarades de Crowbar quand le groupe est inactif et toi occupé avec tes autres projets ? Ils doivent manger et payer leurs factures pendant ce temps-là…
Bien sûr, ils doivent aussi gagner de l’argent quand je suis absent. Ils ont d’autres boulots à temps plein à côté. Sinon ils jouent dans d’autres groupes aussi pour s’amuser. Il n’y a pas de problème. C’est cool !


CROWBAR - Sever The Wicked Hand
E1 Music / Century Media / EMI


Myspace : www.myspace.com/crowbar