BUKOWSKI


Projet : devenir fous...


Quand on aime le bon Rock, il faut des fois simplement ouvrir sa fenêtre et regarder ce qui se passe dans le coin. Car les Bukowski n’habitent pas si loin et nous délivrent un nouvel album qui fera se secouer bon nombre de crinières. The Midnight Sons nous interpelle, nous réveille, et on veut en savoir plus.   

Interview également parue dans le Metal Obs' 47 de Mai / Juin 2011

Entretien avec Thomas (chant, guitare) et Nicolas (batterie) par Elisa Wolf
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Dans quel état d’esprit rentre-t-on en studio après avoir défendu un album qui a reçu des critiques dithyrambiques ?
C’est vrai qu’on rentre en studio avec une petite boule au ventre. Pour nous, le succès du premier album a été une vraie surprise, on ne s’attendait pas à avoir des critiques aussi unanimes. Cela dit, on ne se pose pas forcément trop de questions non plus. Nous sommes déjà des personnes angoissées de nature, en souffrance permanente… Bukowski était à l’origine un projet récréatif, en réponse à nos anciens groupes.

Votre entourage ne vous a pas trop mis la pression ?
Signer sur un label indépendant nous a permis de faire tout ce qu’on voulait. On a pu garder toutes nos idées, faire de Bukowski notre micro à tous, si je puis dire, et garder notre ligne directrice, à savoir : pas de ligne directrice (rires) ! Le label n’est jamais venu nous écouter en studio, d’ailleurs. On a eu le choix, et c’est rare de nos jours.

Vous pouviez donc faire ce que vous vouliez. Mais que vouliez-vous faire ?
On voulait faire un album qui nous corresponde. Dans le premier, il y avait des choses qui nous ressemblaient et toutes nos influences diverses et variées. Mais on n’osait pas encore vraiment. Le premier album, c’est l’aventure ! Tandis qu’avec The Midnight Sons, on avait vraiment la volonté de donner du Bukowski à 200 %, sans se brider. On aurait pu faire pire, cela dit, au niveau hétérogénéité, mais au final, tu as 13 titres qui ne se ressemblent pas, c’est déjà pas mal.

Et niveau chansons alors, vous vous êtes également lâchés ?
En fait, avant même les textes, c’est le fait de chanter en anglais qui capte le plus l’attention des gens. Nous, on a connu la mode où il fallait chanter le Rock et le Metal en français, mais Julien a voulu écrire ses textes en anglais. Du vrai anglais littéraire, pas du pseudo anglais. C’est un excellent parolier qui trouve son inspiration dans sa vie. Cela dit, comme nous vivons pratiquement tous ensemble, c’est un peu de notre vie qu’il décrit. Il envoie valser nos démons pour nous trois, finalement. On parle d’amour, d’humour, de haine, de choses pas faciles à vivre de nos jours, sans forcément faire la leçon aux gens. Heureusement qu’il est là, parce qu’avec nous comme paroliers, je peux te dire que ce ne serait pas la même chanson (rires) !

BUKOWSKI

De toute façon, les artistes en général s’accordent à dire que l’art est une forme d’exutoire.
Exactement, on n’apprend rien à personne en faisant cela ! De plus, en s’appelant Bukowski, je nous voyais mal chanter pour ne rien dire ! Cette référence à la littérature ne peut pas nous laisser dire n’importe quoi. Même sans se la jouer intello, il y a une décadence chez cet auteur qui est tellement Rock ! C’est du pain béni. Bukowski est notre étendard.

Y a-t-il une phrase de Charles Bukowski qui vous correspondrait ?
« This is the story of a nightmare ». C’est l’histoire d’un cauchemar. C’est d’ailleurs une phrase issue du premier album. Même si on est joyeux maintenant, on a quand même le spleen qui nous fait avancer.

Depuis quelques temps, on entend que le Rock et le Metal français se portent mieux, et que les groupes qui arrivent à s’exporter servent de vitrines. Vous voyez une différence ?
C’est une question de culture, tout ça. Aux Etats-Unis, ils ont le Blues depuis 150 ans, en Angleterre le Rock, en Allemagne aussi, et cette vague arrive enfin en France. Alors oui, culturellement, ça évolue. Mais c’est toujours une galère d’être un groupe. De plus en plus, d’ailleurs. Les subventions sont de moins en moins importantes, les tournées de plus en plus rudes, et les vitrines telles que Gojira restent des exceptions. Il ne faut pas se leurrer.

Quelles sont alors vos attentes avec Bukowski ?
Continuer de jouer de la musique et tourner. Si on y croit encore, c’est parce qu’on a déjà pu aller à l’étranger et faire tout ça. Du coup, on a envie de recommencer, ça nous donne la hargne.


BUKOWSKI - The Midnight Sons
Ankama


Myspace : www.myspace.com/bukowski666