HAMMERFALL


Entêtés...


Présenté comme le futur du Heavy Metal à la fin des années 90, Hammerfall est aujourd’hui à la traîne. Son dernier album Infected manque cruellement d’ambition, même si ses membres sont convaincus d’aller de l’avant. Ils s’en sont expliqués avec nous à « canines découvertes » lors du Power Prog Metal Festival à Mons le 30 avril dernier.  

Interview également parue dans le Metal Obs' 48 de Juillet / Août 2011

Entretien avec Fredrik Larsson (basse) et Anders Johansson (batterie) par Philippe Saintes - Photo live : J.C. Baugé / DeadlyPix
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Comment la progression du groupe se concrétise-t-elle sur le nouvel album Infected ?
Anders : Je pense qu’Hamerfall a fait un grand pas en avant. Chaque album du groupe a sa propre identité mais celui-ci est différent, avec un gros son de guitares vraiment puissant et moins de chœurs. La basse est très agressive, groovy. Nous nous sommes autorisés des audaces rythmiques plutôt surprenantes. Ce sont des détails que la majorité des gens ne remarqueront pas mais la matière sonore me semble beaucoup plus aérée, plus vivante.
Fredrik : Je ne crois pas que le groupe ait tant besoin que ça de se renouveler. Mais on peut tout de même rajouter certaines idées ici ou là.

Honnêtement, êtes-vous satisfaits de ce nouvel opus ?
Oh, oui, très satisfaits. Il correspond à ce que le groupe voulait faire.

Que vous a apporté le producteur américain James Michael ?
Anders : ll avait déjà travaillé avec Scorpions, Mötley Crüe ou plus récemment Sixx : A.M. Nous voulions un son comme celui qu’il avait obtenu avec ces groupes.
Fredrik : Il a surtout travaillé sur les parties vocales et mixé l’album à Nashville. Il a aussi donné d’excellents conseils à Joachim en matière de chant. Cela s’entend. Sa voix est vraiment impressionnante sur Infected.

 HAMMERFALL

La pochette de l’album a surpris. Hector, la mascotte du groupe, n’y figure pas : c’est une première.
Anders : Oui, je sais que beaucoup de personnes ont jugé négativement cette image de la main ensanglantée. Le fait d’avoir enlevé le personnage d’Hector est peut-être une erreur. Mais le plus important pour moi reste la musique.
Fredrik : Les paroles de plusieurs chansons font référence à des films d’horreur. La pochette se devait d’être en adéquation avec ce thème.

Autre sujet de controverse : le premier single « One More Time » reçu plutôt tièdement par les fans. Inquiets ?
Anders : Non car ce n’est pas le morceau le plus représentatif de l’album. Cela prouve au contraire que le groupe est encore capable d’étonner. « Bang  Your Head » devrait être notre second single. Il est plus conforme au style d’Hamerfall. Nous jouons d’ailleurs ces deux titres sur la tournée.

Y a-t-il un véritable esprit de camaraderie au sein d’Hammerfall ? Fonctionnez-vous vraiment en équipe ? 
Chaque membre a sa personnalité. Joachim (Cans, chanteur) et Oscar (Dronjak, guitariste) sont les principaux compositeurs du groupe mais Pontus (Norgen, guitariste) et Fredrik ont été très impliqués sur Infected. C’est comme dans le foot, tu ne peux pas constituer une équipe vraiment performante avec un seul bon joueur.
Fredrik : Le côté social du groupe est très important pour nous tous. Tu ne peux pas rendre la musique meilleure, en tout cas certainement pas plus créative, avec des tensions internes. Le line-up actuel est très soudé.

Est-ce que vous avez une réponse pour expliquer pourquoi autant de groupes suédois s’exportent ?
Anders : Il y a une véritable émulation en Suède. Mon frère Jens (claviériste de Stratovarius) et moi sommes nés dans une petite ville de 2 000 habitants d’où sont également originaires Yngwie Malmsteen et les musiciens de Candlemass. Tous les musiciens se connaissent. Les Suédois sont assez fondus de nouveautés. Du coup, il y a beaucoup de nouveaux groupes qui sortent parce qu’ils espèrent profiter de cette dynamique.
Fredrik : C’est vrai. Des radios commerciales diffusent désormais du Metal : cela démontre que les gens sont de plus en plus ouverts d’esprit.

 HAMMERFALL

Y a-t-il des groupes ou des courants musicaux qui ont influencé votre façon de jouer ?
Anders : Tout le monde a des influences différentes. Personnellement, j’aime les musiques plus sophistiquées comme le Metal progressif, des groupes comme Meshuggah. J’adore aussi le Jazz fusion et même la musique classique. Par contre, je ne suis pas fan de Reggae ou de Hip Hop.
Fredrik : Je continue à écouter les groupes qui ont bercé ma jeunesse. Il me semble important de rester fidèle à nos origines, à ce qui a façonné notre personnalité.  

Etre considéré comme l’une des références de la scène Power Metal, c’est une fierté, j’imagine ?
Oscar te répondrait que nous sommes un groupe de Heavy Metal, pas de Power Metal. Je ne sais pas où se situe la différence. Mais c’est vrai qu’on est fier de ce statut. Je crois que nous avons ouvert de nombreuses portes grâce au premier album. Nous avons contribué à relancer le Metal en Europe à l’époque de la vague Grunge.

Quels sont vos objectifs maintenant ?
Nous sommes très populaires en Europe mais nous avons envie d’explorer de nouveaux territoires : l’Afrique du Sud ou l’Australie, par exemple. Il nous reste encore de nombreux défis à relever. Pour le reste, je préfère vivre les choses au jour le jour, sans penser à telle ou telle éventualité.
Anders : Ça ne sert à rien de tirer des plans sur la comète, autant garder la tête froide.
 

HAMMERFALL - Infected
Nuclear Blast / PIAS



Site : www.hammerfall.net

Myspace : www.myspace.com/hammerfall