JOURNEY


Machine à tubes...


Souvent raillé pour sa musique formatée au goût des radios FM américaines,  Journey est de retour avec un album moins conventionnel : Eclipse. Malgré une orientation guitaristique plus tranchée et plus franche, ce nouveau CD pourrait bien éclipser le précédent, Revelation, pourtant certifié platine en 2008 aux States.  

Interview également parue dans le Metal Obs' 48 de Juillet / Août 2011

Entretien avec Deen Castronovo (batterie) par Philippe Saintes - Photo live : J.C. Baugé / DeadlyPix
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Deen, le groupe a-t-il délibérément cherché à surprendre avec ce nouveau CD ?
D’une certaine façon, oui. De chansons Pop de trois minutes, nous sommes passés à quelque chose de plus expérimental. Et pourtant Eclipse sonne comme un classique de Journey. Nous avons consacré toute notre carrière à faire de ce groupe une valeur sûre du Rock. Maintenant, c’est chose faite et nous pouvons prendre plus de risques. On souhaite surtout se faire plaisir. Avant, notre principal objectif était de faire aimer notre musique. Après 35 ans de carrière, il est important de continuer à s’amuser pour préserver la passion et continuer le plus longtemps possible.

Eclipse est un album mûrement réfléchi, où rien n’est laissé au hasard…
C’est assez vrai, même si nous n’avons mis que trois ou quatre mois pour réaliser cet album. Jonathan (Cain, claviers), Neal (Schon, guitare) et Arnel (Pineda, chant) ont écrit la majorité des morceaux. Nous sommes ensuite directement entrés en studio pour écouter les démos et le reste s’est enchaîné rapidement et efficacement.

Comment considères-tu le succès considérable qu’a rencontré l’album Revelation ?
Revelation devait prouver que nous étions de retour pour de bon. Cet album a été une bouffée d’air frais pour le groupe. Sur celui-ci nous nous sommes libérés. Notre souhait était de composer des morceaux représentatifs de l’état d’esprit de Journey au 21ème siècle. L’arrivée d’Arnel il y a quatre ans maintenant a également apporté une nouvelle dynamique. Ce jeune homme est plein de talent, il peut chanter n’importe quel style, du Rock aux ballades puissantes. C’est une chance d’avoir une telle personnalité dans un groupe. Ça nous réconforte aussi dans l’idée de poursuivre dans de nouvelles voies.

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Malgré cette volonté de changement, vous avez à nouveau confié la production à Kevin Shirley.
Tout simplement parce que nous estimons qu’il est l’homme de la situation. C’est un génie. Kevin est aussi un ami. J’adore travailler avec lui. Il nous oblige à donner le maximum de nous-même. On a tous fonctionné à 200 % pendant cet enregistrement. 

Me contrediras-tu si je dis qu’on devine des influences de Led Zeppelin sur le titre « Chain Of Love » ?
C’est un titre écrit par Neal qui est effectivement un grand fan de Led Zep. C’est lui qui déniche les riffs. En fait, il est revenu à ses premières amours faites de Rock vitaminé et de guitares omniprésentes. On est tous très fiers de ce retour aux sources. 

Le dernier album solo de John Waite est également sorti chez Frontiers au début de l’année. L’as-tu écouté et qu’en penses-tu ?
J’adore ce CD. John est l’un des mes chanteurs préférés. J’ai eu la chance de pouvoir jouer avec lui du temps de Bad English. Tout ce qu'il entreprend se transforme en or. C’est aussi un excellent professeur. Il m’a beaucoup appris sur la façon de chanter. 

Les raisons de la fin de Bad English sont d’ailleurs restées quelque peu obscures…
Le split est essentiellement dû à des conflits de personnalités. Neal souhaitait revenir à un Rock plus acéré alors que John préférait poursuivre dans le style des deux albums du groupe. Musicalement, il devenait de plus en plus compliqué de fonctionner ensemble, mais personnellement je garde d’excellents contacts avec John Waite.

Sur scène, tu chantes des hits comme « Faithfully » ou « Still They Ride ». Te sens-tu complètement à l’aise dans le rôle de chanteur ? 
Oh oui, j’y suis totalement habitué maintenant. On dit que mon style est proche de Steve Perry (NDLR : ancien frontman de Journey). C’est un fameux compliment car Steve est une référence, son timbre de voix est exceptionnel. Au début, le plus dur était surtout d’apprendre à chanter sans que mon jeu de batterie n’en souffre.

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Quels sont les batteurs qui t’ont le plus marqué ?
J’ai choisi de devenir batteur après avoir vu Peter Criss de Kiss. Je devais avoir 7 ans. Je me suis dit : « C’est ça que je veux faire ». Kiss fut pour moi ce que les Beatles ont été pour d’autres. Ensuite, j’ai découvert Rush en ouverture d’un concert de Kiss et j’ai été complètement ébloui. Neal Part, leur batteur, est devenu mon héros. Pendant que les jeunes de mon âge préféraient les sorties ou le sport, j’essayais de reproduire toutes les parties de batterie de Neal. En fait, mes références sont Neal Part, Terry Bozzio (Frank Zappa) et Steve Smith (ex-Journey). J’adore aussi les grands batteurs de Metal des années 80 comme Lars Ulrich, Phil Taylor ou Dave Lombardo.

On vous verra cet été en Europe, notamment le 7 juillet au Palais des Sports à Paris…
J’espère que le public français sera au rendez-vous. J’adore jouer en Europe. L’an dernier, nous avons partagé l’affiche avec des groupes comme Korn et Slipknot. J’ai cru que les fans de ces groupes allaient nous écharper mais au contraire l’accueil fut excellent. C’est la grande différence avec les Etats-Unis où les gens défendent un groupe ou un style de musique et détestent tout le reste. Ce sont des maniaques. Vous êtes bien plus ouverts et réceptifs de ce côté-ci de l’Atlantique. La tournée avec Foreigner et Styx en Europe, puis avec Night Ranger qui nous rejoindra sur les dates nord-américaines, s’annonce particulièrement excitante. Jouer avec eux n’est que du pur bonheur. Ce sera la fête tous les soirs jusqu’à la fin de la tournée en novembre.


JOURNEY - Eclipse
Frontiers / Harmonia Mundi



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