Bring the noise again ! 



Huit ans ! Huit ans que l’on attendait le successeur du sympathique We’ve Come For You All en se disant qu’Anthrax allait récidiver sur album avec cette fois-ci Joey Belladonna au micro, après de nombreuses tournées mondiales notamment à l’occasion du Big Four. Une discussion s’imposait donc avec la tête pensante du célèbre combo de Thrash new-yorkais, le discret Charlie Benante. Au menu : souvenirs du Big Four, chaises musicales autour du poste de chanteur, et dissection du nouvel opus : Worship Music. 

Interview également parue dans le Metal Obs' 49 de Sept. / Oct. 2011 (couv')

Entretien avec Charles Benante (batterie) par Seigneur Fred - Photo live : Will Of Death
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Tout d’abord comment va ton collègue Scott Ian (guitare), absent sur la récente tournée du Big Four ainsi que pour son autre groupe The Damned Things vu au Hellfest ?

Scott va bien, merci. Il vient d’être papa pour la première fois, ce qui demande pas mal de temps et d’attention.

Comment s’est passée la date française avec le Big Four pour Anthrax au Sonisphere Festival ?
Oh, selon moi, les shows d’Anthrax récemment donnés avec le Big Four sont mes meilleurs concerts à ce jour et tout spécialement celui donné en France en juillet. Il y a eu 3 concerts vraiment intenses dont celui-ci. On a vraiment adoré, c’était génial. Tourner avec ce package, c’est super aussi bien pour nous, les artistes, que pour les fans qui peuvent nous voir tous un même soir. Là il nous reste encore une date à faire au Yankee Stadium de New York le 14 septembre.

Ce concert au Sonisphere d’Amnéville a été l’un des moments forts de la journée du samedi…
Merci. C’est curieux, on ne pensait pas avoir fait un super concert en sortant de scène car on a rencontré quelques problèmes techniques. Mais après le show, le promoteur du festival est venu nous voir dans notre loge pour nous féliciter : « C’était si génial les gars ». On était un peu surpris et on se demandait si on parlait bien du même concert (rires) (NDLR : le show au festival de Dour quelques jours plus tard aura remis les pendules à l’heure en mettant tout le monde K.O.).

Andreas Kisser (Sepultura) a donc remplacé Scott Ian à la guitare sur cette tournée, comme prévu. Celui-ci m’a confié que vous n’aviez répété qu’une seule fois ensemble…
On n’a répété qu’une seule fois, mais c’était très excitant ! Andreas est un pro : il s’est préparé longtemps à l’avance, sachant que Scott serait absent. En fait, il connaissait plus de chansons qu’il ne fallait pour les concerts, il était donc fin prêt. C’est un chic type, et on vient de faire de grands concerts avec lui.



A présent, peux-tu m’en dire plus sur la réintégration de Joey Belladonna ? John Bush était encore là en 2010 pour vous dépanner sur une série de concerts au moment où il sortait un nouvel album avec Armored Saint, or vous aviez embauché Dan Nelson entre 2007 et 2009, ce dernier ayant été remercié suite à des problèmes de santé…
Tu sais (NDLR : petit blanc), John était revenu nous dépanner sur des shows en 2009 / 2010 pour honorer certains contrats. Mais ensuite, il n’a pas souhaité rester dans Anthrax afin de se consacrer à son groupe d’origine, Armored Saint. Quant à Joey, il nous avait déjà rejoints en 2005 pour la tournée de reformation jusqu’en 2007. Ensuite a débuté cette tournée du Big Four l’an dernier. Il était logique que ce soit lui qui fasse partie du line-up des 80’s. Il nous a littéralement bluffés. Tu sais, tout ceci s’est vraiment fait de manière naturelle, il n’y a rien eu de forcé. Son retour signifie vraiment quelque chose.

Est-il vrai que certains enregistrements studio avaient tout de même été réalisés avec Dan Nelson à partir de fin 2008 ?
Oui, à l’origine nous avions commencé à enregistrer les instruments, puis le chant avec lui.

Peut-on s’attendre à ce que ces enregistrements sortent en face B de singles, par exemple ?
Non, rien ne sortira avec Dan, c’est contractuel (rires gênés).

Pour remonter le line-up des 80’s, pourquoi ne pas avoir fait appel à Dan Spitz à la place de Rob Caggiano (guitare solo) ? Il était là en 2005 et figurait sur Alive 2…
Parce qu’on aime Rob : c’est un incroyable guitariste qui apporte beaucoup au groupe depuis son arrivée en 2001. Danny est occupé avec sa famille (NDLR : il a deux jumeaux autistes depuis 2007) et ses nouveaux projets musicaux, notamment Red Lamb avec Dave Mustaine (Megadeth).

Parlons maintenant du nouvel album. C’est toujours toi qui écris la majorité des chansons d’Anthrax ? Tu es en quelque sorte le cerveau du groupe…
Oui, on peut dire ça (rires).

Pourquoi un tel délai entre We’ve Come For You All sorti en 2003 et le nouvel album ?
Tout simplement parce qu’on veut proposer le meilleur de nous-mêmes et quelque chose de sérieux. Et il y a eu toutes ces tournées et expériences incroyables de reformation dont on parlait (2005-2007, puis le Big Four). Après ça, on a eu un nouveau chanteur… il y a eu pas mal de hauts et de bas, on a composé petit à petit entre deux tournées, en fonction des évènements, et on a fait ce qu’on voulait.

Comment définirais-tu Worship Music par rapport au reste de votre discographie ?
C’est du Heavy Metal avec des éléments d’albums antérieurs. Ce qu’on a fait par le passé s’inscrivait dans son époque, on testait des choses, comme sur Among The Living en 1987, par exemple.



L’interlude « Hymne 1 » aux violoncelles est assez surprenant au milieu de l’album. C’est Apocalyptica qui joue ?
Non, mais en effet il y a même deux fois du violoncelle sur l’album. Je voulais des parties instrumentales à certains moments. Il y en a donc avant « In The End » et aussi sur « Crawl ». Cela instaure un climat plus sombre et triste. J’avais cette vision avec quelques titres plus calmes et c’était intéressant de glisser ça.

Sur « Crawl », on dirait la voix de Klaus Meine (Scorpions) dans le refrain. Qui chante ?
Non, c’est bel et bien Joey. Il assure tous les chants sur l’album. Scott et Franck font les chœurs, par contre.

Peux-tu présenter le nouvel artwork ?
C’est de nouveau Alex Ross qui l’a réalisé, comme pour We’ve Come For You All. C’est plus profond, plus sombre et torturé. Ce sont des gens, des monstres, qui veulent envahir notre univers symbolisé par un pentagramme. On a inversé les choses (rires).

Que penses-tu du revival Thrash actuel avec des groupes comme Municipal Waste, Evile ou Tornado ? Beaucoup se réclament d’avoir été fortement influencés par Anthrax…
C’est très bien, je trouve ! C’est assez flatteur de voir toute cette énergie, tous ces groupes qui rencontrent du succès auprès du public.

Tu ne crois pas qu’au niveau de la créativité, on est loin de l’esprit des 80’s ? Ils ne font que recycler ce que vous avez déjà fait et vous devraient presque des royalties.
Merci de la suggestion, je vais y réfléchir (rires). Mais c’est inévitable, surtout dans le Metal où tout est cyclique. Certaines personnes trouvent ça super et ne savent même pas qu’en fait certains plans étaient déjà joués il y a 25 ans. Que veux-tu ? On ne peut rien y faire. Au final, c’est plutôt flatteur.

Y a-t-il des projets de réédition de vos anciens albums ? Il est parfois difficile de se les procurer.
Il y un projet de coffret réunissant tous nos albums en réédition. Une fois le nouvel album sorti, on se penchera sérieusement là-dessus car c’est quelque chose qui nous tient à cœur. On ne sait pas encore si ça sortira chez Nuclear Blast.

On vous voit en France l’année prochaine ? Ce serait sympa que vous veniez au Hellfest 2012 pour jouer « Antisocial » aux côtés de Trust…
Pourquoi pas ? Ce serait génial ! J’adore Trust. C’est drôle, j’ai un T-shirt de Trust que ma femme voulait jeter à la poubelle il y a deux semaines parce qu’il était trop petit. J’ai dit : « Non, surtout pas ! ». Du coup, c’est ma petite fille de 5 ans qui le porte maintenant (rires).


ANTHRAX - Worship Music
Nuclear Blast / PIAS



Site : www.anthrax.com