HATESPHERE


Le changement dans la continuité...



S’il y a bien un groupe danois qui sait mettre le feu aux poudres sur scène, c’est bien Hatesphere. Avec les deux tiers du line-up renouvelés en 2007, son précédent album To The Nines n’avait pas vraiment convaincu, et ce malgré les efforts de recrutement de son unique membre originel, le guitariste et principal compositeur « Pepe ». Ce dernier, sympathique à la ville comme en concert, nous a parlé de son 7ème bébé : The Great Bludgeoning, mais aussi des nouvelles conditions de travail du groupe, et du dernier arrivant, le chanteur Esben « Esse » Hansen, plus que convaincant au micro.

Interview également parue dans le Metal Obs' 50 de Nov. / Déc. 2011

Entretien avec Peter « Pepe » Lyse Hansen (guitare) par Seigneur Fred - Photo : Peter Svendsen
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The Great Bludgeoning a-t-il pour mission de « matraquer » (traduction littérale) nos conduits auditifs ?
Oui ! Nous avons trouvé que le titre et la couverture de l’album allaient bien avec la musique et le sentiment que tu as à l’écoute des nouvelles chansons. En écoutant Hatesphere, tu ressens comme un matraquage. La musique est agressive et le titre aussi.

Pendant que d’autres groupes essaient d’expérimenter et développer leur musique, Hatesphere tend à perfectionner son style plus traditionnel. Tu es d’accord ?
Je pense que oui, on essaie de faire ça. Nous jouons cependant des choses un peu différentes. Ecoute attentivement nos chansons : tu entendras certains détails, certaines nouvelles choses pas forcément typiques de Hatesphere. « Need To Kill » est un titre carrément Hard Rock. L’important est que nous ne sonnions pas comme les autres, et tu peux tout de suite savoir que tu écoutes Hatesphere quand tu appuies sur play.

Au-delà de la base Thrash / Death Metal, il y a pas mal d’influences Hardcore dans votre musique. Es-tu ouvert généralement aux formes de musiques agressives ?
Absolument, mais je n’aime pas du tout le Hardcore (rires) ! J’aime différents genres : la musique brutale et colérique, mais aussi le Hard Rock, le Glam, le Sleaze… En général, j’aime la musique qui possède une certaine atmosphère et qui me transporte. Peu importe le style du moment que c’est bien écrit et bien joué.

Les paroles abordent des sujets pas toujours très sains (la boisson, par exemple). Votre musique est-elle uniquement un prétexte à tous ces vices ?
Non, la musique, c’est avant tout prendre du plaisir et écrire des chansons cools. OK, j’ai ce sentiment spécial quand je joue notre musique : je veux assommer les gens mais dans le bon sens du terme, les faire bouger. Nous sortons plus ou moins notre côté agressif et sombre quand on est sur scène, mais nous ne nous sentons pas méchants à l’écoute de l’album. J’ai plutôt envie de sauter et de danser (rires). Tu sais, nos vies sont tout à fait ordinaires : on a des gosses, des boulots... Jouer de la musique brutale et écrire des textes sur la haine et l’alcoolisme ne signifie pas pour autant que nous sommes des poivrots bagarreurs. Dans ce cas, imagine ce que ça serait pour ceux qui écrivent des romans policiers ou réalisent des films d’horreur où des zombies mangent des cerveaux au petit déj’ (rires) ! Nous n’avons tout simplement pas peur d’admettre que l’agression, la haine, les sentiments négatifs constituent une part de chacun de nous. Tout comme l’amour. On a juste tendance à les refouler.

 HATESPHERE

Sur le précédent album, To The Nines, les paroles avaient été écrites juste avant la musique. Comment ça s’est passé, cette fois ?
Les textes ont été écrits en avance, comme pour To The Nines. Sur nos précédents albums, on écrivait les textes juste avant de rentrer en studio parce qu’on n’y accordait pas une grande importance. Hatesphere repose principalement sur la musique. Si la musique craint, personne ne prendra la peine de lire les paroles, qu’elles soient ou non intéressantes (rires). Ceci étant, nous travaillons désormais plus les textes pour rendre les chansons parfaites.

The Great Bludgeoning est le premier album enregistré avec Esben « Esse » Hansen, votre nouveau chanteur. Comment s’est-il impliqué dans le groupe ?
Esse est un chic type dont le talent pour chanter et crier est évident. Il évolue dans un registre plus varié que son prédécesseur et ça sonne bien. Tu as plus de possibilités et d’opportunités quand tu as un chanteur qui sait tout faire.

L’enregistrement s’est fait dans la bonne humeur. Est-ce que ça veut dire que Tue Madsen a eu beaucoup de fil à retordre avec la bande de joyeux gaillards que vous êtes dans son studio Antfam à Aarhus ?
Les sessions d’enregistrement ont été très sympas, mais ça ne signifie pas pour autant que Tue ne pouvait pas nous contrôler. On se connaît depuis pas mal d’années, il sait comment on fonctionne. Pour nous, c’était comme à la maison, même que son fils courait partout en studio (rires). Tue ne voit pas d’inconvénient par exemple à ce que ma fiancée et mon enfant viennent nous rendre visite. Ça nous permet ainsi de rester à l’aise et de prendre du recul. Nous sommes un groupe très expérimenté : si nous étions vraiment si distraits en studio, Tue ne passerait pas un si bon moment à rigoler avec nous. Une fois le travail fini, lui et nous savions que c’était pour le meilleur. Jusqu’à présent, je n’ai jamais vraiment aimé être en studio mais cette fois, c’était différent, j’avoue.


HATESPHERE - The Great Bludgeoning
Napalm / Season Of Mist



Myspace : www.myspace.com/hatesphere