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Machine Head + Kill II This au Splendid, 25 novembre 2003

 

Voilà ce que l’on peut appeler une journée et une soirée de folie… Nous avons assisté ici à un gros événement comme il n’y en avait pas eu depuis longtemps dans notre bonne vieille ville de Lille. Tout débuta avec une interview (confère notre rubrique) d’un Dave MacClain très sympathique, fatigué mais loquace. Nous avons pu ensuite rencontrer les autres membres du groupe et découvrir avec surprise un Robb Flynn extrêmement accueillant, étonnant lorsque l’on connaît la réputation de grosse tête qu’a le Monsieur, et enfin sympathiser avec un Phil Demmel d’une grande gentillesse (NDR : N’est-ce pas Fabien ?). Mais parlons musique maintenant, et on peut dire que ce soir on en a eu de la très bonne… Kill 2 This fait une entrée tonitruante sur scène et développe son néo-hard-core métal futuriste de fort belle manière… Mark Mynett est à fond, sautant partout, grimpant sur les enceintes et beuglant à tout va… Phil est autant à l’aise dans ses vocaux hardcore que dans ses parties mélodiques, enfin tout le groupe envoie la sauce !! Il faut dire que ce soir, c’est la dernière date pour Kill 2 This, donc le groupe veut fêter ça, n’oubliant pas l’anniversaire de Turtle, drum tech de Machine Head. La part belle est faite au nouvel album, mais le groupe n’oublie pas Trinity avec 2 Tribes et Figure Of Eight. Mais l’extase est atteinte avec The Flodd, « Let The Heavens Bleed », véritable hit en puissance que le groupe interprète à merveille. Mais le meilleur reste à venir…
Après une bonne demi-heure d’attente, la superbe scène de Machine Head avec un gigantesque backdrop représentant la pochette du dernier album et des enceintes en forme de leur logo, peut être investie par les zicos de San Francisco. Il faut noter que toute la tournée est sold-out, et ce concert à Lille ne déroge pas à la règle. Et dès les premières notes d’un cataclysmique Imperium (du nouvel album), c’est l’apocalypse dans le moshpit. On n’avait pas vu ça depuis le dernier concert de Fear Factory il y a déjà un certain temps…
On se pose parfois la question de savoir si des chansons peuvent être aussi bien rendues sur scène que sur album ; et bien Machine Head a répondu à notre question de la plus éclatante des manières : c’est encore mieux sur scène !!! Robb Flynn a une voix parfaite et d’une puissance rare, on peut vous dire que le nouveau venu à la lead guitare, Phil Demmel, n’est pas un manchot et que dire de la précision d’un Dave Mac Clain perché à plus de 2 m ! On atteint ici la quasi-perfection, d’autant que Machine Head a particulièrement axé son show sur les morceaux les plus violents de ses albums. Tout le public est aux anges dès le deuxième morceau : Old, qui réhabilite définitivement Machine Head dans la confrérie du métal. Oubliées les disgressions trop néo qui ont failli plomber leur carrière, qu’on se le dise, Machine Head est un groupe de putain de métal puissant !
En jetant un œil sur la set-list ci-dessous, vous aurez un aperçu de ce qui a été joué ce soir, avec une mention particulière à Days Turn Blue To Gray, joué pour la toute première fois en live, et c’est passé comme une lettre à la poste (faut dire qu’ils l’ont joué 5 fois pendant le sound-check de l’après-midi !), et maintenant, suivez bien ce qui suit…
Après 1 h 10 de concert, le public voit les musiciens partir, mais réclamés à corps et à cris, ceux-ci viennent nous balancer le rappel ultime, et je pèse mes mots ! Comme d’habitude, Davidian vient clore le concert (avec Mark Mynett de Kill 2 This à la gratte, fin de tournée oblige…) et la fosse est à ce moment en feu. C’est alors qu’on se met à rêver quand Robb Flynn entame l’intro de The Trooper d’Iron Maiden, mais, alors que l’on y croit très fort, il s’arrête… Merde, dommage ! Mais le sublime se produit finalement, car il repart de plus belle sur The Number Of The Beast, joué de main de maître, et carrément transfiguré par les soli de Phil Demmel. Le public hurle le refrain (666, the number of the beast…) et c’est vraiment l’éclate. A la fin, on croit que c’est fini, mais curieux, les lumières de scène restent allumées et le groupe ne bouge pas… Les mecs de Kill 2 This débarquent alors avec un plateau de verres remplis de gnole, qu’ils se mettent dans le gosier avec les gars de Machine Head, Robb Flynn souhaitant une bonne « san-té » (en français dans le texte) au public et lui disant : Lille, you fuckin’ rule !!! (Ndr : ça, on le savait déjà Robb !). Bon, ok, super concert, Machine Head peut partir… Mais ? Quoi ? Encore un morceau ? Ben ouais, et quel morceau : Creeping Death de Metallica, exécuté merveilleusement bien !!! Aaaarrgghhhh…. Putain, le pied !!! Le Splendid n’est alors plus qu’un amas de chair ruisselante hurlant et slammant furieusement, au grand bonheur du groupe et de Mark Mynett de Kill 2 This qui surgit sur scène complètement à poil pour finir par un mega slam dans le public, provoquant l’hilarité des gars de Machine Head… culte ! Ceux-ci finissent alors leur concert par un 4ème rappel : Block (de Burn My Eyes).
Le groupe peut alors remercier le public pour sa participation, et nous de l’acclamer aussi pour cette excellente soirée qui restera dans las annales du Splendid de Lille sans aucun doute ! La prochaine fois, on remplit le Zénith !?
Machine Head rules !!!

Durée :
Kill 2 This : 45 min
Machine Head : 1 h 45

Set-List Machine Head :
Imperium
---
The Blood, The Sweat, The Tears
None But My Own
Left Unfinished
Ten Ton Hammer
Trephination
The Burning Red
Days Turn Blue To Gray
Blood For Blood

Rappels :
Davidian (feat. Mark Mynett)
The Number Of The Beast (Iron Maiden cover)
Creeping Death (Metallica cover)
Block

Pierre-Antoine & Will Of Death

 

Death Angel au Biebob, 8 novembre 2003

 

Impressionnant ! La claque !!! Quel pied que ce concert de Death Angel, revenu pour le meilleur, le pire étant définitivement derrière (on se rappelle que leur carrière fut stoppée brutalement en 1990, suite au crash de leur tour-bus en Arizona, ayant laissé sur le carreau pendant plus d’un an leur batteur Andy Galeon, encore aujourd’hui particulièrement marqué au visage…) !
Depuis 2001, Death Angel est de retour sur les planches ; on les avait vus en avril pour le No Mercy Festival en première partie de Testament déjà très à leur aise, mais que dire de ce concert de ce soir en tête d’affiche !!! Franchement, un concert que je classerais dans mon Top 10, et dieu sait que j’en ai vus depuis 20 ans, c’est vous dire…
Après le superbe set de Darkane, on règle 2 / 3 trucs et c’est parti pour 1 h 45 de thrash jouissif… C’est bon, Rob Cavestany peut envoyer la purée ! Y a pas à dire, les groupes de thrash de San Francisco ont quelque chose de plus que les autres peuvent leur envier : la classe et cette facilité à se mettre dans la poche le public en moins de temps qu’il n’en faut pour respirer… Jetez un œil sur la set-list ci-dessous, et vous aurez compris que Death Angel a passé en revue ses trois albums, avec une mention toujours particulière aux morceaux de leur premier méfait : The Ultra Violence (1987) : l’enchaînement du début du concert Evil Priest / Voracious Souls étant carrément cataclysmique, n’ayons pas peur des mots.
Pour ceux qui avaient eu un peu de mal avec les albums suivants (Frolic Through The Park et Act III), des morceaux tels que le bien groovy Bored ou le suprême Stagnant reprennent ici toute leur envergure, et que dire de Veil Of Deception, où Marc Osegueda (bien « fait » à la fin du concert – vodka oblige…) peut donner toute la mesure de sa voix sur les passages mélodiques…
Ce mec semble complètement possédé tout au long du gig, et on se demande encore comment il ne s’est pas encore pété les cordes vocales, tant il monte sans arrêt dans les aigus.
Mais ceci dit, il n’y a pas à dire, ce sont bien les morceaux de The Ultra Violence qui vraiment nous bottent le cul sévère, et vous aurez remarqué qu’ils en ont joué 7 sur 8 ce soir ! Quand je vous disais que ce concert fut jouissif : merde, je suis fan depuis le début de ce groupe, à l’époque de mes shorts et de ma casquette d’Anthrax !!!
Après 1 h 20 de concert, Marc Osegueda s’éclipse pour certainement s’en remettre un petit dans le gosier derrière la scène, pour laisser la place au chant à Denis Pepa (l’extraordinaire bassiste – putain, quel niveau !!!) pour un Thrashers d’anthologie, avec tout le groupe aux backing-vocals… Impressionnant, la foule se déchaîne littéralement, et les slammers s’en donnent à cœur joie, faisant quelques victimes au premier rang… (NDR : au fait, Fabien, ton cou va mieux ?...) Ca ne s’arrange pas quand le groupe entame l’instrumental The Ultra Violence pour finir sur un délire toutefois bien carré, qu’ils ont eux-mêmes appelé le « Death Angel Medley ».
C’est alors que Marc revient, dans un état proche de l’Ohio avec sa bouteille pratiquement vide, n’hésitant pas à remercier longuement et chaleureusement le public pour son accueil et sa participation active à ce concert. Sa manière à lui de nous remercier est de demander alors aux autres de jouer un nouveau morceau de leur nouvel album, qui paraîtra en avril ; le groupe ne se fait pas prier, et nous balance un truc sans nom, bien thrashy, avec des sonorités un peu néo/ hard-core et qui se termine par des blast-beats d’Andy… Ca présage du meilleur ; encore 6 mois à attendre pour la sortie de l’album !!!
Le groupe en a alors fini, mais revient deux minutes plus tard pour un ultime rappel, et quel rappel, my brothers of metal : le cultissime Kill As One ! Aaaarrrggghhhh… ça y est, on est tous devenus dingues, et j’y ai laissé une ou deux cordes vocales, comme les 4/5 des gens présents ce soir !!! Marc Osegueda, en bon thrasheur qui se respecte, finit même par slammer dans le public à la fin du morceau.
Quel pied ! Indescriptible… J’ai même vu un gars en chialer d’émotion à la fin du concert : véridique, j’ai des témoins ! Tout ça pour dire que les absents ont toujours tort de louper ce genre de communion métallique, certains préférant rester sagement chez eux avec Bobonne et le chien-chien à sa mémère ou encore pire, regarder les conneries de Star AcadeShit… Bande de larves, vous pouvez vous rhabiller, vous n’êtes rien à côté de Death Angel et de son thrash magique !!! Voilà, il fallait que ce soit dit, ça va mieux et je peux aller me remettre de mes émotions… Vivement la prochaine tournée !!! Metal is the Law…

Set-List :
Seemingly Endless Time
Evil Priest
Voracious Souls
Third Floor
Mistress Of Pain
Veil Of Deception
Five Steps
Stagnant
Bored
I.P.F.S
Thrashers
Ultra Violence Intro – Death Angel Medley
A Room With A View
New Track (no name)

Rappel : Kill As One

Durée : 1 h 45

Will Of Death

 

Symphony X + Headline au Splendid, 4 novembre 2003

 

Nous partîmes 50, mais par un prompt renfort, nous fûmes environ 400 en arrivant au port… ce fut la fin de l’Odyssey, mais pas de l’aventure… et l’honneur Lillois était sauf !
Il est certain que cette envolée lyrique n’est pas innocente, tant Symphony X a encore cloué sur place tous ses concurrents de prog – speed technique ce soir !
Mais avant de commenter le superbe gig de nos américains, évoquons le cas Headline : pourquoi diable faut-il toujours qu’un groupe faisant la première partie d’un groupe US se fasse massacrer le son ? L’ingénieur du son de Symphony X étant derrière la console pendant le set des français, celui-ci fait ce qu’il veut… N’y avait-il pas moyen de pousser un peu la guitare de ce pauvre Didier Chesneau, qui est un super gratteux, en tournant légèrement vers la droite le potard ? Dommage qu’aucun de ses très inspirés soli n’aient pu être entendus que par les premiers rangs recevant le son des amplis de scène… Ceci dit, le style de Headline n’a rien de vraiment transcendantal, même si ça joue très bien et que Sylvie Grare est assurément une bonne chanteuse ; mais (c’est un avis strictement personnel) sa voix manque d’envergure pour ce style de métal et le bassiste est un pur poseur... presque risible ! Une bonne première partie en tout cas, appréciée par les purs amateurs du genre, vu l’accueil réservé à nos frenchies…
Après quelques minutes d’attente, la lumière s’éteint, et là, on bascule dans une autre dimension : Michael Romeo est-il réel ou est-ce une certaine idée de la perfection guitaristique qui s’est incarnée en ce mec devant nos yeux ? Après l’intro classique de Symphony X, le concert commence par un Inferno (Unleash The Fire) des familles, et voilà la première claque de la soirée : on reste médusés devant la maîtrise instrumentale et technique des musiciens, mais aussi devant la grande qualité vocale de Russel Allen, qui est très en forme ce soir, n’hésitant pas à sérieusement déconner entre les morceaux, dernière date de la tournée européenne oblige…
Ne nous laissant pas reprendre notre souffle, le groupe enchaîne avec Wicked puis Evolution… Tout le public est aux anges et réserve au groupe l’accueil qu’il mérite ! Il faut dire que ça cartonne sévère, grâce à la basse atomique de Michael Lepond ainsi que le superbe et très inspiré jeu de batterie de Jason Rullo, impressionnant en double grosse caisse.
On enchaîne avec Communion And The Oracle, King Of Terrors, Out Of Ashes, puis vient l’instant magique d’Accolade I & II, où Russel Allen peut donner toute la mesure de ses capacités mélodiques vocales : on en a encore des frissons !
Le groupe finit de nous botter le cul avec Smoke And Mirrors, Sea Of Lies / Of Sins And Shadows, où Michael Romeo nous sort des tappings dont lui seul a le secret… Comment peut-on être aussi bon avec une guitare sans être un élu des dieux du métal ?! Russel Allen nous démontre aussi qu’il est un très bon performer / entertainer comme on dit chez eux, en jouant avec le public, le faisant participer à une espèce de jeu de celui qui gueulera le plus fort… Fun…
Le groupe se retire alors pour souffler, mais réclamé à corps et à cris par le public, revient nous donner le coup de grâce avec le très long The Odyssey (et comme dit le proverbe : plus c’est long, plus c’est bon) en rappel. Visiblement heureux d’en avoir terminé avec cette tournée européenne, le groupe peut recevoir une superbe ovation, saluant longuement le public. A signaler : ces mecs, tout en étant d’excellents musiciens, n’ont pas chopé le melon : ils signeront pendant une heure des autographes devant leur bus avant de se casser…
Vivement la prochaine tournée !!!

Will Of Death

 

Opeth + The Old Dead Tree au Biebob, 26 septembre 2003

 

Après avoir subjugué tout le monde avec Damnation, l’album calme du groupe, Opeth se devait de refaire une apparition après la tournée Deliverance, pour interpréter sur scène ces petites pièces magnifiques. Et bien, tous ceux qui étaient présents ce soir peuvent dire qu’ils n’ont pas été volés. Opeth était le maître à bord et personne n’est près de les surpasser en ce qui concerne l’émotion dégagée sur scène. Set-list classique mais très efficace, Opeth commence par passer en revue Damnation d’une seule traite avec une mention spéciale pour l’impro de 4 minutes à la fin de Closure, impressionnant !!! L’esprit rock 70’s est bel et bien présent. Un grand bravo aussi à Per Wiberg (Spiritual Beggars) qui accompagne le groupe au clavier et nous gratifie d’un solo superbe de mellotron sur "In my time of need". Opeth poursuit ensuite avec les morceaux calmes de tous ses albums, "Benighted" en tête. Le grand moment de cette deuxième partie du show est surtout la reprise de "Soldier of Fortune" (Deep Purple), où Mickael Ackerfeldt démontre qu’il n’a rien à envier à David Coverdale…Le groupe s’en va après "Face of Melinda", mais pour revenir une dernière fois pour jouer "Harvest", aaahhhh !!! ; chose surprenante car le groupe l’a jouée peu souvent sur scène (voire jamais). Ravi et comblé, tel était le public à la fin de ce superbe show fort en émotion. Opeth maîtrise et vient de démontrer une fois de plus son énorme talent, était-il encore nécessaire de le faire ? Un concert inoubliable.

Set-List :
Windowpane
In my time of need
Death whispered a lullaby
Closure
Hope leaves
To rid the disease
Ending credits
Weakness

1er rappel :
Benighted
To bid you farewell
Soldier of fortune (Deep Purple cover)
Face of melinda

2ème rappel :
Harvest

Pierre-Antoine

 

Festival de Raismes, 13 septembre 2003

 

Comme depuis 6 ans maintenant, le festival de Raismes qui ne cesse de prendre de l'importance puisqu'il se déroule sur deux jours depuis l'an dernier, s'est déroulé dans une ambiance bon esprit et chaleureuse dans le grand parc du chateau de la Princesse de la Base de Loisirs de Raismes : un grand carré de verdure qui fut envahi vers 15h par une horde de métalleux chevelus ou non, de tous les âges, de tous les sexes et de presque tous les horizons (goths, hardos, blackos et fans de heavy), voguant entre les marchands de kebabs, les stands de CDs (à bon prix) ou s'agglutinant autour du "kiosque à bières" dressé près de la scène. Cette année, l'affiche de la journée "metal" du festival était peut-être moins alléchante que les années précédentes pour le public du Nord : excepté Freak Kitchen, décidèment très populaire, et Evergrey (qui monte qui monte), le reste des groupes n'étaient pas de grosses pointures et il y avait un peu moins de monde que pour SUP, Pain of Salvation et Edguy en 2002.
16h30 C'est à Alkemyst, groupe français épaulé par la présence (salutaire ?) du chanteur de Secret Sphere, toujours aussi exubérant dans ses moules-bonbons des années 80 et sa chemise ouverte sur son torse velu d'italien, de débuter cet après-midi placé sous le signe du metal. Quelques problèmes de sons (toujours dur de commencer un festival) viendront rendre un peu criards les solos peu inspirés mais bien faits du guitariste, tandis que du côté criard, le chanteur de Secret Sphere ne se débrouille pas trop mal pour vriller les tympans. Dans l'ensemble, un groupe pas trop mauvais dans la trempe de Secret Sphere.
17h15 Les Lillois d'Amartia investissent la (trop?) grande scène pour offrir leur metal atmospherique qui repose les oreilles : un groupe en place qui requiert cependant encore un peu d'expérience pour avoir davantage de présence scènique. Leur musique reste assez proche des premiers The Gathering avec Anneke (le guitariste ne s'en cache pas), surtout avec une chanteuse qui évolue entre cette dernière et Cristina Scabbia, mais manque un peu de personnalité.
18h00 Pendant que les sympathiques membres d'Evergrey signent quelques autographes ou se font un foot dans le parc du château, les hollandais tout en noir d'Epica font leur entrée. Un schéma un peu courant maintenant (chanteuse lyrique, hurleur et esprit goth), mais qu'ils manient avec un certain savoir-faire : pour preuve, le guitariste-hurleur en titre n'est autre que l'ancien guitariste d'After Forever, et le groupe se fendra même d'une reprise de ces derniers, "Follow In The Cry", joué et interprêté parfaitement. Les hollandais de Epica n'ont presque rien à envier de leurs aînés de Within Temptation ou Nightwish tant leur présence scénique n'est plus à parfaire et leur habileté à rendre en live les ambiances du disque est presque sans défaut, malgré quelques problèmes de gestion du son et surtout des graves... Un excellent groupe à suivre de près.
19h15 Le temps de faire un tour près des CDs d'occaz et de se boire une ou deux bières, et c'est au tour de Sun Caged, groupe qualifié de Progressif metal, style à double entrée : soit c'est un groupe de fous qui font de la super musique (comme Symphony X ou Pain of Salvation), soit c'est un groupe de fous qui reste classique. Et c'est malheureusement la deuxième solution. Sun Caged est un bon groupe de très très bons musiciens, mais plus l'heure passe et plus on regrette que les programmateurs n'aient pas inversé avec le groupe d'avant. Une bonne prestation pourtant, qui a sûrement ravi les puristes du progressif.
20h45 C'est bientôt au tour des grandes stars de cette affiche de monter sur scène, et le public, jusqu'ici disséminé, se rassemble peu à peu devant la grande scène avec fébrilité. Les fans se sont déplacés en masse pour voir la bande à Mattias "Goody Goody" IA Eklund clouer tout le monde par sa technique fraîche et imparable. Comme le dira ce dernier, bavard et déconneur invêtéré qui fera autant marrer la foule qu'il la fera jubiler, la musique ne doit pas se tenir à une ligne droite. La prestation de Freak Kitchen, encore plus étiolée et recherchée que deux ans plus tôt au même endroit, aura véritablement été le clou du festival, entre les changements de bonnet du bassiste qui saute partout, l'impressionnant batteur que l'on voit parfois émerger de derrière son kit et les frasques du guitariste-chanteur. Faire la liste de toutes les élucubrations de ces derniers serait trop long, mais Freak Kitchen est un groupe à voir absolument en live !!!!
22h30-45 Il fait noir depuis longtemps et le temps se rafraîchit assez vite, tandis que la fatigue se fait ressentir un peu partout. En tous cas, c'est devant un peu moins de monde que se produiront les grands hommes en noirs d'Evergrey (et surtout le très très grand Tom S.Englund), et là, c'est une véritable explosion de son qui déchire les enceintes, et ce son beaucoup trop élevé empêchera d'apprécier à fond la maîtrise quasi-totale des musiciens qui fait que le rendu sur scène est presque identique à celui du cd. Le groupe ne jouera pas la totalité du dernier album, mais les morceaux phares : "Blinded", "Recreation Day", "Fragments", "The Great Deceiver", "End Of Your Days" et surtout "I'm Sorry", que le grand Tom dédiera à Anna Lindh, ministre des affaires étrangères de Suède, et contre la violence, ainsi que quelques morceaux de "In Search Of Truth" et des deux premiers albums. Evergrey, pro jusqu'au bout, proposera même au public de les retrouver à la fin du show pour une séance de dédicace. Un groupe qui deviendra très bientôt grand...
Bientôt 1 heure du matin, alors que quelques festivaliers des deux jours s'engouffrent dans leurs tentes dressées dans un coin du parc, le site du château de la Princesse se vide peu à peu et se prépare à vivre une deuxième journée
En espérant que la fréquentation augmentera encore les années suivantes, voilà en tous cas un festival que les métalleux du nord ne devraient pas rater...

Anne-Céline

 

Belgian Doom Night 2003
Skepticism + Insanity Reigns Supreme + Pantheist + Despond + Cambian Dawn + Until Death Overtakes Me
Samedi 19 avril Club Mundo, Zottegem, (Belgique)

 

Pluvieuse et grise soirée que celle de ce 19 avril ; après un long périple à travers les pâturages belges, nous arrivons finalement à Zottegem, bourgade ferroviaire sans âme ni intérêt, recroquevillée autour de son centre ville désert, constituée à première vue d’une unique rue piétonnière. A quelques dizaines de mètres de là se dresse entre une friterie et une gare désaffectée le club mondo, petite bâtisse de couleur vive, où se déroule déjà dans une salle sombre et inévitablement enfumée ce qui s’avérera être cependant un des hauts faits d’armes du mouvement doom sur scène cette année. Arrivés malheureusement trop tard pour profiter du funeral doom ascétique de Until death overtakes me (remplaçant au pied levé Fall of the grey winged one, autre projet du même homme, Stijn, éminence grise de la scène doom belge), nous nous contenterons de recommander instamment l’écoute des deux superbes démos et du premier album « Prelude to monolith » du groupe, odes planantes et minimalistes au désespoir sur lesquelles nous reviendrons . Cambian dawn, lui, va radicalement modifier l’ambiance en nous assénant sans pitié son stoner doom dynamique et entraînant, très influencé par un Cathedral post « forest of equilibrium », ou encore par un Electric wizard toute première époque, infiltré par de larges touches rock plus conventionnelles mais néanmoins fort agréables. En un mot : convaincant, et en deux : à suivre. Après une pause repas au proche gastronome précédemment cité, nous découvrons avec surprise Despond, évoluant lui dans un doom death mélancolique influencé de manière évidente par les anciens My dying bride , mais néanmoins personnalisé par des riffs plus durs et plus lents, délestés de claviers trop évidents. Bien bonne surprise dans tous les cas, ce groupe présente donc lui aussi une personnalité évidente et instaure une tension préalable idéale annonçant LA révélation de la soirée : Pantheist. Ce groupe belge, pour lequel la soirée commentée ici représentait le lancement de son premier album « o solitude » , nous livra un set à l’ambiance mystique et fascinante, au cours duquel l’intégralité de l’album précité fut évoqué. Evoluant dans le registre d’un funeral doom très lent et très travaillé, bénéficiant de la présence de très nombreux arrangements néoclassiques du meilleur goût, ce groupe fut sans conteste l’un des plus impressionnants, et est promis à n’en pas douter à une reconnaissance rapide et unanime. Mention spéciale à « Envy us » , durant laquelle le groupe procède à une refonte réussie et respectueuse de la 7e symphonie de Beethoven, tout en évitant l’écueil du massacre métallique. Quelques minutes plus tard, le ciel va néanmoins s’assombrir, et pas dans le meilleur sens du terme, avec la prestation parodique de Insanity reigns supreme, toute en pentacles sumériens, candélabres IKEA, et cris de gorets. Ce groupe culte ne nous a donc pas convaincu sur scène, pas plus que son doom death poussif et répétitif au possible. Trop bourrin pour le cadre de cette soirée ambiante et recueillie, le groupe sembla néanmoins recueillir les suffrages des plus furieux d’entre nous. En bref, peut être à découvrir sur disque…

Enfin s’annonça l’attente décisive nous séparant du show de Skepticism . Petite explication préalable : ce groupe finlandais représente ce que le doom peut engendrer de plus intéressant et original, tant au niveau instrumental (l’utilisation de l’orgue et de la guitare est ainsi très peu conventionnelle, la voix gutturale se rapproche plus du soupir que du cri), de plus angoissant ( l’atmosphère indescriptible qui en résulte est la plus suffocante que l’on puisse imaginer),de plus lent, et de plus mystérieux ( Qui sont ces gens capables de produire une telle horreur ? Qu’est ce qui peut motiver et expliquer cela ? ). Etant réfractaires aux appareils photos, et aux interviews en général, à quoi pouvait on s’attendre ?

Au bout d’une demi heure , nous vîmes quatre hommes en costumes sombres et chemises blanches , plus proches en apparence du cadre diplômé que des monstres auxquels nous pouvions nous préparer, fendre la « foule » et s’installer sur scène . Aucun mot ne fut prononcé. On peut être tenté de décrire ce qui suivit plus comme une expérience religieuse que comme un vulgaire concert. Un organiste cadavérique, suintant le malaise et la maîtrise de son art, consumant clope sur clope, pianotant d’un air désabusé, produisant des sonorités tantôt sourdes, tantôt dignes d’un requiem ; un vocaliste au bord de la rupture, les yeux rougis par la tension, par la concentration, et sûrement par beaucoup d’autres choses…un percussionniste dont la moindre frappe (et elles sont rares) vous retourne le ventre, et enfin un guitariste discret gelant de ses lents phrasés les quelques centimètres de mercure restants. La réaction du public, quoique interloqué, fut respectueuse et attentive, quelques applaudissements résonnant à la fin de chaque morceau (soit une fois tous les quarts d’heure). On ne peut blâmer celui ci : la musique de Skepticism est une abomination, très perturbante , peu encline aux démonstrations physiques et de toutes manières très éloignée du métal. L’impression d’une représentation théâtrale ne nous quitta à vrai dire pas un instant, renforcée par un éclairage latéral blafard mettant en évidence la transe des musiciens durant toute la durée du show. Les murs et les jambes tremblant sous la puissance de l’orgue, la fin du concert (1h10) nous laissa choqués. On peut d’ors et déjà affirmer que les morceaux de « farmakon », arlésienne prévue depuis octobre, ne dépareront pas aux côtés des classiques que sont « the march and the stream » , « the everdarkgreen » ou « aether ». On souhaitera donc bon courage aux dépressifs qui pouvaient être présents parmi nous ce soir là.

Matthieu

 

Soulfly + No Flag 15 Mars 2003 à l'Aéronef (Lille)

 

Ce n’est pas peu dire que la venue de la Soulfly Tribe était attendue non sans une certaine nervosité, la présence de 1800 metal freaks à la dédicace organisée à la FNAC l’après-midi même en témoigne (du jamais vu selon le responsable de la sécurité…), les gars de Soulfly signant allègrement posters, guitares et se prêtant sans sourciller au jeu des photos…
On attendait donc avec impatience le concert du soir, et on n’a pas été déçu ! A part sur un point : le temps de jeu : putain, 1 heure, c’est trop court ; faut arrêter de se foutre de la gueule des fans qui en chient parfois pour se payer leur place !!! Mais voyez ça avec Gloria Cavalera la toute puissante (on ne vous en dira pas plus)…
Mais revenons au concert : c’est à No Flag, le groupe local de power-hard-core qu’incombait la tâche de chauffer la salle. Mission totalement accomplie vu le moshpit totalement en feu dès les premiers accords. Faut dire que les gars assurent grave et arrivent à communiquer leur bonheur de jouer devant 2000 personnes ; chapeau bas et à bientôt !
C’est donc devant un parterre chauffé à blanc (vous avez déjà vu un public slammer et pogoter sans musique en attendant un groupe, vous ???) que Soulfly fait son entrée sur un Downstroy apocalyptique, toute la salle étant prise à ce moment-là d’un jump collectif…excellent !
Soulfly passe en revue les titres les plus violents de ses albums, sans oublier les parties tribales (Umbabarauma, Zumbi avec les traditionnels percus brésiliennes jouées par le groupe au complet) et cerise sur le gâteau 5 titres de Sepultura (Roots Bloody Roots, Arise/Dead Embryonnic Cells, Chaos AD, Territory) particulièrement dévastateurs. On serait d’ailleurs cru à un concert de Soulpultura, tant ces titres reprennent toute leur envergure quand ils sont chantés par Max, ne faisant d’ailleurs que nous faire regretter davantage le split de Sepultura !
C’est sur une reprise de Nirvana (Territorial Pissings) hyper boostée et bien punk que s’achève ce bon concert (décidément trop court, putain !!!) ; les gars, vous revenez quand vous voulez nous botter le cul !!!

Will Of Death

 

Opeth + Madder Mortem 5 Mars 2003 au Biebob (Vosselaar)
Opeth + Madder Mortem + Ellipsis 6 Mars 2003 au Splendid (Lille)

 

Le qualificatif de "génie" est-il usurpé lorsque l’on parle de metal extrême ? Ne doit-on l’appliquer qu’à la musique classique, à la peinture ou à toutes autre forme d’art qui ne s’affilie pas à la modernité ? Et bien moi je dis non, car les musiciens d’Opeth, et Mickael Ackerfeldt en tête, sont des représentants, des icônes vivants de ce que l’on fait de mieux en musique. Non, non je n’en fais pas trop. Les prestations de ces deux soirs, ainsi que la carrière discographique du groupe nous le prouvent encore une fois.
Présent uniquement en France, ELLIPSIS ouvre ce concert de Lille devant un parterre d’au moins 10 personnes, intelligent de faire jouer un groupe 30mn avant le début du concert. Enfin, bref la prestation fût convaincante, le son correct et les musiciens en forme, que demander de mieux ? Qui a dit du public ?
Puis c’est au tour de Madder Mortem, autant en Belgique qu’en France, ce groupe ne convainc pas vraiment. Les morceaux sont en place, les musiciens, et la chanteuse en tête, font tout leur possible pour haranguer la foule mais la sauce (madder (ndw : putain PA, tu nous l’as déjà faite avec Medication !!)) ne prend pas vraiment et au bout de 4 morceaux le public sent la fatigue s’abattre sur ses épaules. Seul la chanson Breaker Of Worlds, véritable hit du groupe, sauve le concert et nous fait dire qu’il y de l’espoir chez Madder Mortem.
Après un break de 20 minutes les messies arrivent enfin sur scène, et enfin le public réagi, enfin je parle du Biebob pas de Lille car là l’ambiance ne fût pas à son top, sauf lors de la célébration de l’anniversaire de Peter Lindgren où tout le public reprend en cœur un happy birthday mérité. Quoiqu’il en soit, Belgique 1 France 0. A quand la revanche ? Trêve de bavardage, et que dire de la prestation scénique du groupe ? A votre avis ? Set-list parfaite (voir plus bas) guitares au poil, basse carrée, batterie surexcitée, et M. Ackerfeldt qui ne cesse de mettre tout le monde à genoux de par sa voix magnifique et ensorceleuse. Ce cher monsieur, au demeurant extrêmement gentil, se lache entre les chansons et nous sort quelques blagues plutôt sympas… Comme quoi on peut-être heureux et faire de la musique dépressive. Toutes les meilleures chansons du groupe s’enchaînent à merveilles et sont parfaitement mise en exergue par un très bon son. Les lights sont très belles, ici par contre victoire de Lille qui permet à Opeth de déployer tout son matériel car la salle est bien plus grande. Que dire de plus sans être pompeux, Opeth sur scène c’est tout simplement parfait et même deux soirs de suite, peu de changement, si ce n’est l’ambiance, entre les deux soirs, mais toujours une énorme joie de voir les maîtres suédois, merci les mecs. Revenez quand vous voulez…

Set-List : The Leper Affinity - Advent - Deliverance - Godheads Lament - Creedence - Serenity Painted Death - A Fair Jugdment - Rappel : Demon On The Fall

Pierre-Antoine

 

Paradise Lost - Samael - Cathedral + Without Face - Autumn – Tapping The Vein à l'Hof-Ter-Loo (Belgique) 1/03/2003

 

Etant arrivé plus ou moins volontairement en retard, je suis obligé de faire l’impasse sur la prestation des trois premiers groupes. Au dires des autochtones, les prestations ne furent pas mémorables, à part peut-être un petit plus pour Without Face.
Le gros du concert de ce soir commence avec Cathedral, et mon dieu que ça commence bien. Leur stoner doom-metal envahie la salle et la fait réagir comme un seul homme. La transe commence. Lee Dorian est envoûtant à souhait et sa gestuelle, toujours aussi spéciale, fait frissonner comme jamais, cet homme est un vrai mort vivant. Empty Mirror, Pheonix Rising, mais surtout Ebony Tears nous offre notre lot d’élévation musicale, la salle est transportée et vibre à chaque note. Le concert se clôt sur Lee mimant de se pendre avec le jack du micro, toujours aussi sympa. Ah ces métaleux les rois de la gaieté !
C’est maintenant au tour de Samael, et de son génial électro blak futuriste. Et que dire de leur prestation ? Je crois que je ne vais pas m’évertuer à essayer de la décrire car les superlatifs me manqueraient. Qu’elle claque mon dieu, tout débute avec une superbe intro où un écran, qui diffuse des images psychées, à pris place, puis le concert commence, et dès le début Vorph pourtant assis sur un tabouret, car blessé à la cheville, met le feu à la salle où le public est maintenant en grand nombre. Together, Year Zero, Cross, Supra Karma, Infra Galaxia, Rain, Shining Kingdom , Ones Who Came Before, tout les plus grand titres y passent et ne finissent pas d’épuiser la salle. Seule Baphomet's Throne, manque à l’appel, dû aussi à un manque de temps. Mais il n’y a rien à dire, Samael c’est le groupe à voir sur scène ! Surtout comparé à Paradise Lost, qui non sans se donner à fond, n’arrive pas à leur cheville. Surtout dû au manque flagrant de charisme et de voix de Nick Holmes, c’est vraiment dommage. Leur nouvel album est excellent et passe très bien le cap de la scène notamment grâce à un Gregor Mackintosh qui se donne à fond et à une playlist parfaite (As I Die, yeah ! ! !), mais vraiment y’a rien à dire, Nick Holmes est à la traîne. Samael vainqueur par K.O

Pierre-Antoine