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X-MAS FESTIVAL / Anvers (Belgique) – Hof ter Loo - 19 décembre 2004
MARDUK – NAPALM DEATH – UNLEASHED – DARK FUNERAL – FINNTROLL – VADER – BLACK DAHLIA MURDER – BELPHEGOR – SCARVE

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Voici donc le festival de cette fin d’année qui se termine et pour une fois, le sentiment est mitigé. Pourtant, sur le papier, nous pouvons dire que nous avons été chanceux, car comme c’était la dernière date de la tournée, Unleashed, Dark Funeral et Scarve avaient été ajoutés à l’affiche initiale. Mais franchement, on avait déjà connu mieux. Ou plutôt, peut-être que tous ces groupes reviennent trop souvent à l’affiche soit du X-Mas soit du No Mercy. Et puis, franchement, la présence de Finntroll, on aurait pu s’en passer, mais nous y reviendrons…

SCARVE : Arrivés vers 13 h 40, nous loupons les 3 premiers titres de nos frenchies, qui atomisent comme à leur habitude maintenant une salle à moitié remplie. Les gars sont en pleine forme et remplissent parfaitement leur contrat grâce à leur death technique. La fosse n’est pas encore un champ de bataille mais ils reçoivent toutefois un très bon accueil d’une salle où il y a, c’est vrai, quand même pas mal de Français. Ceci dit, il semblerait que, malgré un son désastreux en juin dernier, le passage du groupe au Graspop ait porté ses fruits, vues les mines réjouies de nos voisins mangeurs de frites. De plus, pour une fois, ils bénéficient d’un son digne de ce nom. Première grosse ovation à la fin du concert et ce n’était pas évident, vue l’heure ! Ceci dit, maintenant, on attend un nouvel album, les gars, pour que le show puisse se renouveler un peu !
Set-List: An Emptier Void – The Path – Fireproven – Mirthless Perpectives – The Perfect Disaster – Emulate The Soul – Asphixiate – Molten Scars – Irradiant

BELPHEGOR : Enfin, nous allions pouvoir voir ce que ce groupe, qui nous a pondu cet extraordinaire “Lucifer Incestus” l’an dernier, pouvait bien donner sur scène. Et nous n’avons pas été déçus, car ce sont de sacrés musiciens. Leur death black de folie passe comme une lettre à la poste, et le chanteur Helmuth dégage un véritable charisme sur une scène. Les premiers slams apparaissent tandis que nous avons même droit à un nouveau titre, tiré de l’album qui va sortir en février, dont je n’ai pas retenu le nom, mais qui présage encore du meilleur… C’est par un cataclysmique « Lucifer Incestus » que se termine le show du groupe, qui a eu la délicatesse de me demander à la fin du concert mes photos pour les publier sur leur site, ce qui est fait d’ailleurs ! (www.belphegor.at)

BLACK DAHLIA MURDER : On pouvait bien se demander ce qu’un groupe comme ça pouvait faire sur une affiche aussi brutale, très orientée black. Les gars avaient la réputation d’un groupe plutôt hardcore, mais au final, c’est à un groupe de death core aux accents « Suffocationiens » auquel nous avons eu droit. La musique du groupe est particulièrement brutale et lorgne souvent vers le thrash, ce qui n’est pas pour déplaire à un public qui n’attendait que ça pour lancer les mosh-pits. Même si les mecs ne ressemblent à rien sur scène, leur dextérité fait le reste et ils récoltent une bonne réaction du public. N’oublions pas toutefois que l’an dernier à la même époque, c’est à Pro-Pain que nous avions eu droit et que ça avait été l’hystérie complète dans la fosse. Et de plus, les fans de Napalm Death sont là aussi aujourd’hui et BDM aura donc été un parfait groupe pour s’échauffer avant la venue des maîtres du grind.

VADER : Aussi bizarre que ça puisse paraître, je n’avais encore pas eu l’occasion de voir le groupe polonais sur scène, alors qu’ils sont des forçats de la route ! Et puis, quand on est venu avec un mec qui s’appelle Bruno (le chauve dans les photos), qui est devenu au fil du temps limite un proche du groupe (auquel le groupe offre un t-shirt pour sa fidélité), on se dit qu’il va se passer quelque chose ! C’est donc en suivant un Bruno légèrement enfumé (!!!) que je ma dirige vers la fosse aux photographes, pour suivre un concert qui aura été LA claque du festival ! Putain, quel groupe, nom de dieu ! D’une précision chirugicale, les quatre Polonais nous ont offert une prestation cataclysmique, à coup de brutal death au son parfait, nous présentant 3 morceaux du nouvel album, The Beast, pour finir sur la désormais traditionnelle reprise du « Raining Blood » de SLAYER, dont on se demande encore comment ils font pour la jouer plus vite que l’originale avec une telle précision. Quand on pense en plus que Peter, le guitariste chanteur, joue avec un corset pour lui maintenir le dos, je n’ai qu’une chose à dire : respect ! Et promis, lors de la prochaine tournée en tête d’affiche, j’y retourne pour avoir du rab, mais à une seule condition, que Novy change de look, car là, ça fait pitié pour un groupe de death !
Set-List (dans le désordre, sorry !) : Out Of The Deep, Dark Transmission, Silent Empire, Reborn In Flames, Carnal, Choices, Cold Demons, Wings + Raining Blood (Slayer cover) en rappel

FINNTROLL : Bon allez, voici pour moi la plaisanterie de la journée. Même si je ne suis pas un true black métalleux, pour moi, l’essence du black, c’est le côté evil, malsain. Déjà sur disque, le groupe ne m’a jamais enthousiasmé et là, sur scène, ça en devient pathétique. Les folkeries sont bien jouées, certes, mais au bout de 2 morceaux, je n’en peux plus, et je ne suis pas le seul, puisque le bar de l’Hof Ter Loo se regarnit très vite pendant le set de ces rigolos. De plus, à la fin du concert de Napalm Death, je discute avec Barney, le chanteur, et il me dit que ces mecs n’ont pas arrêté de se plaindre de toute la tournée et qu’il était temps qu’ils retournent voir leurs mères ! lol… Ambiance. Bref, passons !

DARK FUNERAL : Heureusement, DF allait venir de suite remettre les pendules à l’heure ! Même si le look des musiciens peut là aussi paraître pathétique, leur musique est d’un tout autre calibre et le chanteur Emperor Magus Caligula est un véritable showman, bien qu’il n’en fasse heureusement pas trop ! Des titres comme « The Arrival Of Satan’s Empire » ou « An Apprentice Of Satan » sont toujours de véritables brûlots en live mais que dire de ce « Open The Gates » nihiliste réclamé par tout le public, qui finit de nous anéantir ! Un concert parfait, donné par une des légendes du black suédois, qui aura déclenché des vagues de pogos dans la fosse, chose finalement assez rare lors d’un concert de black. A revoir là aussi avec un show plus conséquent… Et Finntroll peuvent aller se rhabiller !

UNLEASHED : N’y allons pas par quatre chemins, nous attendions au tournant la bande à Johnny Ekhlund, tant le dernier album, Sworn Allegiance, nous avait plu ! Et au final, c’est à une prestation beaucoup trop linéaire à laquelle nous avons eu droit. Le problème, c’est que toutes les chansons sont jouées sur le même rythme, sans beaucoup de breaks pour relancer la machine. Alors, même si le groupe exécute parfaitement ses titres, ça tourne assez vite en rond. Une grosse déception en ce qui me concerne, même si évidemment, nous aurons quand même pris notre pied sur des titres comme « Winterland », parfait pour ouvrir le concert, ou encore le désormais culte « Into Glory Ride » ! Au final, nous aurions aimé que VADER puisse jouer aussi longtemps qu’UNLEASHED, et pas le contraire !
Set-List : Winterland, Destruction (Of The race Of Men), To Asgaard We Fly, Victims Of War, Shadows In The Deep, Death Metal Victory, Berserk, Don’t Want To Be Born, Hell’s Unleashed, Attack !, Long Live The Beast, Into Glory Ride, The Longships Are Coming, Neverending Hate

NAPALM DEATH : Aaaaahhhhhhh ! Enfin ! Oui, enfin, car un an sans concert de Napalm, c’est comme un couscous sans merguez, aucun intérêt ! Et là, ça faisait deux ans, alors, c’est limite comme si on nous avait enlevé la semoule en plus !!!! Et là, en plus, d’être aux premières loges pour prendre les photos, c’est encore plus le pied… Barney est de nouveau venu faire son footing malgré un genou dans le pâté et ce bon vieux Shane Embury qui se dégarnit de plus en plus a toujours ce son de basse aussi crade. C’est trop bon, d’autant que le groupe est très en forme, dernière date de la tournée oblige. Dès le début du set, la fosse n’est plus praticable et devient même carrément dangereuse, pour peu que l’on se prenne un slammer sur la gueule alors qu’on est en train d’essayer de shooter la photo ultime de Barney ! Difficile parfois d’être le photographe de Noiseweb… Mais encore une fois, que c’est bon le Napalm servi comme plat de résistance ! Putain, comment résister à des titres comme « Instinct Of Survival », « Suffer The Children » ou encore ces bonnes vieilleries telles « Scum » ou encore le mythique « Breed To Breathe » ? Prié au bout de 3 morceaux de déguerpir de la fosse pour des problèmes de sécurité évidents, c’est de la salle qu’on apprécie encore mieux le set des Anglais. De leur dernière production en date, ils joueront la reprise de CRYPTIC SLAUGHTER, « Lowlife », où Mitch Harris donne de la voix. Autant la prestation d’Unleashed fut poussive, autant là, on ne voit pas le temps passer ! ENORRRRMMMEEEE ! Vivement la prochaine tournée et le nouvel album, dont deux titres furent joués ce soir et qui, croyez-moi, vont encore rejeter la concurrence à des années-lumière de la constellation de Birmingham !
Set-List : Instinct of Survival, Unchallenged Hate , Continuing the War on Stupidity, Narcoleptic, Lowlife (Cryptic Slaughter cover), Take the Poison, Next on the List, Suffer the Children, Breed to Breathe, Code is Red, From Enslavement to Obliteration, Scum, Life?, The Kill, Deceiver, You Suffer, Blind Justice, Silence is Deafening, Nazi Punks Fuck Off (Dead Kennedys cover), Siege of Power.

MARDUK : Qu’allait bien pouvoir faire le groupe de black norvégien après une telle boucherie ? On craignait le pire, mais c’était sans compter sur la troupe de Morgan Håkansson ! Ce groupe, comme son imagerie et ses vues politiques le décrivent, est une véritable machine de guerre à riffer. Et enfin, ils ont un chanteur en corrélation avec ce que doit être le black : l’incarnation de la haine ! Mortuus, le nouveau chanteur, est pour moi le mec le plus hideux et haineux qu’il m’ait été donné de voir sur scène, et en plus, au niveau vocal, il ne fait pas semblant ! Ses parties de chant sont littéralement arrachées à ses cordes vocales, passées au barbelé… Du grand art satanique, où les mid-tempos sont un peu plus présents que par le passé, ce qui rend la prestation du groupe encore plus pesante. Les éclairages par derrière rendent grâce au groupe, même si ce n’est pas évident à prendre à photo, parvenant à créer une ambiance assez surréaliste. Une excellente surprise en tout cas, qui confirme tout le bien qu’on a pensé du nouvel album sous forme de retour aux sources, Plague Angel. A revoir dès le mois de mars pour la tournée européenne !

Conclusion : un bon festival, mais sans plus. A l’avenir, gageons que de nouveaux groupes seront à l’affiche, bien que Vader et Napalm Death aient quand même tout déchiré ! Prochaine étape : le No Mercy avec Six Feet Under et surtout NILE, en mars !

Will Of Death

DISSECTION + Watain / Salle Alfa – Brakel (Belgique) - 11 Décembre 2004

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5 semaines après nous être rendus au Tatoo The Mind Festival, nous avions donc la possibilité de revoir la bande de Jon Nödtveidt, et enfin, de pouvoir acheter ce fameux t-shirt de la tournée, pour lequel j’ai failli me prostituer auprès de Tonton de VS ! Et une fois de plus, la musique enivrante de DISSECTION ne nous aura pas déçus…

Tout d’abord, la salle Alfa ressemble plus à un bunker qu’à autre chose, pouvant contenir 450 / 500 personnes et on craint le pire question acoustique. Initialement, cette date en Belgique devait avoir lieu à Sint-Lievens-Houtem, dans une salle deux fois plus grande, mais faute de disponibilité, le concert a dû être déplacé à Brakel. Or, les organisateurs ont eu la bonne idée de ne pas pousser les enceintes à fond, et les deux concerts ont été parfaitement audibles. Premier bon point. Deuxième bon point, comme d’hab’, les organisateurs de concert belges ne prennent pas les métalleux pour des vaches à lait, et les mousses se négocient autour de 1,50 € ! On est très loin des 3 € pratiqués en France ! Enfin, 3ème bon point, Dissection nous a encore régalé ce soir !

Vers 20h30, c’est le groupe allemand WATAIN qui se voit attribuer le privilège d’ouvrir la soirée, devant une salle blindée. La lumière s’éteint et tout à coup, une odeur pestilentielle envahit les premiers rangs ! Qu’est-ce que c’est que ça ? En fait, WATAIN vient d’inventer un nouveau concept : le concert métal en odorama ! Renseignements pris à la fin du show, c’est en fait le sang que les musiciens ont répandu sur leur corps et que le chanteur a bu (!) qui chlingue comme ça, puisque ça fait 2 mois que ça macère dans une bonbonne spéciale ! Incroyable… et novateur, sauf qu’on se demande bien si les mecs ne vont pas chopper un scorbut ou une autre maladie à force de se foutre ça sur le corps. Limite gerbant. Ce côté crade est accentué par le look incroyable du nain chanteur, fait de loques dégoulinantes et de cheveux passés dans les cendres ! Côté musique, par contre, rien de bien extraordinaire : WATAIN évolue dans un black basique, parfois bien heavy grâce à de nombreux passages mid-tempo. En fait, on a l’impression d’écouter un vieil album de BATHORY, qui se serait acoquiné avec CARPATHIAN FOREST. Le groupe, très bon sur disque, ennuie une partie du public assez vite, mais arrive aussi à récolter les suffrages de l’autre moitié de la salle, réceptive à cette froideur et à cette violence… odorante ! C’est bien là le principal pour le groupe, qui se casse au bout de 45 minutes, pour laisser la place aux maîtres de cérémonie, j’ai nommé DISSECTION !

Côté set-list, aucune surprise, c’est la même que celle que Jon et sa bande ont joué au Tatoo The Mind Fest (il vous suffit de regarder plus bas…). Mais le groupe assure toujours aussi bien, même si on sent un enthousiasme un peu moins grand de la part des zicos ; après tout, ça fait 5 semaines non-stop que le groupe ravage l’Europe ! Mais comment résister à des morceaux tels que « Unhallowed », « Elizabeth Bathory » et surtout ce « Somberlain » d’anthologie, joué en rappel, pour le plus grand bonheur de notre Pierre-Antoine noisewebien national, en train de devenir aphone à force de le réclamer !? DISSECTION est une machine de guerre implacable, composée de musiciens tous plus talentueux les uns que les autres, avec surtout un frontman, Jon Nödtveidt, au charisme et à l’aura dévastateurs. Sa voix est parfaite, ses solos bien ciselés malgré quelques pains et ses compos magiques prennent vraiment une toute autre ampleur en live. Une fois de plus, comme il y a 5 semaines, du pur bonheur !

Côté coulisses, plusieurs faits marquants : j’ai ramené le CD des photos prises au Tatoo The Mind, le 31 octobre, au groupe, et 4 photos à faire signer. Le tour-manager et Jon, visiblement contents de mon travail, et pour me remercier, me permettent alors de rester pendant tout le concert pour prendre les photos, alors que les autres journalistes sont virés au bout de 3 morceaux ! Sympa et une belle reconnaissance de nos efforts… Ensuite, après le concert, Jon vient nous parler pendant 10 minutes, prendre des photos avec nous et suprême privilège, accepte d’écrire ce mot qui est maintenant dans le Guestbook du site (allez voir !!!), tout en nous assurant à P-A qu’il répondrait à une interview en exclusivité, hors promo, à la fin de la tournée, dès janvier. Plutôt cool le mec, non ? On a d’ailleurs du mal à imaginer que c’est le même gars qui vient de passer 8 ans en taule pour meurtre… Enfin bref, une super soirée, un Pierre-Antoine aux anges, moi, ravi que mon travail photographique soit reconnu et un public qui a mangé dans la main de ce groupe extraordinaire pendant tout le concert ! Merci à DISSECTION d’être de retour, et vivement le DVD et le prochain album, même si on espère que la direction musicale du groupe ne sera pas la même que celle empruntée sur le nouveau single Maha-Kali, qui franchement, ne déchaîne pas les passions !
Set-list : At The Fathomless Depths, Black Horizons, Frozen, Night's Blood, Maha Kali (nouveau titre), Soulreaper, No Dreams Breed In Breathless Sleep, Where Dead Angels Lie, Retribution…Storm Of The Light's Bane, Unhallowed, Thorns Of Crimson Death, Heaven's Damnation, In The Cold Winds Of Nowhere, Elizabeth Bathory, The Somberlain, A Land Forlorn

Message Jon Nödtveidt (Dissection) (Excusez-nous pour la qualité sonore...)

PS : Un très grand merci à Kris de Man, de www.conc.be, l’organisateur éminemment sympathique de ce concert, pour le Pass Photos !

Will Of Death

Freak Kitchen - Patrick Rondat - Yann Armellino / Raismes – Salles Des Fêtes - 11 Novembre 2004

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Patrick nous avait annoncé la nouvelle cet été. C'est donc chose faite, une mini tournée française de 11 dates avec Yann Armellino, Patrick Rondat et son groupe et enfin le groupe de Mattias 'IA' Eklundh : Freak Kitchen ! Vous l'aurez compris, c'était une soirée très shred à laquelle nous assistions, mon compère photographe–chroniqueur–reporter-correcteur orthographique–biérologue-DJ-homme à tout faire, Will, (aka Will Of Death) et moi même, dans la petite salle des fêtes de Raismes (59). On se demandait comment serait le son vu le lieu assez inhabituel dans lequel le concert allait se dérouler. Mais heureusement l'acoustique de la salle ne sera pas mise en cause... par contre, les services de l'ingé-son ....

- Yann Armellino :
Yann Armellino, auteur de 4 albums presque entièrement instrumentaux, évolue dans un style Hard-Rock-Blues aux allures Satrianesques. A cause de problèmes logistiques (et surtout par manque de places dans le bus de la tournée), Yann joue seul sur scène, accompagné d'une bande sonore. L'enjeu était de taille, à savoir, faire la première partie de 2 shredders bien connus de la scène guitaristique européenne. Et le bonhomme s'en sort quand même malgré une présence scénique assez minimaliste et très timorée. De plus, l'absence de musiciens sur scène rend le set assez inégal et un peu trop démonstratif. A revoir donc mais accompagné de son groupe...
Setlist : Riff, Roll & Stylus, 5160, Smile, Beach Music, Crossroads, I Heard It..., Dropped D Song, The Beginning, Rythm'n Booze

- Patrick Rondat :
La salle se remplit peu à peu et Yann Armellino laisse sa place à notre Patrick national, accueilli comme il se doit par le public Raismois. Ce qui me fait revoir mon jugement sur le nombre de personnes venues pour la tête d'affiche. A vue de nez, je réévalue à 2/5 de l'audience pour Rondat (au lieu de 1/5) et 3/5 pour FK. Mais l'un n'empêche pas d'aimer l'autre. Et nous avons le droit d'assister à un show beaucoup plus rodé que la prestation du RaismsesFest en Septembre. Toujours accompagné des mêmes musiciens, Patrick nous offre un set très équilibré qui fait encore une fois la part belle au dernier album. Bien sûr, il n'oublie pas ses classiques comme 'Amphibia' ou 'Ultimate Dreams'. En prime, une version acoustique de 'Burn Out', accompagnée du piano, exercice dans lequel Rondat n'a jamais vraiment excellé mais bon... Et la première déception de la soirée se fait sentir : le son. Tout au long du show, on a eu le droit à des baisses de volume inexpliquées ou carrément des coupures dans les parties lead. Sans oublier les interventions de Patrick aux micros entre les morceaux ou pour la plupart du temps, il devait rappeler à l'ingé-son (il est bon l'ingé-son...) de monter le volume du micro voix avant de s'adresser au public. Il termine sur le désormais traditionnel 'Vivaldi Tribute' et reçoit une énorme ovation du public.
Setlist : Welcome To Donkeys Island (CD), Donkeys Island, An Ephemeral World, Tethys, LadyBoy, Burn Out (Acoustic), Amphibia, Avalonia, Ultimate Dreams, Vivaldi Tribute

- Freak Kitchen :
Et voilà enfin la tête d'affiche de cette mini tournée. Une belle claque mais pourquoi en douter ???? Le tourneur ne s'est pas trompé en ayant la bonne idée de faire passer FK en dernier car l'atout de ce power trio, c'est l'énergie communicative qu'il dégage en live. On commence les hostilités avec 'Blind' et le public démarre au quart de tour. C'est parti pour 70 minutes de bonheur ! Le groupe enchaîne les morceaux avec humour et une décontraction évidente, y incluant quelques jams, des parties instrumentales de Mattias (mais comment peut-il être aussi fort !!!???) ou des interventions avec le public. Pour les bonnes surprises, c'est que beaucoup de titres de 'Spanking Hour' sont de retour et les suédois nous offrent le single de leur prochain album 'Speak When Spoken To' (qui démonte soit dit en passant), histoire de patienter... La mauvaise, c'est qu'ils n'ont pas joué 'Jerk'... (En tous cas à Raismes). La deuxième mauvaise surprise, c'est le son (encore). Beaucoup trop de basses au début du set ou bien c'est nous qui nous sommes habitués par la suite. Résultats : les premiers soli de Mattias étaient complètement étouffés... Les FK terminent leur set sur un magistral 'Porno Daddy' en rappel, et se retrouvent accompagnés des 2 premiers guitaristes pour un jam improvisé sur 'Highway To Hell', avec Christer le bassiste au chant dans un style très BonScottien.
Setlist : Blind, Silence !, Nobody's Laughing, Speak When Spoken To, My New Haircut, Taste My Chopstick (Taste My Fist / Chopstick Boogie), Lisa, Hateful Little Pepole, Little Bastard, Inner Revolution, See You In Pithsburgh / Jam, Razor Flowers, Propaganda Pie, Porno Daddy, Highway To Hell

Malgré un ingénieur du son assurément sourd (je ne lui en veux pas personnellement mais vu comment il frimait au soundcheck, il aurait pu au moins assurer le minimum), c'était une soirée mémorable notamment pour la prestation de Freak Kitchen et le jam final, avec un public de fans attentifs mais très calmes dans l'ensemble. Vivement la sortie du nouvel album des suédois, je ne peux plus attendre !!!!

PS : Remerciements à Mattias Eklundh pour sa disponibilité et sa gentillesse, et à Roger, de Replica Records, pour les Pass Photos !!!

PS 2 : J'ai vu l'espace d'un instant la tête de Will bouger d'avant en arrière sur un plan sagittal de manière répétitive et frénétique. Oui oui un peu comme un head banging mais en moins fort. Pour les légions de fans qui le connaissent, vous imaginez un peu la scène ? le Will Of Death en train de se remuer sur du FK ????!!! (Petite explication : FK, c'est pas trop son truc - en gros il dirait, je cite : "C'est pas du Death !" ou quelque chose comme ça... d'où mon étonnement...) En tous cas, moi, je t'ai vu et inutile de le nier ou d'émettre une quelconque excuse ou explication sur le forum de ce site... t'es grillé... ;)

Jetez un oeil par ici ...

Eric

METAL FEMALE VOICES FESTIVAL :
NIGHTWISH – Epica – Flowing Tears – Darkwell – Sengir – Visions Of Atlantis – Ashes You Leave – Syrens Call
Bruxelles – Ancienne Belgique - 7 Novembre 2004

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Voici donc la date annoncée depuis 4 mois et sold-out... depuis 3 ! Le succès de Nightwish n’y est évidemment pas étonnant et on se dit qu’un Forest National n’aurait finalement pas été de trop au final ! Mais la salle de l’Ancienne Belgique est un ancien théâtre entièrement rénové en salle de concerts, d’une capacité de 2000 places environ, parfaite donc pour apprécier un festival voulu et organisé par l’agence belge bruxelloise Metal Organisation et son mentor Philty (au passage, merci encore à toi, Philty, pour le pass Photos !). Comme vous le savez, un groupe français, SYRENS CALL ouvrait les débats, et le groupe, soucieux d’avoir de nouvelles photos live pour leur site officiel, m’avait demandé de les accompagner pour les shooter lors de leur concert. Le fait de venir avec les Sirènes m’a donc permis d’assister à l’envers du décor d’une grosse date comme celle-là, capitale pour la Metal Organisation, à savoir d’abord beaucoup de stress et de pression, puis le montage des stands merchandising, quelques bribes du sound-check de Nightwish et enfin le line-check de Syrens Call. Très intéressant, car on ne voit pas ça tous les jours.

SYRENS CALL :
C’est donc à la bande nordiste qu’il était donné le « privilège » d’ouvrir le festival devant une salle qui commençait à peine à se remplir. Mais dès les premiers accords, une foule copacte envahit l’espace devant la scène, pour apprécier à sa juste valeur un set carré des Nordistes, où la rythmique est impressionnante de puissance et de clarté, avec des riffs vraiment efficaces, mélodiques et tirant parfois vers le prog. Les interventions solo de Thibaut sont toujours aussi impressionnantes et techniques, et Valérie, charmante aujourd’hui dans une robe noire, est très en voix et charme littéralement le public, qui réserve au groupe un superbe accueil, n’hésitant pas à taper dans les mains et à crier en rythme, alors que les compos du groupe ne lui sont pas nécessairement très familières. Mais le talent n’attend pas le nombre des années et au bout de la demi-heure qui lui est allouée, le groupe au complet peut saluer un public de connaisseurs, qui l’acclame littéralement ! Vraiment impressionnant. Côté photos, mon seul regret est d’avoir été viré par la sécu, malgré mes explications, au bout des trois morceaux institutionnels, ce qui m’a empêché de prendre le groupe au complet pendant son salut collectif au public ! Vivement le prochain concert !!!

ASHES YOU LEAVE :
Occupé avec les membres de Syrens Call, je loupe le début de la prestation du groupe Croate de doom gothique mélodique. Je parviens toutefois à voir les deux derniers morceaux et il m’est donc difficile de décrire la musique du groupe. Ceci dit, ce que j’entends est assez puissant et la chanteuse Marina est très puissante, même si ses mimiques lors de headbanguing lui font perdre toute féminité. Sa manière très lyrique, mais un peu forcée, de chanter ne me plaît d’ailleurs pas trop, ni le style un peu trop doom du groupe, sur lequel elle prend une voix plus funèbre, un peu à la Nina Hagen. N’est pas Tarja qui veut ! Le public semble quant à lui apprécier, c’est bien là le principal, d’autant que le groupe a une violoniste assez mignonne, Marta, dont les interventions sont ma foi les bienvenues dans cet océan de tristesse ! A revoir peut-être plus tard…

VISIONS OF ATLANTIS :
Le groupe autrichien est pour ainsi dire le groupe de métal mélodique sur lequel le label Napalm Records met beaucoup d’espoir, puisqu’il est embarqué sur toute la tournée européenne d’Epica. Le groupe fait donc ici d’une pierre deux coups, et c’est franchement une réussite. Leur métal symphonique est particulièrement bien agencé et le chant est partagé entre Nicolde Bogner (à peine 20 ans, une sorte de cantatrice rock) et Mario Plank, qui vient d’intégrer le groupe, qui chante très bien aussi et qui arrive à atteindre des notes particulièrement intéressantes dans les aigus. Leur set est très énergique et le public commence vraiment à saliver. Des morceaux comme "Lost" ou "Send Me A Light", issus du nouvel album, prennent ici une sacrée ampleur. Fans de Nightwish, Evanescence, ou Within Temptation, surveillez donc la sortie de « Cast Away », le 29 novembre, vous ne devriez pas le regretter. En plus, backstage, ces jeunes gens sont charmants pour ne rien gâcher !

SENGIR :
Etre belge et jouer en Belgique peut conférer certains avantages, comme celui d’être placé assez haut sur l’affiche alors que l’on n’a qu’un album (« Guilty Water ») à son actif. Mais voilà, ce groupe est excellent et sa chanteuse, Ellen Schutyser, est un canon, dont les arabesques sur scène en ont rendu fou plus d’un ce soir ! Côté musique, le groupe assure vraiment bien dans un style heavy métal mélodique assez rock qui n’est pas sans rappeler les anciennes productions de The Gathering, même si la voix d’Ellen est plus chaude (…) que celle d’Anneke ou encore quelques productions de Paradise Lost ou de To/Die/For pour les riffs et les gimmicks mélodiques à la guitare. On reste vraiment sous le charme, d’autant que ça chante très très juste, notamment sur des titres comme « Soul’s Alive », « ACS » ou encore « Guilty Water ». Le public belge acclame littéralement le groupe à la fin de sa prestation et votre serviteur n’en manque pas une en allant féliciter personnellement la délicieuse chanteuse à la fin du show… Il y a eu The Gathering, il y a Lacuna Coil. Il y a maintenant Sengir ; voilà, c’est tout !

DARKWELL :
Qu’allait donc bien pouvoir proposer le deuxième groupe autrichien à l’affiche après la déferlante Sengir ? Premièrement, la chanteuse Stephanie Luzie est moins belle.. lol… Donc, je me casse ! … Non, toute blague mise de côté, nous avons pu assister là aussi à un show assez intéressant, très énergique, où le tempo s’accélère assez souvent à la double grosse caisse (comme sur le titre « The Crucible »). On alterne parfois avec des tempos plus lourds, comme « Fate Prisoner », issu de l’album à venir fin novembre, où Stéphanie monte dans des aigus lyriques assez cool, sans trop en faire. Derrière, la rythmique fait son boulot et le public remercie le groupe de fort belle manière. Mais comme l’heure de la bière arrive, je loupe la fin du show sans regret, finalement pas si convaincu que ça par des morceaux sans grande envergure…

FLOWING TEARS :
Ce ne sera pas faire insulte aux groupes précédents que de dire qu’avec Flowing Tears, nous voici donc confrontés au premier gros morceau du festival, puisqu’avec pas moins de 6 albums, le groupe batave fait quand même figure de valeur sure du métal mélodique européen. De plus, ces jeunes gens sont vraiment sympas pour ne rien gâcher ! Premier groupe aussi à bénéficier d’un temps de jeu décent, Flowing Tears parvient à envoûter le public, notamment grâce à une section rythmique sans faille et la voix de Helen Vogt (même si celle-ci, visuellement, est un peu en retrait par rapport à ses congénères féminines de la journée), très différente du traditionnel côté lyrique, très chaude, presque grave parfois (la miss parvient carrément à pousser des growls impressionnants), se taille la part du lion. Une set-list efficace (bien orientée sur le dernier album) pour un groupe respecté, ça ne pouvait donner qu’un bon concert, même si pour ma part, la lassitude commence à pointer le bout de son nez…
Set-list : Razorbliss, Serpentine, Unspoken, Believe, Sistersun, Undying, Starfish Ride, Merlin, Virago

EPICA :
Ouh la la ! Alors là, on change de division en matière de frontwoman ! Parce que merde, dans le genre super canon de la mort, Simone Simons se pose là ! Bon ok, la bombe nucléaire n’a que 19 ans, mais quand même ! De toute façon, elle et le groupe en jouent, puisqu’il n’y a qu’elle qui pouvait se pointer sur scène avec cette combinaison en latex rouge moulante, qui a fait chavirer tous les mâles de la salle du côté du délire collectif… Ppppfff, dingue ! Bon, allez, parlons un peu musique, pour dire quoi ? Tout simplement qu’en plus d’être magnifique, la gonzesse chante merveilleusement bien et juste et que l’alternance chant mélodique parfait et growls inspirés de Marc Jansen, le fondateur du groupe, est une réussite totale. Les compos du groupe lorgnent parfois vers le death metal, dans la lignée d’un After Forever (pas étonnant, puisque Marc Jansen en a fait partie), pour le plus grand bonheur des amateurs de brutalité, un peu lassés par tant de mélodies sirupeuses. Le groupe parvient à déclencher quelques pogos et slams, vite calmés par une sécurité toujours aussi présente (les gens dans le public n’avaient pas intérêt à prendre une photo, sinon, c’était la punition immédiate !). Vraiment un super concert donné par un très bon groupe, avec une chanteuse démentielle, que demander de plus ?
Set-list : Adyta, Sensorium, The Last Crusade, Follow In The Cry, Illusive Consensus, Feint, Quietus, Seif Al Din, Façade Of Reality, Cry For The Moon, The Phantom Agony

NIGHTWISH :
Voici enfin ceux que presque tout le public attendait depuis plus de trois mois (puisque cette date était sold-out depuis août !), et pour certains, depuis 8 heures du matin devant la salle, dans un froid glacial ! Ca se mérite d’être au premier rang ! Que dire à propos de Nightwish, sans être dithyrambique à chaque fois un peu plus ? Ce groupe est devenu cette année le leader mondial incontesté du métal à chanteuse mélodique et symphonique, et ça se voit aussi par les précautions mises autour de leur personne par les organisateurs. Un set de Nightwish est un voyage vers la perfection, même si, et ça a quand même une sacrée importance, Emppu, le gratteux, n’est pas au même niveau technique que ses camarades de jeu ! Ce n’est pas étonnant si sur les albums du groupe, les solos sont très peu présents. Pour les tappings, ce mec est une calamité ! Hormis ce détail, le groupe est une véritable machine à riffer, et le chant de Tarja est une nouvelle fois irréprochable. Et que dire du bassiste Marco, qui a une des plus belles voix mélodiques qu’il ait été donné d’entendre dans le métal. Sa version en solo du « Symphony Of Destruction » de Megadeth en laisse d’ailleurs plus d’un sur le cul ! La set-list du jour est parfaite, faisant alterner passages calmes et morceaux plus enlevés, et le public est carrément déchaîné, reprenant tous les refrains en compagnie de la belle. Vraiment, même si on n’est pas super fan de ce genre de musique, reconnaissons à Nightwish un talent indéniable et une interprétation sans (presque…) faille de ses titres. Encore bravo !
Set-list : Dark Chest Of Wonders, Planet Hell, Deep Silent Complete, Phantom Of The Opera, Everdream, Sleeping Sun, Symphony Of Destruction, Bless The Child, Kinslayer, Wishmaster, Dead Boy’s Poem, Slaying The Dreamer, Nemo, Ghost Love Score, Wish I Had An Angel

Conclusion de cette journée, un très bon souvenir, grâce notamment au niveau des groupes qui ont joué, au fait d’avoir pu prendre en photo tout le monde (excepté Nightwish, pour de sombres quotas de journalistes devant la scène pendant leur concert) et d’avoir assisté à un évènement métal original. Encore un grand merci à Philty (le boss de Metal Organisation) pour le pass et aussi aux Syrens Call, qu’on espère revoir en concert au complet le plus tôt possible !!!

PS : les photos de Nightwish proviennent de Caroline Traitler, photographe autrichienne, qui a gentiment accepté de me laisser utiliser ses clichés dans la rubrique Photos du site ! Vielen Dank, junges Mädchen!

Will Of Death

TATOO THE MIND FESTIVAL – 30 & 31 octobre 2004


30 octobre : Espace Culturel de SEICHAMPS
REPULSION – DESTRUCTION – Arkhon Infaustus – Krisiun – Behemoth – Incantation – Ragnarok – Misanthrope – Trepalium – Garwall – Act Of Gods – Destinity

31 octobre : Afterclub d'AMNEVILLE
DISSECTION – Ancient – Atrocity – Seth – Antaeus – Textures

Il y a un peu plus d'un mois, on se demandait si on ne rêvait pas en voyant sortir cette affiche de folie du chapeau de Prodige Music Productions et d'Evolution Prod… Comment était-il possible en 2 jours de revoir à la fois les Gods of Grind US de REPULSION (pas venus en Europe depuis 1985 !) et surtout DISSECTION, à peine reformé depuis la sortie de prison de Jon Nödtveigt ?! Cette affiche ayant été annoncée ma fois un peu tardivement, on pouvait avoir des craintes sur l'affluence de ces deux jours. Craintes en partie fondées, puisque ce ne sont que 800 personnes qui se sont présentées le samedi (au lieu des 1400 prévues) alors qu'on a fait presque le plein le lendemain à Amnéville. La faute peut-être à un prix des places un peu trop élevé pour certains, bien que la formule Pass 2 jours était bien vue. Ajouté à cela les annulations de dernière minute de DEICIDE et de DARK FUNERAL ; on se disait que ça partait mal… sans parler du prix des consommations, à la limite de l'indécence (hé, les gars, on n'est pas des pigeons qui aimons nous faire plumer) ! Mais que les absents ont eu tort ! Même si on n'a dormi que 10 heures en 3 jours, encaissé 20 heures d'extrême et fait par-dessus le marché plus de 1200 Km, c'est heu-reux que nous sommes repartis d'Amnéville le dimanche dans la nuit après le show extraordinaire (le mot est faible, vous verrez pourquoi après…) de DISSECTION. Voici donc le récit de ces 2 jours jouissifs :

RETROUVEZ TOUTES LES PHOTOS DU FESTIVAL dans la rubrique PHOTOS du site !!!!

Samedi 30 octobre – Seichamps

DESTINITY  : C'est au groupe de black/death français qu'il incombait la tâche d'essuyer les plâtres, dès 11 heures du matin, devant évidemment une foule pas encore très compacte, mais le groupe s'en est plus que bien sorti ! Armés d'un bon son, les membres du groupe laminent le public déjà réceptif et nerveux pendant 25 minutes, sachant alterner blasts et passages plus atmosphériques. Mick, le chanteur, est un sacré frontman et le « superbe » bassiste skin-head Hrafnagud arpente la scène de long en large. Le groupe nous gratifie même d'une reprise du « Raining Blood » de SLAYER, très bien exécutée. Une excellente prestation pour une mise en bouche parfaite ; le public ne s'y trompe pas et acclame le groupe à la fin du show. On espère toutefois les revoir lors d'un concert plus long…

Set-list : Intro, Black Upon The Throne, Until Death Desire, Sadistic Massacre, Raining Blood, After The Grace Of K.A.O.S., Foirceps Of Hate

ACT OF GODS : 30 minutes pour convaincre et se faire mieux connaître. Voici en gros quelle était la tâche des Bressans. Contrat rempli, qu'on se le dise ! Vous le savez, ici à Noiseweb, ces mecs-là, ce sont comme des potes et enfin, il nous était donné de les voir en live. Quelle claque ! Même si le groupe n'est pas très connu du public présent, il reçoit un accueil chaleureux, tant son brutal death est exécuté avec panache et précision. Ce groupe est une machine à riffer et quelques pogos et slams commencent à naître, ce qui prouve bien qu'Act Of Gods avait tout à fait sa place dans ce festival, même si le groupe m'a avoué qu'ils auraient du faire mieux si les retours sur scène avaient mieux fonctionné ! Encore un grand bravo et à bientôt, les gars…

Set-list : Flagellation, Act Of The Insane, Resistance, After World Obliteration, Cathedral Of Flesh, Zombie Gutsfucked, Slaughter Of The Innocents, Soaked In Pus

GARWALL : Les jeunes de Garwall ne sont pas plus connus que les deux groupes précédents, puisqu'ils viennent juste de sortir leur premier album, Black Beast. C'est donc sur les titres de cet opus qu'il leur était donné de prouver en live tout le bien que l'on pensait d'eux. Là aussi, contrat rempli au travers d'un black death inspiré, de nombreux changements de rythmes et une alternance de chant en français et en anglais. Petite curiosité, le bassiste est en fait une bassiste, qui s'en sort magnifiquement bien. Bravo !

Set-list : Pride, Les Ecorchés, The 7th Seal Of Consequence, Mass Of Worms , Abyssus Abyssum Invocat, Black Beast

TREPALIUM : On entend beaucoup parler de la nouvelle signature du label Holy Records en ce moment, donc, nous étions assez impatients de voir ce que ça allait donner sur scène. Avec leur death/thrash tirant sur l'indus parfois, très influencé par Gojira, le groupe arrive sans peine à se mettre dans la poche la frange la plus jeune et énervée du public, qui, de moshpits en slams, met un souk pas possible. Faut dire que les titres sont vraiment tallés pour le live, avec pas mal de passages jumpants et Kéké, le chanteur aux yeux étranges, est très en voix. Le guitariste est un maître en riff et les solos qu'il nous sort sont très intéressants. Là encore, on se dit que la scène française n'a rien à envier aux groupes étrangers. Un des grands espoirs du métal en France à n'en pas douter !

Set-list : Pain's Threshold, Coalesce To Suffer, Paranoïd, Necropolis, Filthy Carcass, Martyr, Escape To Death

MISANTHROPE : Le scandale de la journée ! Non pas de la faute du groupe, impeccable, mais de 5/6 connards placés sur la droite face à la scène, qui passent 50 minutes les doigts levés, à insulter Philippe (aka S.A.S de Largilière) et à lui balancer des verres de bières à la tronche. Bande de connards, si vous n'aimez pas, cassez-vous, bordel ! Je vous hais… Bordel, comment ne pas avoir un minimum de respect pour ce mec, en sachant qu'il est le boss de Holy Records et qu'il a tant fait pour notre musique et nos groupes en France depuis plus de 10 ans ?! Abrutis… Parce que merde, côté scène, c'est de grande classe dont on parle là : des musiciens tous plus techniques les uns que les autres, un chanteur précis et théâtral dont le chant death oscille entre le malsain et le dramatique, et surtout un public (hormis donc ces 5/6 sous-merdes dont je vous ai parlées…) qui connaît les refrains par cœur. La set-list permet de présenter au public 3 nouveaux titres, à savoir Le Bestiaire Souterrain, Emmurement et Inspiration . Du grand art, vraiment. C'est sous une véritable ovation que le groupe peut quitter la scène, certain d'avoir été un des grands acteurs de cette première partie de festival.

Set-list : At 666 Days, Le Bestiaire Souterrain, Grand Démonologue, L'Ecume Des Chouans, Emmurement, Inspiration, Les Empereurs Du Néant, Bâtisseur De Cathédrales

RAGNAROK   : Depuis qu'on les avait interviewé en mars, on se languissait de voir le groupe en live. C'est enfin chose faite et franchement, ce groupe est une machine infernale en concert, repoussant les limites du malsain et de la brutalité, grâce notamment à la forte présence scénique du chanteur Hoest et aux blasts furieux de Jontho, le créateur du groupe. Tout l'arsenal black est présent, des paint-corpses aux clous, en passant par le sang ingéré par le chanteur. Une prestation sans surprise, certes, le black de Ragnarok restant somme toute basique, mais très efficace. Un des instants les plus dark du festival, qui a fait la part belle aux titres du dernier album en date du groupe, Blackdoor Miracle…

INCANTATION  : Voilà un bail aussi que nous voulions voir Incantation sur scène, car quand même, avec Suffocation, ils sont les inventeurs de ce New York Death Metal Sound que nous apprécions tant. Kile Severn (qui vient de perdre sa mère) est remplacé sur la tournée par Ilmar Uibo du groupe Bloody Sign et franchement, on y voit que du feu, tant les parties de batterie sont exécutées impeccablement. Incantation, c'est d'abord John McEntee et celui-ci, visiblement heureux d'être là, distille son brutal death sans perdre de temps entre les morceaux, mais n'oubliant jamais de remercier chaleureusement le public, qui le lui rend bien. Le bassiste Joe Lombard a vraiment une basse BC Rich impressionnante et cela renforce encore plus le côté visuel du groupe, le seul de la journée avec Behemoth à avoir installé ses backdrops sur la scène. Très bon concert en tout cas, mais ce n'est rien à côté de ce qui nous attendait avec les Polonais de Behemoth ensuite !

Set-list : Forsaken Mourning of Angelic Anguish, Shadows of the Ancient Empire, Horns Of Eradication, Profanation, The Ibex Moon, Thorns Of Everlasting Persecution, Feeble Existence, Anoint The Chosen

BEHEMOTH : Nergal, le chanteur/guitariste du groupe, a beau vouloir déclarer qu'il veut faire de Behemoth l'un des leaders du black/death metal, encore faut-il s'en donner les moyens et avoir le talent ! Je vais être très clair là-dessus, la prestation scénique et musicale de Behemoth ce soir les fait asseoir sans problème au panthéon du Death Metal mondial. Un monstre est né devant nos yeux, ébahis par tant de puissance et de talent ! Behemoth est grand, tout simplement ! Un attirail scénique digne de Mad Max, les paint-corpses, les backdrops, tout est réuni pour que commence la grande Messe Noire au son d'un « Antichristian Phenomenon » qui ravage tout sur son passage. Le son du groupe est merveilleux et rend grâce à des compos comme « Sculpting The Throne Ov Seth » ou « Demigod », issus du dernier album du groupe, à peine sorti. Ce groupe est composé de tueurs et Nergal assène le public de cris hystériques pendant 50 minutes. Du pur bonheur. Le public est entièrement conquis et le groupe le remercie à sa façon, en passant plus de 30 minutes sur le côté de la scène à la fin du concert pour prendre des photos et signer des autographes, certain d'avoir frappé là un grand coup. LA CLAQUE de ce samedi !!! Behemoth est grand… Hails Satan !!!!!

Set-list : Antichristian Phenomenon, From The Pagan Vastlands, Conquer All, Sculpting The Throne Ov Seth, Demigod, Hekau 718 , Christians To The Lions, Decade Of Therion, As Above So Beyond, Chant For Eschaton 2000

KRISIUN : Qu'allaient bien pouvoir faire les Brésiliens après une telle boucherie ? Le public ayant besoin de se remettre du tsunami Behemoth, certains préfèrent aller se restaurer et souffler du côté du bar. C'est que nous sommes partis depuis plus de 12 heures déjà et le manque de sommeil commence à se faire sentir. Nous revenons donc pour voir les trois derniers titres de Krisiun, toujours aussi inspirés et surtout brutaux. Mais n'en déplaise à Bruno, certainement le fan numéro 1 de Krisiun en France, la prestation du trio est décevante, n'apportant rien de plus que ce qu'on avait vu en mars lors de la tournée commune du groupe avec Morbid Angel. Voilà 12 ans que Krisiun fait la même chose, très bien, mais c'est juste un show de Krisiun de plus auquel nous venons d'assister. Mais encore une fois, comment passer après Behemoth et ne pas paraître un peu pâle ?

ARKHON INFAUSTUS  : Parachuté une semaine avant le festival sur l'affiche, il incombait au groupe français de palier à l'absence de Dark Funeral. Tâche pas aisée du tout, tant de nombreux festivaliers avaient acheté leur billet en espérant voir le groupe norvégien. Mais la réputation des maso-satanistes n'est plus à faire et c'est donc devant un parterre bien garni que commence un show qui va se révéler on ne peut plus intéressant et evil. Les titres du nouvel album joués ce soir sont particulièrement intéressants et laissent une place plus grande au chant death de DK Deviant. Toxic, l'autre gratteux n'est pas en reste et Torturer, à la basse et au chant black, est certainement celui qui a l'attitude la plus malsaine et fait d'ailleurs un peu penser à Glen Benton de Deicide. Le trio est épaulé par un Azk. 6 impressionnant à la batterie, d'une rapidité inouïe dans ses blasts. La deuxième claque de la journée pour moi. Là aussi, Hails Satan !!!!!! On comprend beaucoup mieux pourquoi le groupe a été choisi pour ouvrir sur toute la tournée européenne de DEICIDE. On regrettera pourtant que quelques connards placés devant la scène se soient amusés à cracher sur Toxic, alors que celui-ci jouait. Arkhon n'a pas que des amis, ça, on le savait. Mais comme pour Misanthrope, tout ça pue et ces connards croisés avec des lamas sont bons à être cramés sur la place publique…

DESTRUCTION  : Après avoir vu la bande à Schmier au Graspop cette année sur la main-stage, on se faisait un plaisir de les revoir dans un cadre plus intimiste. Que ce soit devant 30.000 personnes ou 800, le groupe, après plus de 20 ans de présence scénique, garde la même attitude respectueuse envers son public et c'est vraiment l'éclate. Leur thrash, même si les rythmiques ont tendance à souvent se ressembler, est taillé pour mettre le feu et c'est un groupe heureux d'être là qui se déchaîne et enchaîne les classiques. On a même droit à un solo de batterie pas trop long (heureusement, car pas très intéressant) avant « Life Without Sense », et aussi à une guest apparition de Hoest (le chanteur de Ragnarok), complètement bourré (voir photos) sur scène, pour pousser quelques gueulantes sur « Mad Butcher ». A noter que nous avons là droit à du grand comique, puisqu'à son arrivée sur scène, le chanteur démaquillé n'est pas reconnu par le service d'ordre, qui le vire de scène manu militari croyant qu'il s'agissait là d'un spectateur, Hoest s'exécutant docilement et penaudement tellement il était bourré ! Il est quand même rappelé par le roadie de Destruction qui explique au mec de la sécu que c'est normal et prévu ! Excellent, on est tous morts de rire, le groupe avec ! Le concert peut alors se finir par un « Bestial Devastation » d'anthologie. Super concert, super réponse du public, tout le monde repart le sourire aux lèvres. Respect.

Set-list : Curse The Gods, Nailed To The Cross, Butcher Strikes Back, Eternal Ban, Death Trap, Thrash Till Death, solo de batterie, Life Without Sense, Desecrators, Invisible Force, Metal Discharge, Mad Butcher, Total Disaster, Bestial Devastation

REPULSION : « Qui ça ? Jamais entendu parler… ». Voilà en substance quelques réactions glanées ça et là, qui expliquent la défection du public pour un groupe qui n'est pas venu en Europe depuis 1985 ! Avec un seul album à leur actif, ces mecs sont tout simplement cultissimes, puisqu'ils ont inventé les blast-beats et le grindcore en même temps que Napalm Death, vers 1984 / 1986. A évènement exceptionnel, set-list exceptionnelle, puisque les grinders du Michigan ont carrément choisi de jouer entièrement leur album Horrified , dans l'ordre. Le pied ! Franchement, au bout de 2/3 titres, j'envoie balader les appareils photos pour communier avec le groupe, qui, même s'il joue devant un parterre dégarni, s'en branle et déconne sérieusement entre les morceaux avec ses roadies et avec le public. Le bassiste/chanteur Scott Carlson est particulièrement en forme et ses cris hystériques ravissent les vieux fans du groupe comme moi. Merde, sans ces mecs, le blast-beat n'existerait peut-être pas encore ! Franchement, la machine tourne à plein régime (même si c'est Matt Harvey d'EXHUMED qui est à la 2 ème gratte et Col Jones (CRETIN, EXHUMED) à la batterie) et c'est avec l'évidente conscience que nous venons d'assister à un set historique que nous allons féliciter backstage les membres du groupe. Je peux dores et déjà vous dire qu'une interview avec Matt Olivo, le guitariste originel (celui avec les cheveux courts sur les photos), sera en ligne prochainement sur Noiseweb. Elle est pas belle la vie ?!

Set-list : se reporter à l'album « Horrified »…

C'est donc sur cette bonne note que se termine une première journée harassante et très riche en brutalités diverses... Un grand merci aux organisateurs d'avoir pris le risque d'une telle affiche, mais un kick ass aux mecs de la sécurité, une fois de plus encore complètement paranoïaques face à cette horde de chevelus, qu'ils empêchent d'aller prendre l'air pendant plus de 12 heures.... Et aussi, un autre front kick au mec qui a décidé du prix des consommations… Sinon, bravo à tous !

C'est dans une purée de pois complète que nous partons rendre visite et dormir chez Geoffrey, le boss de Noiseweb, pour une nuit et une bière (hé hé) bien méritée…

Dimanche 31 octobre – Afterclub d'Amnéville

Bien reposés par une bonne nuit de sommeil (enfin, j'en connais qui ont dormi à même le sol.. hé hé), nous arrivons à Amnéville, dans le centre thermal, où il y a un parc d'attractions et un zoo. Idéal pour le métal tout ça, se dit-on… Mais que nenni, la salle de l'Afterclub est excellente et vraiment adaptée aux concerts, sauf peut-être une scène un peu trop basse et surtout des bières à 3 €... Ppffff, encore pire que la veille !

TEXTURES  : C'est au groupe néerlandais de death ultra technique, signé chez Listenable, qu'était donné le loisir de commencer cette soirée qui allait être dantesque pour plein de raisons, que nous développerons ensuite. Un métal très inspiré par Meshuggah, pas forcément facile d'accès et qui fait un peu tâche sur une affiche aussi black metal, fait que le groupe est écouté attentivement par les spectateurs déjà rentrés, les autres se gelant le cul encore dehors en attendant que le service d'ordre tatillon et qui fouille tout veuille bien les laisser entrer... Faut vraiment arrêter avec ces conneries en France !!! Merde, ce n'est pas un putain de festival de Rap avec des enculés venant des banlieues auquel nous sommes conviés ce soir ! Mais revenons à TEXTURES, qui assurent comme des bêtes (le bassiste et le gratteux aux cheveux longs sont déchaînés), malgré leur jeune âge. 6 titres et 25 minutes plus tard, le groupe a gagné son pari et récolte les vivas de la foule. Nous avons eu droit en fait à tous les titres de « Polars », leur premier album, excepté l'indigeste et long morceau éponyme, Polars. Bravo, quelle claque !

Set-list : Intro, Transgression, Ostensibly Impregnable, Young Man, The Barrier, Swandive

ANTAEUS : Premier groupe de black à l'affiche, paint-corpses de rigueur, les Français sont très attendus par un public composé de nombreux corbeaux. Et c'est pas pour nous déplaire, parce que quand même, les black-métalleuses sont toutes plus sexy les unes que les autres ! On n'est pas à un concert de Soulfly et ça se voit ! Les adeptes de l'auto-mutilation que sont Antaeus sont sages ce soir et nous distillent un black sans concession, sans fioriture, pas des plus intéressants d'ailleurs, avouons-le. Les amateurs de true black, par contre, semblent se régaler, puisque les refrains sont repris par une frange non négligeable du public, ce qui prouve une fois de plus qu'Antaeus, aussi extrême soit-il, avec une bassiste, est un des groupes de black les plus respectés dans nos contrées froides et ravagées par tant de souffrance guerrière !

Set-list : Devotee, De Principii Evangelikum, Bleeding Blasphemy, (un signe cabalistique), Wormz On Day VI, Inner War, Wacking, Blood War III, track 5 (?)

SETH : Remarque d'un des mecs de la Sécu en voyant débarquer les mecs de Seth sur scène : “putain, on voit que c'est Halloween aujourd'hui” ! En effet, le groupe débarque dans des moutures un peu SM, surtout le bassiste au corps parfait (j'vous dis pas les gonzesses devant !) et impressionne par sa maîtrise d'un répertoire varié et carrément inspiré. Le groupe varie en effet à merveille les blasts et les passages plus mid-tempo et ses morceaux sont un vrai régal auditif. De nombreuses harmonies et mélodies appuient là où il faut, pour mieux repartir dans des abysses de brutalité. Le chant est parfait et le public commence à bien se déchaîner devant, les premiers slams se déclenchant furieusement. La première grosse claque de cette journée à n'en pas douter et la palme de la classe pour les compositions et les ambiances qu'elles véhiculent. Du grand art !!! Dommage qu'on ne voit pas plus souvent le groupe en live… Espérons qu'une véritable tournée sera organisée pour promouvoir cet extraordinaire nouvel album qu'est Era-Decay, qu'on vous conseille d'acquérir de toute urgence !

Set-list : A Pallbearer's Gloom, Addicted to Psychotropic Angeldust, Die Weihe, Umbilical Cutting, Acid Christ, March Of The Consistory, ...A La Mémoire de Nos Frères

ATROCITY : Je dois avouer mon ignorance du répertoire d'Atrocity, groupe qui ne m'a jamais trop inspiré. La troupe d'Alex Krull (au pied de micro impressionnant !) débarque pour un concert d'une heure, alternant des morceaux assez death du dernier album à des trucs un peu plus électro, pas déplaisants, mais comment dire… typiquement allemands ! Je ne suis pas émerveillé par ce que je vois, et malgré les injonctions répétées d'Alex K, l'ambiance a du mal à décoller. Soit le groupe n'est pas assez connu, soit ses compos n'emballent pas un public très black. Le bassiste joue comme un funky freak et les deux gratteux assurent vraiment bien. Mais surprise, voici que débarque au bout de 2 minutes Liv Kristin (chanteuse de Leave's Eyes et femme d'Alex Krull) pour les backing-vocals, qui se transformeront en lead pour la reprise finale du « Shout » de Tears For Fears, bien métal. Liv est tout simplement belle et chante en plus très bien. Ce qui devait être une prestation assez terne se transforme tout à coup en moment de grâce, sous les yeux ébahis du public, féminin et masculin confondu. Mais bon, qu'est-ce que ça donnera quand elle ne sera pas là ?

Set-list : Intro, Reich Of Phenomena (w/ Liv K), Necropolis, Gods Of Nations, Enigma (Liv), Clash Of The Titans (Liv), The Great Commandment, Blut, Shout (Liv)

ANCIENT : Fort de 6 albums et de quelques EP's, il n'était pas étonnant finalement de retrouver aussi haut sur l'affiche la bande du Norvégien exilé en Italie Aphazel, au look toujours aussi impressionnant ou ridicule, c'est selon… Le guitariste rythmique est lui aussi assez impressionnant avec ses tatouages typiquement sataniques et il est vrai que le groupe dégage une aura particulièrement malsaine par ses compos impeccables et vraiment dans l'esprit originel du black. Mais heureusement, le groupe arrive aussi à faire passer de fort bons solos et des passages plus thrashy, un peu comme le ferait Dimmu Borgir. C'est un très bon concert auquel nous avons droit, le public ne s'y trompant pas. Malheureusement, au bout de 50 minutes, le groupe se voit forcé d'interrompre sa prestation, car la sono lâche et risque de péter. Dommage pour le groupe qui promet de revenir le plus tôt possible…

Set-list : Eerily Howling Winds, Envision The Beast, Rape The Children Of Abel, The Draining, Night Visit, Lilith's Embrace, Homage To Pan, Det Glemte Riket

DISSECTION : Pendant une demi-heure, grosse panique à Amnéville. La sono ne peut redémarrer et DISSECTION va devoir annuler un show qu'il attend depuis 7 ans, ainsi que ses fans venus de toute l'Europe pour l'évènement, puisque c'est seulement le deuxième concert de reformation, avec celui donné la veille en Suède, depuis que Jon Nödtveidt est sorti de taule. Mais pour le groupe, il est hors de question de ne pas jouer, et Jon décide qu'il se passera de sono, montant le son des amplis à 10 et se servant des retours de scène encore fonctionnels comme enceintes pour le public. Un peu faible, me direz-vous… Que nenni ! Le groupe bénéficie même là du meilleur son de la journée, même si on n'entend pas beaucoup la batterie évidemment. Incroyable, non ? Pas tant que ça quand on connaît le parcours live de Dissection, donc, son expérience, certainement un des meilleurs groupes de scène avec Dimmu Borgir dans ce style. S'appuyant sur les compos magiques de ses deux albums studio, Jon et ses sbires vont nous faire vivre un instant magique, et le mot est faible. Tout en sachant que l'on est devant une légende vivante du death/black européen, et que les titres sont exécutés de main de maître par un groupe dans lequel figure maintenant le Français Brice Leclerq à la basse (cocorico !!), vous comprendrez qu'au bout de 4 morceaux, j'ai épuisé mon stock de photos pour communier pleinement avec le groupe et le public, idéalement placé dans la fosse aux photographes, collé au micro de Jon... Difficile de décrire l'ambiance survoltée, respectueuse et magique, je le répète, de ce show dans un report comme celui-là. Nous avons carrément vécu dans un autre monde pendant 1 h 40 ; on ne remerciera jamais assez les organisateurs d'avoir réussi ce coup parfait et surtout le groupe, de n'avoir pas annulé sa prestation à cause d'une sono récalcitrante. Vivement le prochain album, déjà en préparation… et le 11 décembre en Belgique pour les revoir ! DISSECTION RULES !!!

Set-list : At The Fathomless Depths, Black Horizons, Frozen, Night's Blood, Maha Kali (nouveau titre), Soulreaper, No Dreams Breed In Breathless Sleep, Where Dead Angels Lie, Retribution…Storm Of The Light's Bane, Unhallowed, Thorns Of Crimson Death, Heaven's Damnation, In The Cold Winds Of Nowhere, Elizabeth Bathory, The Somberlain, A Land Forlorn

Line-up : Jon Nodtveidt, Brice Leclercq (basse - NIGHTRAGE), Set Teitan (guitars - ABORYM), Thomas Asklund (drums).

Voilà, 20 heures de metal extrême qui se finissent en beauté, des retours cultes de groupes cultes et encore une fois des souvenirs plein la tête sur la route du retour qui fut ma fois un peu pénible, vue la fatigue engendrée par un tel week-end. Mais comme on dit, quand on aime, on ne compte pas !!!

PS 1 : Un énorme merci à Pierre Pauly, le chanteur de X-VISION, et membre de Prodige Music Prod., pour, une nouvelle fois après le Metal Therapy Fest d'avril 2004, m'avoir permis d'obtenir un pass Presse pour les 2 jours du fest. et ainsi pouvoir réaliser ce report et toutes ces photos… Merci à toi, Pierre ! You rule guy…
PS 2 : Un bonjour à Isabelle Le Maguet de Rock Hard et aussi à Tonton, sympathique confrère de VS webzine, que j'ai du supporter tout le week-end… warfff !

Will Of Death


OBITUARY (Guests: MASTER + VISCERAL BLEEDING + Oceans Of Sadness + Welkin) - Sint-Lievens-Houtem (Belgique) – De Fabriek - 9 octobre 2004

The Legends Are Back Tour !!! Voici comment a été annoncée cette mini-tournée européenne d'OBITUARY, les maîtres incontestés du old-school Death Metal mondial ! Dire que leur venue était attendue n'est qu'un doux euphémisme… Pour des hordes complètes de fans de Death Metal, ce groupe représente ni plus ni moins la perfection, depuis que Mighty Chuck Schuldiner est parti faire chier les anges ! En passant par un death très heavy, parfois limite hardcore, à des parties doom pachydermiques, le groupe, avec John Tardy, certainement le meilleur chanteur de death de tous les temps, comme tête de proue, nous a laissés une fois de plus sur le cul ! De plus, ces mecs ont décidé d'organiser eux-mêmes cette tournée, ce qui veut dire qu'il n'y a pas de représentants des maisons de disques pour faire chier quand on s'approche des gars, qui, par exemple, s'occupent eux-mêmes de déballer les cartons du merchandising avant le concert, de serrer des pognes et de se faire prendre en photo ! Votre serviteur ayant, comme vous le savez, interviewé John Tardy le mois dernier en exclusivité, reçoit même un traitement de faveur, puisque l'affable chanteur et Trevor Peres passent pas loin de 20 minutes à discuter avec moi ! Je me vois même offrir le très rare ( !) privilège de pouvoir photographier le groupe au grand complet pendant la séance photo officielle… Le pied… Mais avant de développer le cas OBITUARY, revenons sur les groupes de première partie…

Welkin
Premier à ouvrir les hostilités, le groupe de brutal death-metal propose un show d'une grande technicité et d'une brutalité sans faille. Ça joue super bien, le public encore clairsemé réserve aux siens un bon accueil et un titre comme « The Weary » prend ici toute son ampleur ! Même si la musique du groupe est bien exécutée, on se lasse quand même un peu vite de cette violence continuelle.

Oceans Of Sadness
Changement d'ambiance avec les deathers blackos (pour une fois, un groupe qui ne se maquille pas, ce qui est mieux) de Gand qui jouent carrément à domicile, puisque Sint-Lievens-Houtem n'est qu'à quelques encablures de la grande ville belge. Avec leur charismatique chanteur, Tijs Vanneste, sachant parfaitement alterner growls profonds et cris plus hystériques propres au black, le groupe lamine le public par un death/black racé, où les claviers tiennent une bonne place. Rythmiquement, c'est parfait et le groupe parvient à déclencher les premiers headbanguings de la soirée. Mention Bien, mais il serait temps qu'un nouvel album sorte ! Il paraît que c'est prévu pour fin novembre…

Visceral Bleeding
Première sensation de la soirée, la prestation des (très) jeunes Suédois de Visceral Bleeding. Le groupe du batteur de Spawn Of Possession, ici au chant (Dennis Röndum), est impressionnant de technique, mais le gros problème, c'est que tout le show est basé là-dessus. La complexité des parties des uns et des autres, ne permet aucun retard et les membres restent donc très statiques sur scène. Heureusement, on leur pardonne car leur musique est hallucinante de breaks monstrueux, de rythmiques déjantées et il faut avouer que tout ça dégage un côté très malsain. Le groupe a de plus la bonne idée de présenter pas moins de 5 nouveaux titres de son nouvel album, « Transcend Into Ferocity ». Le public, attentif devant tellement de dextérité, manifeste toutefois son contentement entre les chansons. Une fois sortis de scène, ces jeunes gens deviennent de gais lurons et j'avoue m'être bien marré avec eux en attendant que Master n'investisse la scène. Cette tournée étant, je le rappelle, complètement auto-produite, là aussi, ce sont les membres du groupe qui s'occupent personnellement du merchandising, laissant donc le loisir aux gens de venir discuter le bout de gras avec eux et de faire signer leurs pochettes d'albums.

Set-List :
Remnants Of Deprivation
Fed To The Dogs
Trephine The Malformed
Explosive Surgery
Fury Unleashed
Carved Down The Bone
Merely Parts Remain
Indulge In Soft Mutilation
Time To Retaliate

Master
Quand on parle de légendes, Paul Speckmann, le bassiste/chanteur, en fait aussi partie. Il est certainement une des personnes les plus respectées de l'underground américain, et ce, depuis plus de 20 ans (rappelons que ce mec a fait partie ou fait encore partie de groupes comme Krabathor, Deathstrike ou encore Martyr… entre autres) ! Ce mec ne doit pas être très loin de la cinquantaine et ressemble à un vieux bûcheron d'Alaska. Mais une fois sorti de son stand merchandising (5 minutes avant de monter sur scène !) et après avoir enlevé son légendaire bonnet, il devient carrément evil et son chant torturé ravit les oreilles des amateurs de vieux death. Soyons toutefois clairs, la musique de Master n'a jamais été la plus intéressante sur album, et en live, c'est pareil. Tout cela reste très basique, mais c'est exécuté avec une telle sincérité que ça en devient jouissif. Le batteur du groupe, Zdenek Pradlovsky, est un tueur et n'en loupe pas une ! Le guitariste Alex "93" Nejezchleba n'est pas en reste et ses interventions solo sont claires et nettes. Une certaine frange du public connaît les chansons par cœur et le groupe reçoit l'accueil qu'il devait avoir : respect !

OBITUARY
Enfin, nous y sommes ! Plus de 6 ans que nous attendions ça, être à nouveau en face de ce magistral groupe de death ! Tous les superlatifs pourraient être employés pour décrire ce show des Masters of Death Metal ! John Tardy n'a jamais aussi bien chanté, Trevor Peres a toujours une aussi sale gueule mais est toujours aussi parfait en rythmique, avec ce son inimitable de guitare, Frank Watkins arpente la scène de long en large de telle manière qu'on n'irait pas le faire chier, et Donald Tardy, terrible de sens rythmique derrière ses fûts, ravage tout ! Seul Allen West, même si ses solos collent toujours aussi parfaitement à l'ambiance des morceaux, est toujours aussi statique et on se demande même s'il fait la gueule ! Mais pour avoir discuté avec lui (1 minute grand max !) après le concert, il m'a dit qu'il intériorisait toujours tout. Mouais… En tout cas, il aurait pu poser pour la pochette de Leprosy de DEATH, tant il fait malade avec sa tronche rasée et sa barbe blanche ! Un sacré coup de vieux apparemment. Mais revenons à ce qui nous intéresse : la musique. Avec une set-list orientée sur les vieux albums, le groupe se fait plaisir et nous enchante. Le public, qui était resté assez calme depuis le début de la journée, devient dingue et les slammers deviennent même parfois carrément dangereux. Si mes premières photos juste devant la scène sont floues, vous saurez pourquoi ! Après 3 titres de fureur, je choisis donc de me réfugier sur les côtés de la dite scène, pour préserver mon matériel et mon intégrité physique ! Ça me permet alors de profiter pleinement du spectacle, à la fois sur scène et dans le public. Le groupe se fend alors au passage d'une nouvelle reprise de Celtic Forst ( « Dethroned Emperor » ), qui fait jouir de plaisir ch'Blond, un pote !  Obituary est une machine à riffer et à faire naître en nous les instincts les plus bestiaux, tant la voix de John Tardy nous emmène vers des sentiers abyssaux de brutalité, comme sur « Cause Of Death » , mon morceau préféré des Floridiens. Je me dépêche donc de finir mes pellicules, et je lâche tout pour pouvoir en profiter à fond, ma position préférentielle sur scène juste aux côtés de Trevor Peres me le permettant ! Ça me permet aussi malheureusement d'assister à un des pires slams de ma vie, où un furieux d'au moins 100 kilos de barbaque se balance la tête la première dans le public, mais n'étant pas réceptionné, vu l'engin, se taule littéralement pour ensuite ne pas se relever et baigner dans une mare de sang, l'arrière de la tête éclaté, et ce, pendant le morceau « Final Thoughts »  ! Effectivement, bien choisi pour finir sa carrière de slammer… Impressionnant et carrément evil, vu le contexte ! Le groupe, qui ne semble pas s'en être rendu compte, continue son set de plus belle avec « Words Of Evil » tout à fait approprié ! C'est simple, avec le Graspop de cette année, ce concert d'Obituary restera à jamais gravé comme un des meilleurs auquel j'aurais assisté. Etre un fan de la première heure et revoir son groupe préféré dans de telles conditions relationnelles et à ses côtés sur scène, ça n'arrive pas souvent ! Remercions donc les gars de Floride d'être revenus et de nous avoir encore botté le cul avec leur musique exceptionnelle ! En plus, en rappel, on a eu droit à un nouveau titre, « Insain » (comme écrit sur leur set-list, mais n'est-ce pas plutôt « Insane » ?), qui est une tuerie ! Vivement le prochain album, en 2005 et la tournée qui va suivre… Dire qu'après ça, il va falloir retrouver le train-train quotidien. Fuck it !

Note 1 : pour situer le côté aimable de ces mecs, à la fin du concert, je voulais m'acheter un t-shirt, qui n'était plus disponible au merchandising. J'en parle à Trevor Peres, qui, ni une ni deux, va dans leur tour-bus et me le ramène personnellement ! C'est pas du bonheur, ça ?!

Note 2 : Ch'Blond est devenu pote avec Trevor, quand celui-ci a halluciné sur son tatouage à l'avant-bras de la pochette de Mega Therion de Celtic Frost : « whaowww… fuck ! Awesome tatoo… right on, man ! How is it possible ? » Hé hé…

Set-List (80 minutes):
- Intro
- Internal Bleeding
- Threatning Skies
- By The Light
- Download
- Dethroned Emperor (Celtic Frost cover)
- Bloodsoaked
- Back To One
- Chopped In Half
- Turned Inside Out
- Intro + Cause Of Death
- Dying
- Solid State
- Til Death
- Intro + Kill For Me
- Final Thoughts
- Words Of Evil
- Stinkupus
- Back From The Dead
- Insain (ou “Insane” ? - nouveau titre)
- Slowly We Rot

RETROUVEZ TOUTES LES PHOTOS DE LA SOIREE en rubrique Photos du site !

PS : Merci à Ch'Blond pour les deux photos perso avec Trevor et John avant le concert, et aussi à Alekseÿ Berstenev (un fan Russe vivant en Belgique) pour sa désintéressée participation photographique à ce report !

Will Of Death

 

REVEREND BIZARRE (Fin) – SUPURATION (F) – Altar (NL) + guests - le Frontline - Gand (Belgique) - 18 septembre 2004

par Will Of Death et Pierre-Antoine

Will Of Death

  Le Frontline de Gand est certainement une des salles de concerts les plus underground en Europe (et certainement une des plus crades aussi…). D’une capacité de 150 ou 200 places tout au plus, il n’y a aucune loge pour les artistes qui doivent donc se changer dehors, sous des abris de jardin de fortune, avec tout leur matos exposé au public qui passe obligatoirement par là, puisqu’il n’y a pas d’issue de secours ! Vous imaginez l’ambiance… Il faut quand même signaler que tous les groupes les plus en vue y sont passés un jour ou l’autre durant leur carrière, et vous comprendrez aisément que l’on est ici au cœur de l’underground qu’on aime tant ! Autre spécialité du Frontline : permettre à de jeunes groupes peu ou prou inconnus d’ouvrir pour des groupes importants, comme c’est encore le cas ce soir. On passera donc sur les shows de Ten-13, Wells Of Souls, Burial, I.N.R.I, et d’Officium Triste, des groupes oscillant entre le death ou le doom. De toutes façons, on ne les a même pas vus, occupés que Pierre-Antoine et moi étions à discuter dehors avec les SUPURATION, devant une assiette kébab (autre spécialité du quartier « bigarré », pour être poli, du Frontline, sorte de Rue-de-la-soif de Gand).

  Première attraction intéressante de la soirée, le groupe néerlandais ALTAR. Enfin, c’est un peu compliqué, parce que le ALTAR actuel n’a plus rien à voir avec celui-ci. Les ex-membres se disputent la paternité du nom, mais nous, ce soir, nous avons droit au line-up originel du groupe, réunifié, pour notre plus grand bonheur, après le split de 2001, donc celui qui a sorti le désormais cultissime « Youth Against Christ », en 1994. Evoluant dans un death-metal plus que violent et malsain, le groupe a quand même à son palmarès 5 albums, après le split de 2001. Nous nous régalons donc pendant plus d’1 heure, à coups de blasting death metal, entrecoupé de passages plus catchy, qui ne manquent pas de déclencher quelques furieux headbanguings dans l’assistance. Le chanteur, un mec assez possédé, met bien en valeur les lyrics particulièrement anti-chrétiens du groupe, et il est aussi à signaler que le groupe derrière est bien carré et que ça bastonne sec ! On remarquera aussi que le chanteur ne doit pas voter communiste, la présence de plusieurs tatouages équivoques comme un Lion des Flandres à côté d’un immense aigle dans le dos, trahissant quelque peu sa pensée. Ceci dit, on s’en branle, on est venus écouter de la musique ce soir, pas faire de politique. Au bout d’une heure, le groupe, rincé, se retire pour faire place à nos frenchies de SUPURATION…

Set-List ALTAR :
Psycho Damn
Jesus Is Dead
Divorced With God
Hypo Christianity
Forced Imprudence
Cross The Bridge
Cauterize
You Are Hate
Throne Of Fire

  Avec 1 heure de retard sur l’horaire prévu, nos « Pure French Cult Madness » amis de SUPURATION (comme présenté sur l’affiche) investissent les planches, et c’est parti pour une nouvelle jouissance musicale, bien que Ludo, le chanteur / gratteux, ne soit pas très en forme, la faute à un rhume. On regrettera donc un total manque de communication avec le public. SUPURATION évolue dans un monde bien à part, faisant partie d’une scène musicale un peu malgré lui, dans les sens où le groupe ne communique que rarement, une fois sorti de son cercle de proches et d’amis. Nous, on les connaît depuis suffisamment longtemps personnellement pour savoir que ces mecs sont sympas mais il est aussi vrai qu’ils aiment bien rester un peu dans leur coin. On sait aussi que Ludo n’aime pas du tout les bains de foule. C’est aussi certainement ce qui fait leur richesse et leur originalité, ce côté hermétique aux influences extérieures...
  La set-list proposée ce soir est vraiment cool, puisque 90 % des chansons sont chantées en voix death et le groupe maîtrise vraiment son sujet. Le public belge, peu connaisseur de la musique du groupe, malgré tout, sait reconnaître son talent en applaudissant fortement entre les chansons, même si le début du show est quelque peu fastidieux au niveau du son (faut dire qu’au Frontline, personne ne fait de balances !). Deux-trois ajustements plus tard, tout rentre dans l’ordre et 11 chansons plus tard, dont de jouissifs « The Cube » ou encore le très vieux « Sultry Obsession », on est de nouveau convaincus totalement par SUPURATION, même si on aurait aimé un peu plus de folie. Mais la minuscule scène (4 mètres de large à tout casser) du Frontline ne se prête vraiment pas à ça… On attend donc de revoir le groupe dans de meilleures conditions, pour pouvoir s’éclater avec lui, comme nous l’avions fait à Dunkerque en janvier de cette année. Allez, un petit scoop pour finir : Ludo nous a révélés que tout était composé pour le prochain album de S.U.P., qui devrait sortir l’an prochain.

Set-list de SUPURATION :
The Cleansing
Confusion
The Old Mirror
1308JP08
The Cube
The Crack
Incubation
Witness
Sultry Obsession
4TX31B
The Dim Light

Pierre-Antoine

  C’est après cet excellent show de SUPURATION qu’arrive enfin la cerise sur le gâteau, la tête d’affiche du festival, qui dénote par rapport au reste, REVEREND BIZARRE. Et franchement, c’est peu dire que d’avancer que nous avons de la chance de voir ces gus. On ne peut pas dire qu’ils ont arpenté les routes françaises à foison, c’est même plutôt le contraire. Il faut donc, comme d’habitude devrais-je dire, aller en Belgique pour trouver un concert intéressant.
  Le show de REVEREND BIZARRE commence par un autre show, celui des insultes, mais tout en second degré. Le groupe a du retard, 1h de délai dû à l’organisation, et celui-ci à de plus du mal à régler son son pour commencer, et ensuite à retrouver son batteur disparu alors que les autres membres du groupe sont enfin prêts. Pour patienter, le groupe et le public s’insultent à grand coup de fuck, fuck off, fuckin fuck, kiss my ass, piece of shit, j’en passe et des plus drôles. L’ambiance est détendue et les Finlandais pratiquent à ravir un humour très British. « We take the time we need, you little scumbag motherfucker ass licker… » en gros c’est à peu près les dires hautement philosophiques que déploie admirablement Albert Witchfinder, le bassiste chanteur du groupe.
  Et enfin le groupe débute, et directement, c'est la claque. 2 nouveaux morceaux nous sont servis d'entrée de jeu (voir la set-list), plus rentre-dedans, plus heavy, plus REVEREND BIZARRE. Moins true-doom, plus orienté Black-Sabbath, ces nouveaux morceaux délivrent un autre aspect du grand Albert qui possède un sens du riff plus qu'appréciable. Le groupe heabangue et picole, le public aussi. S'ensuit une avalanche de titres phares, The Wandering Jew, tout bonnement énorme, In The Rectory, doom à souhait, trippant jusqu'au dernier souffle. Le groupe joue quand même 1h30 et déploie le doom comme il doit l'être, lent, asphyxiant, lourd et enivrant à la fois. Oui, oui, on peut s'étouffer et être libéré en même temps, c'est toute la magie du doom que les trois Finlandais nous délivrent ici bas par un show parfait, même si on en aurait bien repris 30 mn, sauf pour Will qui roupillait dans la voiture, c'est dur d'être vieux (NdWill : c'est encore plus dur pour moi d'écouter 1 h 30 de doom….. et de supporter tes conneries… Warf !!) !!! Quoiqu'il en soit, nous (enfin, P.A seulement !) avons assisté ce soir à un très bon festival underground qui s'est achevé en fanfare par l'un des groupes de doom les plus talentueux que nous ne manquerons pas de revoir sur les planches lors de la sortie de leur nouvel album (NdWill : t'iras sans moi !). Stay True, Stay Doom !!!

Set-list REVEREND BIZARRE :
Blood
Cromwell
Sodoma sunrise
Doomsower
The wandering jew
Doom over the world
In the rectory

 

RAISMES FEST - Parc du Château de la Princesse d'Arenberg - Raismes - Les 11 et 12 septembre 2004

 

Samedi 11 sept : RAGE - PRIMAL FEAR + Tygers Of Pan Tang + EForce + Pyramaze + Falkirk + Mr Jack + show-case acoustique ANGRA
Dimanche 12 sept : ANGRA - AFTER FOREVER + Patrick Rondat + Revenge + Malediction + Snake Eye

Voilà 7 ans que le Festival de Raismes existe, par je ne sais quel miracle, puisque le public n'a pas toujours été au rendez-vous, alors que les organisateurs se sont toujours evertués à proposer des affiches de qualité ! Cette année encore, ils ont fait fort en invitant Rage, Primal Fear, After Forever et surtout Angra, pour une date unique en Europe avant la sortie de leur nouvel album, Temple Of Shadows, le 15 novembre. Joli coup !
Et enfin, la persévérance de ces passionnés du Métal que sont les bénévoles du Raismes Fest, a fini par payer, puisque plus de 2400 personnes ont franchi les grilles du magnifique parc du Château de la Princesse d'Arenberg, un endroit franchement idyllique pour un festival ! (NDRico : et dire qu'on a tout dégeulassé...)

PS : RETROUVEZ LES PHOTOS DU FESTIVAL, trés bientôt dans la rubrique Photos du site !!!

JOUR 1 : Samedi 11 septembre 2004
MR JACK :
La journée du samedi commence par l'annonce de l'annulation du show de The Last Embrace, remplacé au pied levé par un groupe au doux nom de MR JACK ! Qui c'est ceux-là, se demande-t-on ? C'est quand les mecs montent sur scène qu'on comprend ! Il s'agit en fait du nouveau groupe de Daniel Puzio (ancien chanteur/guitariste de VULCAIN), de Philty GARCIA (basse, ex-H-BOMB) et Gérard Michel (drums, ex H-BOMB également). Et là, tout à coup, une mauvaise nouvelle en devient une bonne. Merde, on touche là à des mecs cultissimes de la scène française des années 80, des pionniers ! Pendant 30 minutes, même si les mecs ne sont évidemment plus très jeunes, le trio envoie la sauce, à grands coups de rock n' roll sévèrement burné pour motard, voyez le genre ? Daniel Puzio et Philty Garcia (basse) se partagent le chant de très belle manière, mais quand même ! Entendre à nouveau la voix terrible de l'ex-chanteur de VULCAIN, ça fait quelque chose pour les anciens fans (comme moi!), bien que ça nous replonge aussi à l'époque où nous étions chevelus, beaux et élancés. Bref... Un très bon moment de hard rock, salué par le public qui commence à arriver.

FALKIRK :
Le temps de changer quelques trucs sur scène, et c'est déjà FALKIRK, groupe parisien de power-metal, qui dispose de 35 min pour mettre le feu. Les morceaux des deux albums du groupe, "Day Will Come" et "Magnus Imperium", sont bien représentés sur scène, et le public ne s'y trompe pas, réservant au groupe de belles ovations entre les morceaux. Les titres "Beware my Wrath", "Mighty Jewel", "Into The Flames", "Empire For Legacy" et "Riot" sont autant de brûlots, dont les parties rythmiques assez complexes sont parfaitement exécutées et le chanteur, Stéphane Fradet, a une putain de voix ! Bravo... Un petit regret, je sais de source sûre que le groupe avait prévu de jouer une reprise de Helloween, mais faute de temps, a dû s'en passer ! Si vous voulez savoir de laquelle il s'agissait, il vous faudra aller revoir le groupe en live... Hé hé

PYRAMAZE :
Il y a quelques mois, j'avais chroniqué l'album des Danois de PYRAMAZE, Melancholy Beast, en leur mettant un 9,5/10... La qualité des compos du groupe et surtout la voix du chanteur américain, Lance King, m'avait frappés ! C'est donc avec une certaine fébrilité que nous attendions le groupe. Etait-il capable de rééditer les mêmes exploits sur scène ? La réponse est oui, 100 fois oui !!! Quelle claque ! Beaucoup de gens ne connaissaient pas forcément le groupe, mais comment résister à des titres comme "Sleepy Hollow", "Forsaken Kingdom", "Melancholy Beast", "The Journey", "Legend" ou encore le speedé "Mighty Abyss", quand ils sont exécutés de main de maître par un groupe de super musiciens (avec une mention spéciale à Michael Kammeyer, gratteux de son état et au claviériste Jonah Weingarten, terrible dans ses solos) et quand ils sont chantés avec une telle maîtrise vocale ? Lance King est sans conteste un des meilleurs chanteurs de heavy qu'il m'ait été donné de voir : sa voix est magnifique et en plus, pour les yeux des filles, c'est un régal, puisque ce mec a en plus une stature et une gueule d'Appolon ! Y a des trucs injustes quand même sur Terre !!! Hé hé hé... L'ENORME claque du festival pour moi et pour une grande partie du public enfin nombreux, qui réserve une belle ovation au groupe !

E-FORCE :
Difficile de passer après une telle déferlante power-metal. Heureusement, la suite est beaucoup plus thrash, de par la présence des franco-canadiens de E-FORCE, groupe formé par Eric Forrest (basse-chant), ex-VOIVOD quand même ! En 40 minutes, le groupe, maintenant installé à Toulouse (!) assomme l'assistance de son speed-thrash inspiré et particulièrement virulent. Les mecs ont déjà bien éclusé avant le concert, mais juste ce qu'il faut pour être bien allumés et foutre le feu à une assistance qui ne demande que ça !!! Mention bien !

TYGERS OF PAN TANG :
Quelques jours avant le festival, BLAZE a annoncé qu'il ne viendrait pas, à cause de problèmes de line-up. Tant pis pour lui, car de nombreux fans (pas toujours au courant) étaient venus pour le supporter, le nombre incalculable de T-Shirts à l'effigie de la Dame de Fer le démontrant... Il est alors remplacé par des vieux de la vieille de la NWOBHM, TYGERS OF PAN TANG. On se dit qu'on y gagne pas au change quand les mecs arrivent, sortes de Benny Hill dégarnis et ridicules (faut voir le guitariste Robb Weir !). Sauf qu'on ne la fait pas à des mecs comme ça quand il s'agit de se mettre un public dans la poche ! Même si leur musique est un peu vieillotte, elle est parfaitement exécutée et le chanteur, Richie Wicks, est un véritable showman, qui arrive à faire chanter le public quand il veut ! Ne connaissant pas les compos du groupe, je ne vais pas vous dire quels morceaux ils ont joué, mais je peux par contre ajouter que j'aurais quand même préféré voir Blaze !!! Et je ne suis pas le seul...

PRIMAL FEAR :
La première grosse pointure du festival, PRIMAL FEAR, arrive vers 21 h, et c'est parti pour un peu plus d'une heure de pur heavy-speed allemand, à savoir une machine implacable, où le mastoque Ralph Scheepers fait figure de rouleau compresseur. Sa voix est d'une puissance rare, et il donne toute sa mesure sur des titres comme "Angel in black" ou encore "Metal is forever". Alors que tout se passe à merveille, un énorme orage s'abat sur Raismes, ce qui n'empêche pas le groupe, Tom Naumann et Matt Sinner en tête, de continuer à jouer devant les centaines de courageux qui n'ont pas fui le cataclysme... La douche passée, la fin du show est carrément électrique, les éclairs dans le ciel créant une ambiance de fin du monde carrément cool ! Heavy-Metal Thunder !!!!!!!

RAGE :
Alors que nous commençons à peine à sécher, les lumières s'éteignent pour que la grande messe RAGE puisse commencer. Quel show mes aïeux ! On comprend mieux après coups pourquoi les organisateurs ont choisi ce groupe pour en faire la tête d'affiche de ce premier jour. Le groupe de l'imposant Peavy Wagner, qui tient quand même la baraque depuis 1983, est en pleine forme, et nous assistons donc à une prestation de premier ordre. Il faut quand même rappeler que ce show marque le grand retour du guitariste Victor Smolski sur les planches, carrément un miraculé après ses terribles opérations du ventre il y a 2/3 mois ! Celui-ci, qui n'a jamais été très gros, est encore particulièrement amaigri, mais il a regagné toute sa vitalité et sa virtuosité (quel solo incroyable vers la fin du show !!!). Le groupe fait carrément parler la poudre pour notre plus grand bonheur avec des titres comme "From the cradle to the grave", "Lingua Mortis", "Sounchaser", "Down", "Days of december" ou encore "Paint the devil on the wall". Le batteur Mike Terrana nous gratifie d'un solo de malade, d'une technicité jamais vue en ce qui me concerne. Ce mec est un frappeur de haute volée doublé d'un showman, et ce qui est souvent un truc chiant, cassant l'ambiance, devient ici un moment irréel ! Excellent, une fois n'est pas coutume ! Quand le groupe revient pour en terminer, Peavy Wagner n'oublie pas de nous rappeler que l'on est le 11 septembre, que cette date est funeste depuis que les cinglés islamistes ont mis le Monde à feu et à sang il y a 3 ans : le titre est tout trouvé, ce sera "Set This World On Fire". Le public est démonté, ça slamme sec et RAGE s'en tire donc avec les honneurs d'une assistance conquise et sous le choc. Mille fois bravo !!!!

Les shows sont terminés, mais pas la soirée, puisque les organisateurs ont eu la bonne idée de faire venir ANGRA un jour plus tôt, et vers 00h30, une partie des fans est présente devant la Salle des Fêtes de Raismes, à 1 km du site, pour assister à un show-case acoustique des Brésiliens. Une fois la salle comble, les musiciens s'exécutent tout en finesse, le chanteur Edu sachant à merveille faire varier sa voix quand il ne s'agit de ne pas gueuler (ce qui ne sera pas forcément le cas le lendemain, mais on en reparlera après). Les cariocas jouent d'ailleurs un nouveau titre de "Temple Of Shadows", leur album à paraître, assez cool il faut dire. Chose fortement appréciée, Edu et Kiko Loureiro tentent de s'exprimer en français pour expliquer leurs titres. Cinq chansons plus tard et une pure samba en guise de cadeau final, le groupe se casse de scène pour laisser place à une soirée métal qui s'achèvera tard dans la nuit, où les fans peuvent prendre des photos avec leurs idoles ainsi qu'avec les mecs de Primal Fear, très enjoués, venus s'en jeter quelques-unes avant de partir pour Paris, où ils devaient jouer le lendemain. Au final, une excellente première journée et un mal de crâne assuré pour dimanche !!!! lol....

JOUR 2 : Dimanche 12 septembre 2004

SNAKE EYE :
C'est sous un soleil brûlant que cette deuxième journée commence sous les meilleurs auspices. C'est à SNAKE EYE, groupe venu de Los Angeles.... euh, non... de Paris, que revient le privilège (?) d'ouvrir les hostilités. Le groupe s'en sort à merveille, de par notamment la qualité des compos ("Tears In My Eyes", "Hope", ou encore "Make My Day") et de par la présence de l'ancien chanteur de Voodoo Smile, Boban Milojevic, qui est parfait pour chanter ce type de Hard US très typé années 80. Parfois, on croirait même entendre Mötley Crüe ou encore Dokken ! Le glam-rock survitaminé du groupe passe comme une lettre à la poste dans ce type de festival heavy metal, mais je ne suis pas certain qu'ils ne se seraient pas pris de tomates dans d'autres circonstances plus brutales... Ceci dit, ça semble plaire aux quelques centaines de gars et de gonzesses déjà présents à 14 h. Chacun ses goûts après tout.

MALEDICTION :
Une fois ce hors-d'oeuvre consommé, et les portes ouvertes depuis plus d'une heure trente, le public plus nombreux encore que la veille se masse devant la scène pour voir MALEDICTION, qui a sorti quand même cette année un putain d'album de heavy-speed, Esclave Du Vice. Mais encore un groupe, qui, malheureusement, fait les frais de la fin de NTS : pourvu que son album puisse encore se vendre ! Conduit par un Sylvain Mollard très en voix et vraiment bon en solo, le groupe nous assène de titres issu de Condamnés et donc d'Esclave Du Vice, ses deux albums, de fort belle manière et franchement, on en redemande ! Même si l'affiliation avec Sortilège est toujours présente dans le style du groupe, celui-ci fait preuve d'un bel enthousiasme communicatif et le show devient carrément dantesque quand résonnent dans nos oreilles des hymnes comme 'Dans ma mémoire", "Prisonnière" ou encore le superbe "Absinthe". Le groupe, pour nous faire regretter encore plus de ne pas être japonais, nous achève avec "Le Fils De Satan", qui n'est pas paru sur le pressage européen, seulement chez les Jap's, mais qui est une véritable tuerie pour finir un concert ! Nous ici, on s'en fout, sur le promo que nous avions reçu, il y était... Hé hé. Encore un grand bravo au groupe pour cette prestation couillue.

REVENGE :
La chaleur étant au rendez-vous, il est grand temps d'aller nous abreuver. C'est donc de loin que nous voyons le début de set des Lyonnais de REVENGE. Leur hard-rock très influencé par AC/DC n'est pas trop mal, mais ne nous transcende pas non plus. Le chanteur est un petit marrant qui n'hésite pas à faire chanter le public avec un micro gonflable de plus d' 1m50 et le show semble plaire à ceux qui sont devant la scène. Quant à nous, nous préférons aller discuter le bout de gras avec Patrick Rondat et Marc Villalonga (le photographe et responsable de la publication chez Rock Hard - voir photo en section Photos du site), qui comme nous, regardent ça de manière assez détachée. Désolé pour Revenge, mais la bière était trop fraîche, alors ensuite, on finit au bar ! On se demande encore bien pourquoi Malediction est passé avant eux ! La seule erreur de casting de ce festival...

PATRICK RONDAT :
Vers 16h45, changement d'ambiance ! PATRICK RONDAT et sa bande de virtuoses sont dans la place ! Tout ce que le festival compte de metalheads se presse devant la scène pour écouter et admirer le plus grand guitariste français sur un "Donkeys Island" qui met d'entrée tout le monde d'accord ! Ebahi par tant de maîtrise et de dextérité, le public ne se manifeste qu'entre les morceaux, pour le plus grand bonheur du guitariste et du nouveau et jeune claviériste Manu Martin, en provenance directe de Bordeaux. A signaler que le groupe n'a répété que trois jours avec lui avant ce concert de rentrée (NDRico : et c'était leur première date de tournée !!!), et même si quelques pains se font entendre ici et là, il semble que Patrick Rondat soit tombé sur un autre phénomène ! Patrice Guers, le bassiste infernal, met tout le monde à genou sur un solo de slap dont lui seul a le secret, aidé en cela par une rythmique irréprochable du batteur Dirk Bruinenberg (Elegy, Consortium Project) avant que le groupe ne revienne pour un final cataclysmique. Patrick Rondat se permet de vanner un peu : "on va finir par un morceau d'Amphibia, vous avez donc plusieurs options... Nous avons donc choisi la plus longue !" Et nous voilà embarqués dans les 6 parties "Amphibia", légèrement amputées ça et là, ce qui fait quand même près de 20 minutes non stop !!!! Du pur bonheur, le public est carrément en extase quand le guitariste prend son slide pour Amphibia part 3, très Pink Floydien dans l'âme. Salué comme il se doit par une assistance sous le choc, le groupe nous achève définitivement par un "Vivaldi Tribute" d'anthologie ! (NDRico : sur un bis-repetita anticipé par le groupe pour cause de timing très serré) La deuxième GIGANTESQUE claque du festival, après Pyramaze le samedi. Rico, notre webmaster, certainement le plus grand fan de Rondat en France, en chiale encore... (NDRico : certes, oui ... mais ça va mieux...) d'autant que nous avons la chance à la fin du concert de discuter pendant 20 minutes avec Patrice Guers de son boulot chez Rondat, chez Rhapsody, et parler technique et jeu de basse, en backstage. Merci à lui pour ce moment, un grand souvenir aussi !
NDRico : Au passage, pour les fans, voici le setlist : ( Merci Keeper ;) )
01 Intro
02 Donkey's Island
03 Ephemeral World
04 Tethys
05 Avalonia
06 Ladyboy (Patrice Guers bass solo)
07 Amphibia
08 Vivaldi Tribute

AFTER FOREVER :
Comment passer après une telle déferlante de notes et d'émotions ? Certains groupes se seraient poser la question, mais pas les Néerlandais d'AFTER FOREVER... Ceux-là commencent sérieusement à s'y entendre pour mettre le feu et il est vrai que les fans du groupe sont nombreux à avoir fait le déplacement. La musique du groupe, dans l'esprit de ce que peut faire un Nighwish, mais en beaucoup plus brutal, est parfaite pour ce genre d'évènement, d'autant que la nuit commence à tomber et que les superbes lights rendent grâce au groupe. Pour l'avoir croisée dans les backstages juste avant, je peux vous dire que Floor Jansen, la chanteuse, est un sacré cheval (NDRico : une sacrée jument en fait...), qui culmine à près d'1m90, mais comme son mec, le guitariste Sander Gommans, est encore plus grand, pas de problème ; leurs enfants seront basketteurs ou volleyeurs ! Blague à part, le groupe, ce soir, fait son boulot et le public s'éclate, c'est bien là le principal. Floor Jansen est une meneuse de revue parfaite ce soir, demandant au nombreux public de taper dans les mains et il faut dire que son mecton, Sander, grâce à des vocaux death bien sentis, apporte un côté dark au set. Des titres comme "Follow In The Cry" ou "Forlorn Hope" prennent alors toute leur envergure en live ! Le groupe profite aussi de cette date pour présenter quelques nouveaux titres, dont "childhood's Minor". A noter qu'à un moment, le guitariste Bas Maas lâche sa gratte, pour prendre un micro, et faire un duo avec Floor. Cool, on se dit qu'on va avoir "The Evil That Men Do", de Maiden... Et ben, que nenni ! On a plutôt droit à "Rock The Night" d'EUROPE, et même si la reprise est bonne, ça pue quand même pas mal, ça ! Que rajouter d'autre ? Un très bon show donné par un groupe au sommet de sa forme, mais tout ça manque un peu de folie, peut-être la faute au chant quasi lyrique de Floor. Faut aimer, c'est vrai... (NDRico : c'est vrai..., ceci dit c'était un show très carré...)

ANGRA :
Cette deuxième journée s'achève donc avec les Brésiliens d'ANGRA, venus donc tout spécialement de leur terre natale pour ce concert unique en Europe avant la sortie de leur album conceptuel, "Temple Of Shadows", le 15 novembre. Ne tournons pas autour du pot, nous n'avons pas vu du grand ANGRA ce soir ! La faute en incombe principalement à Edu, le chanteur, qui n'était que l'ombre de lui-même, et surtout l'ombre d'André Matos ! (NDRico : Angra sans André, c'est comme du couscous sans semoule, vous pouvez me citer...) De plus, ça fait plusieurs mois que le groupe n'a pas tourné et ça se ressent... Au bout de quelques titres, le chanteur plafonne vite dans les aigus, masquant son manque de souffle par des artifices gestuels et vocaux dignes de la Cast(r)afiore. Je n'ai rien contre lui, mais le concert devient vite barbant, alors que les lights sont superbes, le son très bon bien qu'un peu trop fort et les autres musiciens au top de leur forme, comme en témoignent les tappings de basse de Felipe Andreoli, particulièrement impressionnant sur sa six cordes ! (NDRico : et Kiko Loureiro et Rafael Bittencourt qui déchirent !!! Will... enfin !!!...) Le groupe balaie ainsi sa discographie fournie, par des titres comme "Nothing To Say", "Angel's Cry", "Carolina IV", "Never Undersatnd", "Wings Of Reality", "Lisbon" ou encore "Temple Of Shadows", issu de l'album à sortir... Que du bon. (NDRico : la, vous remarquerez que dans les titres cités pèle mêle, beaucoup appartiennent à la première période d'Angra, celle avec André Matos, et que Angra sans André...) Mais, car il y a un "mais", ANGRA est tout doucement en train de devenir un groupe de world-music, et un groupe à ballades. Il est vrai qu'Edu est bien plus à l'aise dans ce style que dans les titres qui ont fait la renommée du groupe au temps d'André Matos. C'est quand même sous une véritable ovation des true fans du groupe, que les musiciens saluent avec un drapeau brésilien, que se termine cette date et ce week-end, qui aura été une belle réussite quand même !

Avec le recul, on se dit que les organisateurs arrivent à proposer une affiche de plus en plus intéressante chaque année, que le public du Raismes Fest grossit et que le festival est tout bonnement en train de devenir l'évènement numéro 1 en France en ce qui concerne le style heavy - speed - power metal !!! Bravo à tous les bénévoles, aux groupes et à l'année prochaine !!!!! (NDRico : RAISMES FEST RULES !)

PS : Je tiens tout particulièrement à remercier encore chaleureusement Laurent Brylak, responsable du service Publicité, pour nous avoir permis d'obtenir les pass Presse et ainsi pouvoir proposer ce live-report à nos lecteurs, ainsi que toutes les photos que vous retrouverez dans la rubrique Photos du site.

Will Of Death

 

GRASPOP METAL MEETING - Dessel, Belgique - 25, 26, 27 Juin 2004

 

Le Graspop ! Parti de rien il y a 9 ans, ce festival est capable d'accueillir aujourd'hui plus de 35.000 metalheads venus de tous horizons et de permettre à 25.000 furieux de camper sur place ! De plus, l'organisation s'améliore d'année en année, avec l'adjonction de vraies chiottes en dur avec eau et de douches chaudes pour cette édition 2004. C'est un détail, mais il est d'importance quand les bradworsts et autres fûts de bière commencent à faire des ravages, et quand des nuages de poussière se soulèvent devant la scène extérieure ! Côté son de scènes, c'est parfait et franchement, après 3 jours intenses de métal, on a du mal à revenir sur Terre !

Le GRASPOP est d'abord une ambiance communautaire : les Hordes Métalliques Européennes ne font alors plus qu'une dans ce festival, à la gloire de notre musique préférée et du Malin. Plus rien ne peut nous atteindre, et cela est visible au niveau de la sécurité : aucune baston en 3 jours, et surtout aucun flic en uniforme sur le site ! Seule la Police Montée patrouille de temps en temps… Les habitants limitrophes du site l'ont bien compris aussi, et ouvrent carrément leurs portes de jardin et de garage aux métalleux, jusqu'à une heure avancée de la nuit, pour leur vendre café, soupes, et autres sandwiches (impensable chez nous, Français paranoïaques !). Un bon moyen de se faire du pognon, certes, mais surtout la meilleure façon pour que les maisons et les jardins autochtones sur le passage soient respectés. Les Belges ont vraiment tout compris de la mentalité métal, mais ça, on le savait déjà. On a vraiment plusieurs wagons de retard en France !

Pour parler musique maintenant, précisons que les groupes se produisent sur 3 scènes : les 2 Marquee, énormes chapiteaux de 10.000 places et la Main Stage, devant laquelle doivent pouvoir tenir au moins 40.000 personnes…

PS : Vous retrouverez les photos du festival en ligne vers le 20 juillet sur le site… (ben ouais, désolé, mais je pars en vacances !)

JOUR 1 : Vendredi 25 juin
Arrivés vers 10 heures, et après avoir planté nos tentes, nous nous dirigeons vers le site vers 13 h. Et là, ça y est, nous y sommes ; c’est parti pour 3 jours de furie. Un tour vers les stands merchandising et autres produits typiquement métal, et nous allons au ravitaillement tickets de boissons et de bouffe car il va falloir tenir… Vers 16 h, on se dirige vers le Marquee 1 pour assister à notre premier concert, celui de ACTION IN DC, certainement le meilleur tribute band à AC/DC qui existe. Tout y est, de l’imagerie au son de guitare, en passant par le look à la Angus Young du gratteux Vince… Young ( !) jusqu’à la voix extraordinaire du chanteur Mario Vermulst, qui est un vrai clone vocal de Bon Scott. Les meilleurs titres des Australiens sont passés en revue pendant 45 minutes (Highway To Hell, Bad Boy Boggie et son strip-tease, Let Ther Be Rock…), pour finir sur un excellent For Those About To Rock avec les canons et tout le toutim. Excellent pour commencer le festival ! Le public acclame le groupe à sa sortie et c’est amplement mérité.

DILLINGER ESCAPE PLAN (Marquee 2) :
On avait vu le groupe en première partie de System Of A Down il y a deux ans à paris et on avait été déçu par le son et la prestation bordélique du groupe en général, complètement allumé et bruitiste au dernier stade. Même chose ici, ce groupe et sa musique sont tout simplement incompréhensibles. On se casse donc au bout de deux morceaux boire une mousse et on n'est pas les seuls.

SUFFOCATION (Marquee 2) :
Là, la donne change ! Les New Yorkais sont de retour et nous avons assisté là à une prestation de tout premier ordre, hyper carrée et technique, death brutal à coups de blast-beats et de passages mid-tempo plus lourds. Frank, le chanteur chauve, est déchaîné et la section rythmique composée de Terrance, Hobbs et de Mike est inattaquable ! Remarquable concert de 45 minutes avec présentation de plusieurs nouveaux morceaux de Souls To Deny, le dernier album en date du gang. Puissant et impressionnant ! Suffocation rules…

IN EXTREMO (Marquee 1) :
Changement total une fois de plus d’ambiance et de style avec les Allemands d’In Extremo, sortes de bardes métalliques fans de Rammstein, habillés en gladiateurs, jouant sur des instruments folkloriques anciens.
« Quel spectacle ! Ces métalleux d’une autre dimension nous emmènent bombarde et vielles en bandoulière, des temps reculés des troupes d’Attila jusqu’au XIIIème siècle, dignes des distractions festives médiévales, guitare et batterie en plus, et dans un style influencé par Rammstein. On se laisse porter et on s’attache vite à eux. Des tournées plus fréquentes seraient donc les bienvenues ! »
- Jean-Marc Hamann, alias Eul’ Soïeux.

AFTER FOREVER (Marquee 2) :
Les Hollandais jouant pratiquement à domicile, la partie semblait gagnée d’avance… Et ce fut le cas, tellement le groupe a bien joué, sans parler de la prestation de Floor Jansen, la chanteuse super bien roulée, magistrale de justesse, de mélodie et de puissance. Les Néerlandais remportent alors la première grosse ovation de la journée. Leur musique beaucoup plus brutale que celle de Nightwish par exemple, ravit les 10.000 personnes, grâce aussi à l’apport de la voix death caverneuse de Sander Gomans. Excellent, à revoir !

HYPOCRISY (Marquee 2) :
Après être passé à leur dédicace se faire tirer le portrait avec les ziciens, nous partons les voir sur scène. Les Suédois, avec Horgh (ex-Immortal) à la batterie, arrachent tout sur leur passage et confirment leur nouveau statut de leader de la scène death metal européenne. Une rythmique en béton armé, un Peter Tägtgren sachant varier sa voix entre le criard et l’outre-tombesque et des compos comme « Roswell 47 » taillées pour le live, tout concourt à la réussite du concert. Malheureusement, le début imminent du show d’Iced earth nous oblige à partir avant la fin ; c’est bien le seul regret de cette prestation de qualité !

ICED EARTH (Marquee 1) :
Tête d’affiche de ce premier jour, Iced Earth a très bien rempli sa mission, aussi bien musicalement que visuellement. Tout y est : le backdrop géant de la dernière pochette, les canons, les sacs de poudre, les drapeaux sudistes et nordistes… Un superbe lightshow magnifie les compos béton de Jon Schaffer (qui reste assez statique, mal de dos oblige…), secondé par un Ripper Owens des grands jours. Ce mec est sans conteste un des plus grands chanteurs de heavy, sauf qu’on a tellement été habitué à entendre Matthew Barlow sur des titres comme « Dracula », « Something This Way Comes » ou « My Own Savior », que sa voix plus aigue manque parfois de texture. Ceci dit, il chante tellement juste que ça passa au final assez bien. Le groupe finira sa prestation par la terrible trilogie de 30 minutes de The Glorious Burden, où J. Schaffer et R. Santolla apparaissent respectivement avec des manteaux des Sudistes et des Confédérés, avec une guitare assortie aux drapeaux. Bien vu. Pour conclure cette première journée, ce show fut parfait et le public le rend bien aux musiciens, qui arborent enfin un large sourire (même Schaffer !) et saluent longuement.

EXODUS (Marquee 1… en urgence !) :
Initialement prévu sur la scène du Marquee 2, le groupe et tout son matos déjà installé (!) sont déplacés en catastrophe au Marquee 1, après qu’un connard ait balancé une bière sur la console, la mettant hors d’usage pour le reste de la soirée. Ce con s’est fait chopper en plus : à mon avis, la fin de son festival a du être pénible. Bien fait pour sa gueule ! Le groupe démarre donc son show avec plus d’une heure de retard sur l’horaire prévu, vers 2 h du mat’. Trop tard pour de nombreux métalleux éreintés par plusieurs heures de slams et de bibine, mais pas pour nous ! Merde, ces mecs sont des légendes, ni plus ni moins ! Une heure de thrash apocalyptique, avec « Piranha », « Shroud Of Urine », « Lesson In Violence », « Tempo Of The Damned » ou encore « Exodus »… La tuerie pour les vieux fans comme nous mais aussi pour les nouveaux, puisque pas moins de 5 nouveaux titres sont joués ce soir. Gary Holt headbangue furieusement avec ce qui lui reste de cheveux pendant tout le concert, Rick Unholt nous sort des solos de dingue en souriant aux photographes (…) et Tom Hunting martèle sec, tel un métronome sous acides. Steve « Zetro » Souza est excellent et d’une puissance rare avec sa voix taillée pour le thrash. En résumé, les 6.000 personnes encore présentes à 3h30 du mat’ sont nazes, mais heureuses et nous avec ! Il est alors grand temps de regagner le camping car la journée de samedi s’annonce encore plus grandiose !

Groupes non-vus le vendredi : Cowboys & Aliens, Circle II Circle, Anathema, Epica.

JOUR 2 : Samedi 26 juin
Après 5 heures de sommeil et une douche salvatrice, nous partons tôt vers le site sous un soleil radieux, Metal Market oblige !
C’est donc délesté de plusieurs dizaines d’euros que je me dirige vers la Main Stage pour assister à la fin du concert d’ EVERGREY, chargé d’essuyer les plâtres. Bonne prestation apparemment devant à peu près 8.000 personnes. Ces mecs sont de super musiciens, au look étudié et le chant puissant de Tom S. Englund est tout bonnement magique et d’une mélodie rare. Et en plus, ce mec est un guitar-hero pour ne rien gâcher. Les deux derniers morceaux joués, “Touch Of Blessing” et “The Masterplan” sont carrément jouissifs et les 15.000 personnes maintenant présentes ne s’y trompent pas en acclamant le groupe. Un grand moment.

BRIDES OF DESTRUCTION (Main stage) :
Nikki Sixx, ancienne tarlouze camée de Mötley Crüe, s’est mué en punk rocker glamouze cradoque avec son Brides Of Destruction. Le look du chanteur London LeGrand est en outre aussi incroyable et Tracii Guns est quand même un putain de gratteux. Gras à souhait, et survitaminé, le rock des Ricains déchire bien et le groupe s’amuse sur scène, content d’être là. Le public présent (environ 10.000 personnes) apprécie et se déchaîne littéralement quand le groupe entame l’intro de « Shout At The Devil » du Crüe ou encore « Live Wire », issu de Too Fast For Love (merci Bruno pour l’info !). Sympa !

SCARVE (Marquee 1) :
Le seul groupe français à l’affiche (en oubliant volontairement Pleymo), méritait notre présence, d’autant que de toute façon, on est fans du groupe, ici, à Noiseweb. Leur dernier album, Irradiant, est une pure tuerie et on attend donc beaucoup du groupe. Mais peu habitué à jouer dans une telle salle, l’ingénieur du son de Soilwork, que le groupe a emmené dans ses valises pour les deux festivals du week-end (Graspop et Fury Fest), n’a pas semblé être très à son affaire car le son du groupe n’est pas terrible et surtout trop fort. Dommage car les musiciens assurent grave ; ils reçoivent quand même au final une bien belle réponse des 6 / 7.000 personnes présentes sous le chapiteau, quand le groupe achève son show avec le morceau « Irradiant ». Bravo à vous les gars !

PLEYMO (Main Stage) :
L’hérésie du festival ! Et sur la Main Stage en plus… Qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie est venue faire au Graspop ? A part quelques néo-métalleux devant la scène qui semblent apprécier, le reste est bon à jeter. Le groupe français (on a honte à ce moment-là !) reçoit d’ailleurs la plus belle volée de verres de bière et de « fuck fingers » du festival. Et ce n’est que justice, tant ce néo-métal déplaisant à coups de scratch et de chant rappé est pitoyable. Dehors ! Mettez-nous Loudblast ou Gojira la prochaine fois…

QUEENSRYCHE (Main Stage) :
Premier gros groupe de la journée, 20.000 personnes s’approchent de la scène, plus par curiosité je pense, puisque qu’il n’y a pas beaucoup de metalheads arborant des t-shirts du groupe de Seattle. Leur prog-metal conceptuel a quand même du mal à passer en plein air… Geoff Tate est magnifique de puissance et de justesse, le groupe joue merveilleusement bien et juste derrière, mais ça manque cruellement de folie. A revoir dans une salle avec un vrai light-show et des écrans géants passant les vidéos !

MORBID ANGEL (Marquee 1) :
The Kings Of Evil death metal are in the house ! Il était par conséquent hors de question d’être ailleurs que collé aux barrières juste devant la scène, en tant que die-hard fan du groupe ! « Do you want some pain, Graspop ? », nous demande Steve Tucker en excellente forme vocale. Evidemment que l’on veut avoir mal ! Et c’est parti pour « Pain Divine » et les plus méchants pogos et slams du festival jusque là. Quelques « Lord Of All Fevers And Plague », « God Of Emptiness », quelques solos plus tard de Trey Azaghtoth souriant, le groupe termine sa prestation par un « Chapel Of Ghouls » cataclysmique, dont les refrains sont repris bestialement par les 10.000 metalfreaks présents. Impressionnant et magique à la fois. Et puis merde, Pete Sandoval est le dieu des marteleurs de fûts, tous cres mecs sont des dieux ! Satan Bless Morbid Angel !!!

SOULFLY (Main Stage) :
Une des déceptions du festival… D’une part, tout ce cirque autour du groupe est gonflant, et c’est toujours la même chose : les « jump, jump, jump… », ça va un moment, mais sur tous les morceaux, ça pue. Voir Max Cavalera et sa bande sur la Main Stage n’a rien de révoltant en soi, vu le statut du bonhomme, mais l’effet de surprise n’existe plus du tout. On sait à quoi s’attendre à un concert de Soulfly. Alors, évidemment, ouvrir le concert par un « Prophecy » bien violent, c’était gagner la partie auprès des quelques néo-métalleux avec collier à boules présents, mais pour le reste, on s’ennuie vite ferme. Heureusement que comme d’hab, Cavalera a eu la bonne idée de reprendre son « Roots Bloody Roots », qui produit toujours son effet, car seul lui est capable de le chanter correctement. Bref, on a écouté, mais de loin, en sirotant une bonne Maes Pils. A revoir dans une ambiance plus intimiste, avec un vrai light-show là aussi, à condition qu’il ne nous joue plus ces horribles titres reggae !

ANTHRAX (Marquee 1) :
Une des grosses attentes du festival, vu le monde qui se précipite au Marquee dès la fin du set de Soulfly terminé. Et on ne va pas être déçu. Dire qu’en 1995, plus personne n’en avait rien à branler d’ Anthrax, puisque leur concert s’était déroulé sous un chapiteau quasi vide… Cette année, c’est tout le contraire, et Anthrax nous a une nouvelle fois assommés complètement grâce à une qualité de jeu irréprochable, une très bonne set-list et un son proche de la perfection. Le groupe a aussi eu la très bonne idée de jouer des titres plus récents comme « We’ve come for you all » ou « Only », et évidemment les classiques intemporels que sont devenus « Caught In A Mosh » ou encore « Among The Living ». Mais c’est vraiment sur « Indians » que l’on se prend des pieds et des coudes dans la tronche à tout va, le public étant à ce moment littéralement déchaîné. John Bush est excellent, Scott Ian et Charlie Benante sont des métronomes, le bassiste Joey Vera (transfuge provisoire d’ Armored Saint) a une sacrée pêche et a déjà récupéré tous les backing-vocals ! On n’oubliera pas que le groupe a aussi joué « Antisocial », ce qui fait toujours plaisir. Bref, Anthrax se place au final dans le top 5 des groupes de ce festival 2004, sans conteste ! Bravo et merci !

MOTÖRHEAD (Main Stage) :
Leur dernier album, Inferno, étant une nouvelle fois une tuerie (voir chronique sur le site), il nous tardait de retrouver Lemmy, Phil et Mikkey Dee sur la Main Stage du Graspop. Seul regret de ce concert, c’est qu’ils n’aient pas joué plus longtemps et à une heure plus tardive pour bénéficier du light-show, parce que quand démarrent des « Killed By Death », « Overkill », un « Aces Of Spades » ou encore le nouveau « Terminal Show », appelé à devenir un classique du groupe, on peut vous dire que ça ramone sec et qu’on a tous la banane ! Vous imaginez que de nombreux punks avaient aussi fait le déplacement pour la bande à Lemmy ; le pit est vite devenu assez dangereux quand ont retenti les premiers accords de « Sacrifice ». Votre serviteur, qui était au milieu de ce carnage pour vous proposer les photos que vous pouvez retrouver dans la partie Photos du site, en garde quelques stigmates au niveau de l’arcade, mais c’est trop bon d’avoir mal dans ces conditions ! Lol… Les nuages de poussière soulevés par plusieurs milliers de pieds en train de pogoter ont vite rendu l’atmosphère irrespirable, mais c’est ça aussi le Graspop ! Motörhead rules, Lemmy, à 58 ans, est une icône du métal, Phil Campbell est un pur rocker au niveau de ses solos, et Mikkey Dee fait partie du top 10 des batteurs (il nous a gratifié d’un de ces solos de batterie ! Grave…). Vivement le prochain concert de Motörhead, on y sera !

SLIPKNOT (Main Stage) :
N’étant pas fan du tout de néo métal (ça, je pense que vous l’avez compris depuis le temps…), je n’attendais pas grand-chose de ce concert de Slipknot, prévu pour nous engourdir pendant une heure. Et bien, comme quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, nous avons assisté là à une très grande prestation des masqués de l’Iowa… Une scène impressionnante de par la présence de tous les accessoires chromés des percussionnistes par exemple, un backdrop gigantesque derrière, et une violence scénique hors du commun, même si les musiciens semblent moins se détruire maintenant qu’auparavant. Corey Taylor alterne chant clair et chant death sans forcer, et je trouve qu’il a une des voix les plus extrêmes qui soient. De plus, quand il harangue la foule compacte (30.000 personnes au bas mot), il le fait de manière intelligible et sympa. Côté musique, Joey Jordison à la batterie est tout simplement hallucinant et le reste du groupe semble être à son apogée. Le nouveau single, « Duality », passe bien mieux en live que sur disque, de même que « Pulse Of THe Maggots » et des titres classiques comme « Wait And Bleed », « Surfacing », « Spit It Out », ou encore « People = Shit » et « Disasterpiece » issus de Iowa, sont autant de brûlots propices aux slams les plus frénétiques. D’ailleurs, dès l’intro « 742617000027 » enchaînée à « (Sic) » au début du concert, la fosse n’est plus devenue qu’un carnage, le plus violent de tout le festival. Franchement, impossible de ne pas apprécier ce type de prestation intense… La différence entre Slipknot et toute cette mouvance néo métal, c’est que ces mecs sont des fans de death metal et ça s’entend. Une des claques du festival sans aucun doute, que je n’attendais pas !

CRADLE OF FILTH (Marquee 1) :
10 fois que l’on voit Cradle, donc aucun effet de surprise n’était à attendre. Le backdrop de la pochette du dernier album en place, le groupe démarre son set pied au plancher, alternant ensuite avec des morceaux plus atmosphériques, ce qui arrive à créer l’ambiance, notamment grâce à un light-show étudié comme d’habitude avec les Anglais. Dani Filth étant le seul survivant du line up de Dusk… And Her Embrace et de Cruelty And The Beast, on se dit qu’on aimerait bien que les autres membres reviennent, notamment Nick barker à la batterie, parce même si Adrian Erlandson assure, il ne vaut rien sur les blast-beats ! Alors, vous me direz, des morceaux comme “The Forest Whispers My Name”, “Dusk And Her Embrace”, “Cruelty Brought Thee Orchids” ou encore ”Her Ghost In The Fog” sont toujours de grands moments en live, mais depuis la tournée Cruelty And The Beast, la magie s’en est allée. Pour nous faire patienter un peu, le groupe a joué un nouveau morceau du prochain album, qui est très dans l’esprit de ceux qu’on a eu sur Midian et From The Cradle… mais dont je ne me souviens plus du nom, trop occupé à recevoir des slammeurs sur la tronche ! Le groupe finit son show par « From The Cradle To Enslave » et reçoit une ovation du tonnerre, méritée, car quand même, c’était un putain de show ! A noter quand même la colère noire de Sarah Jezebel Diva au milieu du show à l’encontre du technicien retour qui n’arrivait pas à lui régler le son dans l’oreillette… et qui a fini par se tirer pendant plusieurs minutes avant de revenir. Culte !

ALICE COOPER (Main Stage) :
Le Vincent Furnier, alias Alice Cooper, est une icône du hard rock aux USA, mais il faut reconnaître qu’il n’a pas tout à fait le même statut en Europe, même si certains ne seront pas d’accord avec moi. N’y connaissant rien à la discographie du sieur, je laisse la parole à un fan, Jean-Marc Hamann. Eul’ Soïeux, le retour :
« Que dire ? Rien que sa présence en tête d’affiche de ce deuxième jour explique tout. Un commencement par « Hello Hurray » et « No More Mr Nice Guy », que rêver de mieux ? Le show proposé ici est plus long que celui de 2003, tête d’affiche oblige ! Le boa a repris du service, l’infirmière égorgée est bien présente, de même que la camisole de force. Ils annoncent un « School’s Out » d’anthologie, suivi d’un lâcher de ballons. On ne s’en lasse pas, ce mec est charismatique à souhait, ameutant les foules. Sa musique bien heavy rock est donc attendue de pied ferme bientôt en France pour une nouvelle tournée ! »
- Jean-Marc Hamann

Groupes non-vus le samedi : Oomph !, My Dying Bride, Do Or Die, Backfire, Discipline, Blood For Blood, terror, Agnostic Front.

JOUR 3 : Dimanche 27 juin
Une fête trop arrosée la veille et nous voilà dézingués pour le début de la journée, mais les bons petits-déjeuners proposés par les autochtones ont vite fait de nous remettre d’aplomb pour attaquer cette dernière journée. Déjà, putain !!!
La flotte tombée toute la nuit et au petit matin nous a fait craindre le pire pour cette journée, mais comme par enchantement, les nuages se barrent au moment où nous arrivons sur le site, pour laisser place à une chaleur d’enfer. Les dieux du Metal sont avec nous !!!

MALEVOLENT CREATION (Marquee 1) :
Du death metal brutal pour commencer la journée, c’est cool, non, quand on a mal au crâne ? Les Ricains ont vite fait de nous en mettre plein la tronche, notamment avec les morceaux récents de The Will To Kill et du dernier album en date, Warkult. Une scène hyper dénudée (à peine les amplis et la batterie), ça fait un peu bizarre, mais les mecs assurent tellement bien que finalement, on s’en fout ! Même si seulement à peu près 4.000 personnes sont présentes au début du set, le groupe ne s’en laisse pas compter, et enchaîne pendant 45 minutes son death metal bourrin et varié, et surtout très inspiré. Le public ne s’y trompe pas et acclame le groupe, qui finit son show devant environ 8.000 personnes. Une bonne mise en bouche pour la journée !

DESTRUCTION (Main Stage) :
Ayant loupé le rendez-vous avec le groupe sur le X-Mas Festival en décembre, la faute au plafond récalcitrant de l’Hof Ter Lo, nous nous dirigeons vite vers la Main Stage pour ne pas louper le début du show des Allemands, qui va se dérouler sous le cagnard… De l’old-school thrash metal comme on l’aime ! Schmier, le bassiste/chanteur, est heureux d’être là, et le fait d’entrée savoir au public. Il félicite aussi les Hollandais présents sur le site pour la qualification de leur équipe la veille pour la demi-finale de l’Euro au Portugal… ou comment se mettre la moitié du public dans la poche sans forcer ! Côté musique, les meilleurs titres sont passés en revue (« Curse The Gods », « Bestial Devastation », « Mad Butcher », « Life Without Sense »…) et le groupe ainsi que le public s’éclatent aussi sur les titres de « Metal Discharge », le dernier (excellent) album du groupe. Malheureusement, peu de monde semble concerné par le concert des Allemands à cette heure-là, et c’est environ 6 / 7.000 personnes seulement qui se massent devant la scène. Mais comme on dit, les absents ont toujours tort, car ce set s’achève en puissance par le titre « Total Desaster » , issu du premier album Sentence Of Death, de 1984 (thx to Evil Boris pour l’info !!!). Seul motif d’insatisfaction : il manque toujours une deuxième guitare rythmique, surtout sur les solos, mais il y a bien longtemps que le groupe a fait le choix d’évoluer en trio, donc, ben, ça nous va aussi !

TESTAMENT (Main Stage) :
Revoir les thrashers de San Francisco est toujours un bonheur, surtout quand on sait ce qui est arrivé à Chuck Billy ces dernières années ! D’ailleurs, celui-ci est en super forme, avec cette fois sa longue chevelure qui a repoussé, et une voix parfaite. A croire qu’il n’a jamais eu de cancer de la gorge… Même si le groupe n’a pas été épargné ces temps-ci (départ de Steve Smyth chez Nevermore, jambe cassée la semaine dernière pour Eric Peterson, remplacé magnifiquement au pied levé par Mike Chlasciak, le guitariste d’Halford), quel show, mes amis !!! Hé, y a quand même Paul Bostaph, carré de chez carré, derrière les fûts et un certain Steve Di Giorgio à la basse, toujours aussi impressionnant sur ses basses fretless et aussi à l’aise au doigt, qu’au médiator ou en tapping ; c’en est même énervant au final ! Comment résister à des morceaux comme « Into The Pit » (où c’était la guerre !), « Over The Walls », ou encore « Demonic Refusal » ? Impossible… TESTAMENT est grand, voilà tout, pas besoin d’en rajouter. Je ne m’en remets pas : la grande transe de ce festival pour moi et pour beaucoup des 20.000 personnes devant la scène ! Testament fuckin’ rules, motherfuckers !!!

DEATH ANGEL (Marquee 1) :
L’infernal triptyque thrash allait donc s’achever avec Death Angel, de retour dans les festivals européens après 14 ans d’absence, la dernière venue du groupe en open air remontant au Dynamo Fest. de 1990 ! Et un nouveau pied fabuleux, comme auparavant au Biebob de Vosselaar en novembre dernier… On ‘attend pas de surprise de Death Angel, on attend simplement qu’ils soient eux-mêmes, c'est-à-dire un putain de groupe de thrash aux accents heavy et punk et qu’ils nous bottent le cul, notamment avec les morceaux anciens de The Ultra-Violence. Toujours jouissifs, les « Kill As One » et autre « Voracious Souls ». « Seemingly Endless Time » n’est pas oublié non plus et marc Osegueda nous régale toujours autant avec sa voix... « Thrown To The Wolves » et « Thicker Than Blood », du dernier album, passent aussi comme une lettre à la poste. A la fin de « Kill As One », en rappel, le bassiste Denis Pepa, complètement punk et allumé, balance son pied de micro sur la gueule des photographes et sa basse (!) dans le public !!! Putain, pourquoi je n’étais pas à droite de la scène, bordel ?! Magique ; les 10.000 personnes (plus toutes celles qui n’ont pas pu entrer sous le chapiteau) acclament le groupe pendant de très longues minutes, pour la première fois depuis vendredi !

THERION (Marquee 1) :
Une batterie à gauche, un podium avec 5 micros à droite, oui, Therion est bien là avec ses choristes. Les deux derniers albums du groupe, Sirius B et Lemuria, viennent de ramener les Suédois vers ce qu’ils faisaient sur Vovin et Theli, et c’est tant mieux. On attendait donc beaucoup de leur concert et on n’a pas été déçus ! Christopher Johnnson est vraiment un phénomène doublé d’un bon gratteux. Sur les vieilles chansons de Vovin ou de Theli, il s’est remis au chant death pour notre plus grand bonheur et il est admirablement secondé par plusieurs chanteuses et chanteurs classiques, dont Sarah Jezebel Deva. Kristian Niemann, le guitariste soliste est excellent sur les nombreux passages mélodiques. Un chanteur heavy, dont je ne connais malheureusement pas le nom, chante puissamment les parties claires de fort belle manière, ce qui crée le contraste attendu… Côté ambiance, ce n’est pas la folie, mais toutefois, le chapiteau est plein comme un œuf et le groupe reçoit l’ovation qu’il mérite. Quel pied aussi que de réentendre le morceau « To Mega Therion » en guise de cadeau final de cette excellente prestation. Cependant, un bémol de taille ; il n’y a guère de magie dans ce show : là où Nightwish, dans le même style heavy speed symphonique, a réussi, Therion échoue depuis toujours. C’est certainement ce qui privera le groupe de plus de succès, quoi qu’il fasse, même si c’est excellent, comme ses deux derniers albums !

FEAR FACTORY (Main Stage) :
FF is back ! Voilà un groupe qui faisait partie des plus attendus de ce festival, sans aucun doute ! Et on n’a pas été déçus, même si les rythmiques syncopées qui s’imposent sur tous les morceaux peuvent s’avérer répétitives à la longue, surtout après 3 jours de dinguerie. Voir comment Christian Olde Wobers allait s’en tirer à la guitare était aussi attendu. Et bien le bougre est ultra carré, même si son attaque de cordes est moins technique que celle du Dino Cazares d’antan. Mais on sent bien que depuis que FF s’est débarassé du poids de Dino (facile, celle-là !), l’entente est redevenue parfaite et les musiciens sont contents d’être là. Le groupe ayant commencé son concert par les deux premiers morceaux de son nouvel album (« Slave Labor » puis « Cyberwaste »), le show démarre sur les chapeaux de roues, pour continuer sur des tueries comme « Replica », « Demanufacture », « Shock » ou encore « Act Of God ». Ce concert est en fait un véritable best of d’une intensité rare, grâce à la frappe de Ray herrera derrière les fûs, qui n’en loupe pas une. Impressionnant ! Burton C. Bell n’arrête pas de haranguer le public pour les refrains, comme sur « Edgecrusher ». 20.000 personnes sont à ce moment-là intéressés par ce qui se passe sur scène, c’est-à-dire la renaissance d’un des tous meilleurs groupes de métal !

DIMMU BORGIR (Marquee 1) :
Les maîtres actuels du black metal en guise de bouquet final de ces trois jours ; de quoi pouvions-nous rêver de mieux ? De plus, le groupe a eu la bonne idée de demander à Peter Tägtgren (de Hypocrisy) de rester sur le festival pour qu’il assure le son des Norvégiens. Comme on était juste collés aux barrières de la console son, nous avons eu tout le loisir d’assister aux balances faites par Peter, et c’est vraiment du grand spectacle. Mais curieusement, le son est assez pourri quand Dimmu arrive sur scène avec leur batteur session, Reno Killerich, qu’on ne verra d’ailleurs pas du concert, noyé qu’il fut dans les fumées de scène. Au bout de deux ou trois morceaux, Peter T. trouve enfin la bonne formule et le concert devient magique. Cradle Of Filth , vu la veille, peut aller se rhabiller ! Dimmu est 10 fois meilleur qu’eux et Shagrath a vraiment une des voix les plus evil de tout le métal contemporain, et ce, sans forcer. Alors que tout se passe bien, un crétin ne trouve pas mieux que de balancer un verre de bière vers la console (une fois de plus !!!), verre que Peter T. se prend en pleine gueule, ce qui sauve d’ailleurs certainement la console du pire… Putain, respect, merde pour ces mecs ! Côté scène, tout se passe à merveille avec des titres comme « Mourning Palace », « Reptile », « Kings Of The Carnival Creation » ou encore « Blessings Upon The Throne Of Tyranny » et « Hybrid Stigmata », où Vortex éclaire toute la salle avec sa magnifique et enivrante voix claire ! Magnifique… Le public est aux anges et c’est la guerre dans le pit sur les parties rapides… Le groupe, au bout d’une heure, en rajoute une dernière couche avec « The Insight And The Catharsis », tiré de Spiritual Black Dimensions, morceau béni des dieux du Valhalla et qui est parfait pour terminer cet apocalyptique concert evil au possible. Dimmu Borgir ! Dimmu Borgir ! Dimmu Borgir !!!

JUDAS PRIEST (Main Stage) :
Revoir Judas Priest live avec Rob Halford était le rêve de tous les anciens fans du groupe, même si ce genre d’entreprise a souvent des motivations bassement mercantiles. Mais laissons ces considérations de côté et donnons au contraire la parole à un die-hard fan originel du groupe, Bruno Furnari, animateur de l’émission Extreme Tatoo (sur Pastel FM, 99.4 FM, tous les lundis de 22 h à minuit, une radio près de Lille), puisque nous n’avons pas vu tout le show :
« Pour finir le Graspop 2004 en beauté, Judas Priest featuring Rob Halford !!! Le groupe, en grande forme, nous a proposés un concert à la hauteur de nos espérances : une set list archi classique (peut-être même trop) : l'intro The Hellion enchaînée à Electric Eye comme sur album, The Sentinel (splendide !), Metal Gods, Living After Midnight, le très attendu Painkiller... Les musiciens, visiblement heureux d'être de nouveau en compagnie de celui qui reste la voix du Priest, ne changent pas au fil des années : KK Downing et Glen Tipton s'entendent toujours aussi bien, Ian Hill, la force tranquille, un Scott Travis impérial derrière les fûts (voilà un excellent batteur à la double, Maiden devrait en prendre de la graine) et cette voix haineuse, colérique qui fait défaut à bon nombre de chanteur de true metal : Rob Halford est grand !
Après 1h30 de concert, le Priest nous quitte et rassure : si le prochain album (qui sera produit par Roy Z, le producteur d'Halford) est aussi bon que ne l'a été ce concert, le groupe risque de récupérer sa couronne de Roi du Metal. Cela ne serait que justice ! »

- Bruno Furnari, alias Rob Halford…

Groupes non-vus le dimanche : Seven Witches, Life Of Agony, Children Of Bodom, Shadows Fall, Killswitch Engage, Chimaira, Ignite, Ill Niño, Hatebreed.

Voilà, c’est fini. J’espère que ça vous aura plu et que ça vous donnera surtout envie de venir un jour au Graspop si vous ne connaissez pas cet extraordinaire évènement métal européen. Le Wacken n’a plus la priorité et d’ailleurs, l’affiche du Graspop 2004 lui était largement supérieure. Vous savez ce qui vous reste à faire l’an prochain, surtout que le festival fêtera ses 10 ans : ça nous promet quelque chose d’encore plus grandiose ! METAL RULES !

PS : vous retrouverez mes photos du festival sur le site aux alentours du 20 juillet, restez connectés ! Et bonnes vacances à tous !!!

Will Of Death

 

LOUDBLAST / IMPALED NAZARENE - Lille (Le Splendid) – le 15 mai 2004

 

Des craintes… Ce concert, 10 jours encore avant cette date, a suscité des craintes, quant à une éventuelle annulation, faute de pré-ventes en assez grand nombre... Mesdames et Messieurs les métalleux, il semble que vous n'ayez toujours pas compris le système des pré-locations de billets, si vous voulez être certains de voir se dérouler à coup sûr un concert ! Mais heureusement, le public lillois est fidèle et au final, c'est un Splendid quasi plein (plus de 750 personnes !) qui a réservé un chaleureux accueil à SON groupe régional, LOUDBLAST. Tant mieux…
En guise de hors d'œuvre, nous avons eu droit à un IMPALED NAZARENE des familles, qui a tout retourné avec son nuclear metal apocalyptique. Les Finlandais, en day off normalement sur leur tournée en tête d'affiche, n'étaient pas peu contents de se retrouver là, plutôt que de glander et de devoir payer un hôtel pour rien pendant 2 jours… Voilà un groupe qui a une sacrée discographie derrière lui et qui demande au final des clopinettes aux organisateurs, juste de quoi se restaurer et se payer une chambre d'hôtel ; cool et bon esprit. Ceci dit, attendus de pied ferme par une frange non négligeable du public et servis par un son excellent (comme d'habitude au Splendid), les cinq scandinaves nous ont littéralement assommés pendant 45 minutes, à coup d'accélérations fatales suivies de blast-beats non moins tonitruants ! On aime ou on n'aime pas, parce que ça va toujours à 100 à l'heure, mais heureusement, leurs deux derniers albums contiennent des morceaux plus variés et c'est sur ceux-là que s'appuie maintenant IMPALED NAZARENE en live. Mika Luttinen, le chanteur, est toujours aussi peu bavard, mais quelle voix ! Un vrai scalpel pour tympans. Le groupe, derrière, est tout aussi impressionnant de puissance et de justesse et cette première partie s'est donc révélée être assez jouissive, comme en ont témoignés les longs applaudissements à la fin du concert !
Quelques minutes pour changer le matos et enfin, LOUDBLAST revient sur ses terres lilloises, 5 ans après le dernier concert (si on oublie le tribute à Chuck en 2001). Et quel retour, les amis ! Une salle quasi pleine, un son d’anthologie, des musiciens au sommet de leur art et une ambiance des grands soirs : que demander de plus ? Pour ne rien gâcher de la fête, tous les amis de longue date du groupe et les familles des musiciens s’étaient donnés rendez-vous pour que la soirée soit complète, et elle le fut ! Autre évènement important pour le groupe : la venue surprise d’un Nicolas Leclercq aux cheveux courts (co-fondateur du groupe avec S. Buriez, et ex-guitariste) que les membres du groupe n’avaient pas revu depuis plus de 5 ans, pas fâché d’avoir retrouvé ses anciens compères et d’avoir pu renouer le contact de manière amicale… Emotion ! Côté scène, on ne notera aucune évolution au niveau de la set-list, sauf que le groupe est sur la route depuis plus de deux mois maintenant et que ça se sent : les automatismes sont là et la machine est bel et bien relancée maintenant, tel un bulldozer qui ne laisse aucun répit au public ! La fosse est littéralement déchaînée de bout en bout du concert, malgré une chaleur insoutenable et le groupe s’éclate vraiment.
Une super soirée qui nous a rassurés quant à l’avenir de LOUDBLAST… Si les ventes d’albums pouvaient décoller maintenant, ça serait bien aussi (la faute au gravage ou à la trop longue absence du groupe sous les projecteurs ?) ! En tout cas, un des meilleurs concerts de LOUDBLAST qui m’ait été donné de voir et Dieu sait que j’en ai vus depuis 1987, sans parler de la soirée privée qui a suivi (mais là, c’est top secret, désolé… Eh eh) !

PS : Retrouvez les photos de ces deux concerts dans la partie PHOTOS du site !

Will Of Death

 

Deathmetal.be Fest II : GOJIRA – ABORTED – Welkin - GRONIBARD – Suhrim – Leptotrichia
Kuurne (près de Courtrai - Belgique) – Le 8 mai 2004

 

Nos confrères belges du webzine www.Deathmetal.be organisaient leur 2ème festival à Kuurne, près de Courtrai ce samedi 8 mai, en collaboration avec ABORTED (on n’est jamais mieux servi que par soi-même...). Quand on connaît la rivalité voire parfois la haine envers tout ce qui est français de la part des Flamands en général, on ne pouvait qu’être ravis de voir que deux groupes de l’affiche étaient de chez nous, avec en plus GOJIRA en tête d’affiche et que la date était sold out ! Nous ne pouvions donc décemment pas louper ça, pour aussi voir à nouveau à l’oeuvre Gilles des Gronibard derrière les fûts d’ABORTED, son nouveau groupe.
Première remarque, en arrivant, quelle ne fut pas notre surprise en voyant dans quelle salle allait se dérouler ces concerts ! Une sorte d’arrière-salle de café en plus grand, genre combats de coqs clandestins, ou ancien entrepôt de caisses de bière, au choix ; vous voyez le genre ? Heureusement, hormis ce détail, tout s’est bien passé et le son était quand même pas mal, surtout pour ABORTED et GOJIRA. Deuxième remarque : loués soient les Belges, qui, non contents d’être les maîtres mondiaux incontestés en ce qui concerne la fabrication du jus de houblon, se permettent de vendre toutes leurs canettes à 1 € ! Troisième remarque et elle est de taille : aucune sécu, à part à la porte, ce qui laisse le loisir à chacun de prendre des photos et de discuter avec les membres des groupes sans souci. Les organisateurs paranoïaques français de concerts devraient en prendre de la graine, car aucun problème n’est venu entacher la soirée, comme quoi ! En ce qui concerne les groupes, LEPTOTRICHIA, groupe belge apparemment assez jeune, avait l’honneur d’ouvrir la soirée et aussi malheureusement d’essuyer les plâtres en terme de son pendant 2 ou 3 morceaux. Quand la musique du groupe est devenue plus audible, leur death brutal d’ailleurs assez influencé par Aborted est très bien passé, malgré le peu de réaction du public. Mention bien.
Deuxième groupe belge à l’affiche, SUHRIM, qui promeut lors de cette soirée son deuxième album sorti récemment, « Old Scars Fresh Wound », évolue aussi dans un death brutal sans concession et sans surprise mais quand même très carré. Le chanteur est assez impressionnant et les belges semblent apprécier la musique d’un des leurs, ce qui n’est pas tout à fait notre cas. Le groupe reçoit quand même une belle réponse du public, c’est le principal… C’est donc à ce moment-là qu’on invite Gilles et Sven d’ABORTED à venir faire la petite interview non prévue que vous pourrez retrouver dans la rubrique Interviews du site ! Le temps de finir cet entretien et les mecs de GRONIBARD (qui devaient jouer juste avant ABORTED normalement, mais qui ont décalé leur set pour permettre à Gilles le batteur de souffler un peu entre les deux prestations…) installent leur matos et partent se changer, pour revenir attiffés comme des putes pour camionneurs ou des infirmière délurées (voir photos dans la rubrique Photos du site). Culte une fois de plus, et premiers pogos et slams déclenchés notamment par les fans français du groupe. Comme à chaque fois, les réactions sont diverses : soit on apprécie le 4ème degré de l’humour du groupe, soit on l’insulte pour avoir osé tourner en dérision le metal evil qu’on aime. Nous, il y a longtemps qu’on a choisi notre camp et la plupart du public aussi, puisque le groupe reçoit les premières ovations des 500 personnes présentes et nous délectent de leurs rythmes grind / death joués de main de maître ainsi que de leurs poses déjantées ! Le groupe, devant l’accueil qui lui est réservé, a la banane, et nous aussi…
WELKIN avait intérêt à assurer derrière pour ne pas se faire jeter, mais encore une fois, le public belge est loyal et sait soutenir ses groupes, parce que franchement, il n’y a pas de quoi casser quatre pattes à un canard avec ce groupe, qui récite sa leçon death brutal à la perfection, certes, mais sans aucune originalité. Ceci dit, c’est bien joué et on secoue la tête sans sourciller, donc mention bien là aussi.
Enfin, vers 23 h, ABORTED investit les planches, et là, on change de division ! Le groupe, fort de ses expériences scéniques récentes sur le No Mercy Fest en compagnie de Cannibal Corpse et de Kataklysm, joue à la perfection et le son devient grandiose pour ne rien gâcher. Gilles est maintenant parfaitement intégré au groupe et joue les parties de blast-beats des morceaux enregistrés par Dirk Verbeuren de Scarve (sur Goremageddon et the Haematobic EP) encore plus rapidement, ce qui n’est pas un mince exploit. Il est vraiment le batteur dont ABORTED avait besoin car le groupe peut dès lors se lâcher totalement sur les innombrables breaks et les parties brutales des morceaux sans risquer les pains. 1 h 10 de pur bonheur brutal (dans le moshpit aussi!), bien que l’on sente que l’exiguïté de la scène gêne le groupe. LA claque de la soirée sans aucun doute !
Pour finir en beauté ce festival, GOJIRA était parfait là aussi, car la musique complexe et variée du groupe, prend toute sa dimension sur les planches. N’étant pas fan du groupe, je ne savais pas à quoi m’attendre, mais beaucoup m’avaient dit que ces mecs étaient des tueurs sur scène, et franchement, c’est la réalité ! Du chanteur/guitariste au batteur, ces mecs savent s’y prendre pour faire chavirer une salle, de par leur technique mais aussi et surtout de par leur capacité à passer du pur brutal à des passages plus élyséens, planants et mélodiques. La perfection n’est jamais loin ; le public ne s’y trompe pas et acclame le groupe à corps perdus. Du bon ouvrage, même si ce genre de concerts ne doit pas être trop long, pour ne pas commencer à s’ennuyer avant la fin…
Conclusion : une salle pourrie mais avec des boissons à 1 €, des groupes disponibles qui donnent tout ce qu’ils ont dans le bide et une très bonne ambiance sans une Sécu prise-de-tête. Que pouvions-nous demander de plus ? A l’année prochaine pour la troisième édition…

PS : Retrouvez les photos et l’interview d’ABORTED sur le site.

Will Of Death

 

Metal Therapy Festival : CLAWFINGER – CANNIBAL CORPSE – LOUDBLAST – KATAKLYSM – ABORTED – Black Bomb A – Killers – Seyminhol – Scarve – Do Or Die – DefdumP – Severe Torture – Sublime Cadaveric Decomposition – Life Kit – Insane
WOIPPY– 17 avril 2004

 

Messieurs et Mesdames les organisateurs du Metal Therapy Festival (et Pierre d’Evolution Prod en particulier), chapeau bas ! Pour une première, c’est un coup de maître… Super affiche, excellentes conditions de jeu pour les groupes, super son, écran géant, un bon bar, 30 heueres sans dormir, plus de 750 km A/R, bref une belle journée… Et une configuration de salle qui encourage les membres des groupes à venir se joindre aux fans après les concerts ! Tout cela aurait pu être idyllique si je ne m’étais pas fait piquer mon autoradio et mes papiers dans ma bagnole sur le parking… mais bon, c’est une autre histoire. Putain de merde, j’ai la haine !!! Kill‘em all, tous ces branleurs à casquette des banlieues de merde qui ne pensent qu’à ruiner et à profiter des efforts de ceux qui bossent et sont honnêtes !
On reviendra aussi plus tard sur le cas de la Sécu de ce festival…

Arrivés en retard, peu après 11 h 30, nous avons loupé la prestation d’INSANE. Nous ne pourrons donc rien vous dire, mais les dernières notes que nous avons entendu hors de la salle nous font penser que ce groupe œuvre dans un death assez brutal. Si vous voulez en savoir plus, allez faire un tour sur www.chuul.fr.st, des collègues ‘zineurs ont commenté cette prestation.
Pour nous, les hostilités ont commencé avec les sudistes de LIFE KIT, qui vraiment, sont bons. Un métal bien carré, brutal, assez influencé death, et visuellement sympa, de par la présence d’un percussionniste - violoniste déchaîné et d’un groupe prenant visiblement du plaisir à jouer, même pour une petite demi-heure ! Le chanteur, avec son pied de micro version colonne vertébrale déchire grave et le reste du groupe suit et propose une musique qui passe très bien le cap du live ! A revoir (Interview à venir sur le site dans peu de temps !)
A peine le temps de changer 2 / 3 choses sur scène que les rideaux (eh oui) se rouvrent pour les frappadingues grinders parisiens de SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION. Si on n’écoute pas de grind death, ce n’était même pas la peine de rester là ! On pouvait avoir des craintes quant à la prestation que ces cinglés allaient donner, de part la massivité et la rapidité de leurs compositions sur album… Et bien, craintes dissipées aussitôt le premier morceau entamé, car grâce à un très bon son et une réelle dextérité et une précision de la section rythmique, leur grind est vite devenu jouissif et est arrivé à déclencher les premiers pogos et slams de la journée. Bravo !
Vient ensuite le groupe néerlandais SEVERE TORTURE. Oeuvrant dans un death brutal (très) influencé par Morbid Angel, le groupe arrive sans peine à s’attirer les faveurs du public, qui, maintenant bien chaud, ne demande qu’à en découdre dans le pit ! Très bonne prestation, bon son, compos intéressantes : les Hollandais se paient même le luxe de slammer dans le public à la fin du concert ! Une première bonne surprise de ce festival…
En ce qui concerne dEFDUMp, rien que le nom ne m’inspirait pas confiance, sonnant assez néo. Les gars semblent être du coin, et ont été parachutés sur le concert à la suite de la défection de Slaves On Dope. Franchement, ce type de metal-core brutal n’est pas ma tasse de thé et la voix hardcore très criarde du chanteur est franchement vite insupportable. Je me casse donc au bar me reposer les oreilles, ce qui ne m’empêche pas d’entendre le chanteur parler pendant deux minutes entre chaque morceau pour faire des pseudo morales sociales alors que le mec n’a pas 20 ans… Rien à foutre de tout ça, d’autant que ça casse bien le rythme d’un concert ce genre de trucs. Bref, passons !
Heureusement, tous les groupes de hardcore ne sont pas aussi pénibles, c’est le cas des Belges de DO OR DIE, qui vont délivrer là une prestation de tout premier ordre. Morceaux catchy, rythmiques infaillibles, chanteur bien énervé, DO OR DIE aime les pogos et les slams, donc quand les mecs de la Sécu se prennent pour des Rambo à deux balles, il n’hésite pas à descendre dans la fosse les traiter et leur demander d’arrêter leur cirque ! Excellent ! (encore merci à www.Chuul.fr.st pour les photos !). Cette cataclysmique prestation s’achève par une excellente reprise de « Roots » de Sepultura, qui met tout le monde d’accord et qui suscite un envahissement complet de la scène par le public, rien que pour faire chier la Sécu… Bien vu !
Le temps de béqueter un sandwich et on revient vite dans la salle, parce que là, on va passer la deuxième avec les tueurs nancéiens de SCARVE : leurs deux derniers albums sont des bombes nucléaires et on les attendait donc de pied ferme en live ! Eh bien, quel pied justement ! Ces mecs assurent grave, jouant leurs morceaux parfaitement et quand on a un batteur de la trempe de Dirk Verbeuren dans ses rangs, chaque blast-beat devient un M-16 qui vous arrache la gueule ! Les deux chanteurs s’époumonent sans compter et tout le groupe est d’une précision incroyable et ça, sans rester statiques (à part le bassiste…) et malgré le haut degré technique de sa musique ! Vraiment la première grosse claque de la journée ! Mais 35 minutes, c’est trop court, on aurait aimé voir le groupe plus haut sur l’affiche. Dire qu’on va les revoir bientôt en tournée… Yes !!! (Jetez un œil à leur playlist à la fin du texte).
Passer après ce genre de groupe hyper carré, violent et pro n’est pas une chose aisée, surtout si on œuvre dans un heavy / speed assez classique comme SEYMINHOL, parachutés la veille à 19 h pour remplacer Houwitser… Pas facile en effet dans ces conditions de déclencher la folie, même si le groupe assure très bien et récolte un assez joli succès, grâce à un heavy assez énergique et mélodique et exécuté par des gars qui savent manier leurs instruments, comme souvent dans ce genre de groupes. Plaisant pour les amateurs, vraiment !
On continue alors dans le heavy pur et dur avec les Basques de KILLERS, qui sont quand même parmi les god-fathers du heavy / speed en France, depuis le temps qu’ils tournent ! C’est simple, ici, aucune surprise, mais une réelle sincérité pour ces « Fils De La Haine », qui même avec une voix parfois assez surprenante de par les aigus atteints, embrasent la salle et déclenche les hourras du public présent devant la scène. Pas de poses de rock star ici, on lâche les décibels de fort belle manière, c’est tout et c’est très bien comme ça ! Respect tout simplement !
On revient alors au metal – hardcore avec les parigo-lillois de BLACK BOMB A. Trois fois que je les vois en deux mois et demi, et troisième mandale dans le bide ! ‘Tain, ce groupe en live, ça déchire ! Leur métal teinté hardcore passe comme une lettre à la poste car avec une section rythmique Mario – Hervé, il ne peut en être autrement ! Et que dire des chanteurs, Poun et Arno qui sont une nouvelle fois déchaînés. Même les discours sociaux d’Arno entre les morceaux sont vraiment intéressants (contrairement à l’autre de dEFDUMp…) car ils annoncent toujours une nouvelle série de slams et de pogos. A noter que c’est pendant leur set que les mecs de la Sécu, qui n’avaient pour la plupart certainement jamais vu de concert métal, ont vraiment commencé à devenir violents car dépassé par la « véhémence » bon enfant du public ! Nul, ça… En tout cas, bravo aux BBA pour ce concert de 40 minutes, qui a vraiment foutu un souk pas possible (voir set-list) !
Le temps de discuter avec ces pauvres erres de la Sécu pour leur expliquer comment se déroule un concert de métal, que déboulent déjà les Belges d’ABORTED. A la demande de Sven, je me suis retrouvé carrément sur scène à prendre des photos de Gilles (issu de GRONIBARD), le nouveau batteur, pendant tout le concert pour leur site officiel (voir dans la rubrique Photos du site)… Expérience vraiment inclassable et inespérée pour un fan de Métal comme moi, car on se retrouve dans la même situation que le groupe, ce qui permet de se prendre dans la tronche l’énergie que renvoie le public aux musiciens et surtout de pouvoir apprécier au plus près la performance assez incroyable et puissante de Gilles, qui est un tueur du calibre de Dirk Verbeuren, vous vous en rendrez vite compte quand vous irez voir ABORTED en live ! Le public ne s’y trompe pas et acclame à plusieurs reprises notre frenchy et aussi ami, ici, à Noiseweb. Devant, Sven est très en voix, les deux guitaristes et le bassiste sont on ne peut plus précis et leur death technique et plein de breaks ravit la plus grosse partie des 1200 personnes présentes ! Quelle déchire ! Encore plus quand Pierrick de Scarve débarque par surprise sur scène pour pousser une gueulante suite aux blagues répétées de Sven à son encontre, pour finir le concert dans le public à slammer pendant 20 minutes comme un bon fan ! Excellent et très fun ! La troisième claque de la soirée, monumentale celle-là !
Mais nom de dieu, que dire de KATAKLYSM, qui a enterré tout le monde ce soir ! La semaine dernière, au No Mercy à Anvers, les Québécois m’avaient laissé un tout petit peu sur ma faim. Je m’étais dit qu’il fallait que j’enfonce un peu plus le clou, et franchement, des gars comme Mike et Ch’Blond (hé hé…) avaient vu clair en me disant que je n’étais qu’un inculte ! Une heure de pur bonheur, et le temps de prendre les photos, je pose tout et me décroche le cou comme tout le monde ce soir ! Impossible de ne pas devenir dingue pendant leur show ! Putain, quelle puissance et les morceaux assez techniques du groupe sont joués formidablement bien. Maurizio est toujours aussi impressionnant de par sa stature et sa puissante voix death et le fait qu’il parle en français au public déclenche de plus grandes ovations, amplement méritées ! Le batteur est tellement puissant aussi que ces cymbales n’y résistent pas et se cassent la gueule du portique à plusieurs reprises sur les blast-beats qu’il effectue, notamment pendant son solo de batterie… Total Armageddon !!! LA prestation de la soirée : voir set-list de la semaine dernière… Un public complètement démonté et des pauvres nazes de la Sécu qui s’en donnent à cœur joie pour malmener les slammers : putain, messieurs et mesdames de l’organisation, virez-moi ces clowns de là la prochaine fois, svp ! Jamais je ne m’étais mis en colère comme ça contre des mecs de la Sécu pendant un concert, impeccables pour pourrir une ambiance devant la scène de par leur zèle brutal masquant un total manque d’expérience de ce type de manifestation ! Connards ! Mais pour en revenir à KATAKLYSM, pas étonnant que des groupes hésitent à les prendre en première partie (cf. OPETH par exemple) de peur de se faire piquer la vedette…
Qu’est-ce qu’allaient bien pouvoir faire nos LOUDBLAST nationaux après ça ? Et bien, faire un concert comme ils savent le faire, c’est-à-dire tout donner pendant une heure, avec passion, professionnalisme et talent ! Le public, rincé par ce que vient de lui asséner Kataklysm, a un peu plus de mal à réagir, même si le pit est assez souvent sans dessus-dessous, ce qui réjouit le groupe. Même si l’effet de surprise ne joue plus, revoir les LOUD en tournée française avec des salles bien remplies voire pleines pour certaines est un véritable bonheur et prouve que le métal a encore de beaux jours devant lui en France ! Respect là aussi pour ce que ces mecs ont apporté à notre musique : le public le lui rend bien d’ailleurs ce soir. (Voir set-list)
Vingt-trois heures déjà et CANNIBAL CORPSE débarque sur scène, non sans que votre serviteur ait auparavant pu aller rencontrer (j’ai bien essayé d’apprendre quelques mots en français à George, comme « les mecs de Kataklysm sont des tapettes » - avec un Maurizio hilare à côté de moi, mais rien n’y a fait, il n’a rien dit sur scène… hé hé hé) et photographier les membres du groupe pendant leur échauffement en backstage (avec un Jack Owen grippé, et qui a oublié d’enlever son bonnet quand les rideaux se sont ouverts… lol). Impressionnant, surtout Alex sur sa basse, même sans son... Plus que ce concert d’ailleurs, comme celui d’Anvers la semaine dernière rajouterais-je. Les hits du groupe sont passés en revue pendant 1 h 10 (voir set-list de la semaine dernière aussi), George Fisher est toujours à fond dedans au niveau de la voix et du jeu de scène, mais on aimerait surtout voir un peu plus les trois autres musiciens bouger. Toutes leurs prestations sont identiques maintenant et les titres, tous plus techniques les uns que les autres, ne laissent aucune place à l’improvisation. On croirait même entendre les disques parfois. Mais CANNIBAL CORPSE est ce qu’il est et ce qu’il fait, il le fait bien. Après tout, quand on est fan d’un groupe, c’est déjà bien, non ? Alors, bravo quand même.
Pour terminer la soirée, les organisateurs ont eu la curieuse idée de faire venir CLAWFINGER qui n’est quand même pas le groupe de métal le plus populaire chez nous. Et passer après CANNIBAL CORPSE, à plus de minuit, c’était carrément mission impossible. Les organisateurs avaient même prévu le coup, puisqu’ils ont proposé des entrées spéciales à 15 € pour ce groupe et le groupe technoïde d’aftershow, Palindrome. Même ce petit stratagème ne s’est pas avéré très payant, puisque plus de la moitié de la salle s’est tirée après le concert des bouchers de Floride. Qu’à cela ne tienne, même si 500 personnes étaient toutefois encore présentes, le groupe a fourni une excellente prestation et a ravi les fans du groupe qui ont repris en chœur les refrains, ce qui tend à prouver que les présents étaient de vrais fans du groupe. Assez curieuse ambiance toutefois, plus intimiste. Le chanteur, pas dupe de toute façon, s’est même permis de vanner en disant que CLAWFINGER était certainement le groupe le plus brutal de l’affiche… Je dois aussi vous avouer que le côté trop hip hop du chant me laisse de glace mais le groupe a vraiment assuré selon ses fans, c’est bien là le principal. A noter une petite anecdote sympa : après être allé porter plainte pour le vol de mon autoradio à Metz (ggggrrrrr….), en repartant, nous sommes tombés par hasard sur le groupe au grand complet dans la station autoroute de Berchen au Luxembourg vers 5 heures du mat, en train d’acheter des robots électriques et autres jouets pour leurs gosses, ainsi que les fameuses saucisses Bi-Fi, ce qui m’a permis de bien les charrier, surtout le bassiste… pas très métal tout ça ! Mais humain, comme leur musique et leurs textes et surtout marrant et inattendu !
A noter que le festival s’est terminé par un after show donné par les électronico-technoïdes de PALINDROME, des mecs assez connus dans le milieu paraît-il. Mais bon, nous, on était au bar. Rien à cirer de la techno, c’est pas assez evil…
Voilà, en conclusion, un très bon festival avec des temps de changement de matos hyper réduits entre les groupes, mais un plan de Sécurité à revoir (trop sévère en tout point, même à l’entrée ; même si la critique est facile quand on n’est pas l’organisateur, Mea Culpa). Et vus les moyens audio-visuels carrément exceptionnels mis en œuvre sur cette journée, il ne serait pas étonnant de voir fleurir un DVD de cette première édition du Metal Therapy un de ces jours ! On surveille ça de près et on vous tiendra au jus si ça doit se faire…

CANNIBAL CORPSE – durée : 1 h 10
Shredded Humans
Puncture Wound Massacre
Fucked With A Knife
Stripped, Raped And Strangled
Decency Defied
Vomit The Soul
Unleashing The Bloodthirsty
Pounded Into Dust
Sentenced To Burn
The Cryptic Stench
They Deserve To Die
Festering In The Crypt
Dormant Bodies Bursting
Gallery Of Suicide
Pit Of Zombies
The Wretched Spawn
Staring Through The Eyes Of The Dead
Devoured By Vermin
-----------------------
A Skull Full Of Maggots
Hammer Smashed Face

KATAKLYSM – durée : 45 min
The Ambassador Of Pain
The Resurrected
Illuminati
As A Slitter
Manipulator Of Soul
Serenity In Fire
Blood On The Swan
Where The Enemy Sleeps
Shadows And Dust

LOUDBLAST :
Presumption
Steering For Paradise
Subject To Spirit
Cross The Threshold
Pain Brothers
The Serpent’s Circle
Bow Down
Taste Me
Pleasure Focus
Man’s Own
No Tears To Share

BLACK BOMB Ä :
Double
You Can Save Me
Mary
Police Stopped Da Way
Fine Talkers
Make Your Choice
Born To Die
Your Enemy
Legalize Me

SCARVE :
An Emptier Void
The Path To Apoptosis
Mirthless Perspectives
FireProven
Emulate The Soul
Asphyxiate (coupé juste au niveau du solo… dommage !)
Molten Scars
Irradiant

Will Of fuckin’ Autoradio

PS 1 : Retrouvez toutes les photos du festival dans la partie Photos du site, et une fois de plus, un grand merci à Chuul et à Chuulette pour la permission d’utiliser certaines de leurs images (à charge de revanche, les amis) !

PS 2 : Aussi un grand merci à Pierre pour les pass !

PS 3 : Pas facile de se taper 5 heures de route sans autoradio (rentrés à 10 h du mat’), quand quatre « loques » très imbibées dorment et ronflent à côté de vous sans vergogne pendant toute la route… Enfoirés ! Alcooliques !

 

No Mercy Festival : CANNIBAL CORPSE – HYPOCRISY – PRO-PAIN – KATAKLYSM – CARPATHIAN FOREST – VOMITORY – EXHUMED – SPAWN OF POSSESSION – IN-QUEST – PANCHRYSIA
Hof Ter Lo (Anvers) – 10 avril 2004

 

Onze heures de métal, faut s’les faire ! Mais des dates comme celles-là, on en redemande ! Parce qu’à de rares exceptions, on a quand même eu droit à ce qui se fait de mieux sur la scène brutale, dans un éclectisme bienvenu ! La salle de l’Hof ter Lo d’Anvers (B) est de plus une pure salle de concert, où le son est en général toujours nickel et où le houblon reste bon marché, pour ne rien gâcher, ce qui n’est pas négligeable quand la température atteint les 40° !
Premier groupe à ouvrir les hostilités à 13 h, PANCHRYSIA, régional de l’étape, avec son black très inspiré par Satyricon et Emperor, a reçu un accueil poli des quelques 300 personnes présentes dans la salle, mais franchement, au bout de 2 ou 3 morceaux, on en a déjà marre (et ce n’est pas la première fois que je les voyais…). A éviter donc à l’avenir !
Les choses se corsent avec les extraordinaires IN-QUEST, belges aussi, diablement efficaces avec leur modern death-thrash et des morceaux calibrés pour la scène, et avec un Svencho (aussi hurleur chez Aborted) très en voix. Grosse réaction du public plus nombreux, qui ne s’y trompe pas. Première claque du festival ! On en redemande avec plus de temps la prochaine fois… Putain, 30 minutes pour ce groupe, c’est trop peu… Mais les absents ont eu tort de ne pas être là, puisque Sven m’a annoncé à la fin du show qu’il quittait IN-QUEST ! Merde ! J’étais dégoûté…
Ensuite, avec fébrilité, on attend les deathers techniques de SPAWN OF POSSESSION, et là, deuxième mandale de la journée, car même en 30 minutes, les Suédois nous en mettent plein la gueule, exécutant leurs compos ultra techniques et brutales sans faille ! Quelle maîtrise et franchement, le chanteur (pourtant tout mesquin et attifé comme un néo métalleux) a une de ces putains de voix ! Excellent !!! Première grosse ovation du public… Là aussi, on attend de revoir le groupe dans de meilleures conditions. (Une date IN-QUEST / SPAWN OF POSSESSION / VISCERAL BLEEDING est d’ailleurs prévue en Belgique en juillet ! Yeah !)
Il est déjà 16 h quand les Californiens nécrophages d’EXHUMED investissent la scène et là aussi, excellente prestation : le trio vocal s’en donne à cœur joie pour nous balancer ses compos très influencées par Carcass première époque, donc, un death-grind sans concessions, mais très bien exécuté et qui déclenche les premiers slams dans le public maintenant au complet ! Bien cool, d’autant que les prestations commencent à s’allonger !
Cet allongement des sets peut être cependant à double tranchant, parce que si le groupe est bien, c’est cool, mais ça devient vite pénible quand un groupe comme VOMITORY déboule sur scène : le côté beaucoup trop linéaire de ses compos et un son approximatif et beaucoup trop sourd nous poussent vers la sortie, vers le bar plutôt (hé hé…). Je n’ai jamais rien trouvé d’extraordinaire dans leur musique sur CD, et en live, c’est encore pire ! Passons…
Vers 17h30, on va alors changer tout à fait d’atmosphère avec CARPATHIAN FOREST ! Le groupe norvégien extrémiste, avec son heavy black mid-tempo va nous mettre le troisième uppercut de la soirée et remporter la palme du côté « Evil » ! Avec ses compos magistralement jouées et un son parfait, le groupe arrive à nous transporter dans une sorte de messe noire orchestrée par un Nattefrost des grands jours, qui bénit le public en le signant par des croix retournées imaginaires ! Culte ! En quarante minutes, le groupe arrive à retranscrire des atmosphères que seuls les « mighty » Celtic Frost, Bathory ou Hellhammer arrivaient à créer dans les années 80 ! Génial et très grande surprise du festival ! Je vais m’acheter les albums qui me manquent, putain !
Le festival est lancé sur sa vitesse de croisière quand débarquent donc les Québécois de KATAKLYSM, arrivés sur cette tournée un peu par hasard, suite à leur « éviction » (pour être poli) de la tournée US d’Opeth, remplacés par le Devildriver de Dez Fafara dont Mauricio, le chanteur massif, va certainement botter le cul un de ces quatre selon ses dires ! Hé hé… Treize ans quand même que nos cousins canadiens arpentent les planches et ça se sent ! Selon certains dans le public, le festival a vraiment commencé avec leur prestation. Même si je ne suis pas d’accord, force est de reconnaître que leur death assez varié a su déclencher la première grosse furie dans le pit durant 45 minutes ! Bravo ! Dire qu’on va les revoir la semaine prochaine dans les backstages à Woippy, au Metal Therapy Festival, avec dans notre besace une petite caisse de bon vin ! Mais chut ! Ne le dites à personne… Hé hé…
Bon, allez, je vais avouer une chose : je n’étais pas venu sur cette date pour voir les metal-hardcoreux de PRO-PAIN, et bien, ce fut un tort ! Putain, si le titre « Vulgar Display Of Power » devait être jadis attribué à Pantera, on l’emploiera pour décrire la cataclysmique prestation des Américains ! Quelle claque ! Un public complètement démonté, un certain Evil Boris juché sur les barrières durant tout le concert, des pogoteurs slammant même dangereusement (quelques skin-heads mettant un souk pas possible !) et un Gary Meskil toujours aussi impressionnant au chant et à la basse ! Et que dire du guitariste soliste Tom Klimchuck, qui joue comme un dieu ! PRO-PAIN, ou comment être à l’affiche d’un festival death brutal / black et écraser tout le monde sur son passage ! Génial !
Difficile alors pour HYPOCRISY de passer après eux ! Pourtant, le gang des Suédois, avec un Peter Tätgren toujours impeccable et un certain Horgh (ex-Immortal) à la batterie, même si la prestation donnée est de qualité, n’arrivera jamais à mettre de la folie dans la salle, la faute peut-être à une set-list trop orientée sur des morceaux mid-tempo et à un horrible larsen sur la basse pendant la moitié du concert ! La musique d’HYPOCRISY est bonne, mais on commence à se lasser : c’est toujours la même chose, une sorte d’AC/DC du death metal ! Dommage… Une relative déception.
Il est déjà 23 h quand CANNIBAL CORPSE investit la scène avec plus de 30 minutes de retard sur l’horaire prévu (la faute à la tête d’ampli d’Alex Webster, le bassiste astral, récalcitrante…) et comment dire ? Ok, ça fait 10 fois que je les vois en concert, je suis fan, on a alors tendance à attendre beaucoup des groupes, mais il faudrait quand même que Jack Owen se réveille sur scène, en ne donnant pas l’impression d’être venu au boulot et de se faire chier ! Dommage, parce que les autres, notamment Alex et George se donnent à fond ! Très bonne set-list, son nickel, bonne ambiance mais sans plus… Heureusement, dans une semaine, on remet ça près de Metz et Alex nous attend aussi pour avoir sa petite bouteille de Bordeaux ! Je vous raconterai !!!

CANNIBAL CORPSE – durée : 1 h 10
Shredded Humans
Puncture Wound Massacre
Fucked With A Knife
Stripped, Raped And Strangled
Decency Defied
Vomit The Soul
Unleashing The Bloodthirsty
Pounded Into Dust
Sentenced To Burn
The Cryptic Stench
They Deserve To Die
Festering In The Crypt
Dormant Bodies Bursting
Gallery Of Suicide
Pit Of Zombies
The Wretched Spawn
Staring Through The Eyes Of The Dead
Devoured By Vermin
-----------------------
A Skull Full Of Maggots
Hammer Smashed Face

HYPOCRISY – durée : 1 h
Born Dead
Fusion Programmed Mind
Adjusting The Sun
Eraser
Turn The Page
Fire In The Sky
Necronomicon
Slaves To The Parasites
Reborn
Roswell 47
God Is A Lie
Deathrow

PRO-PAIN – durée : 50 min
No Way Out
Shape Of Things To Come
Casualties Of War
Gone Fishin’
Fuck It
Draw Blood
Left For Dead
Save Face
Can You Feel It ?
Stand Tall
In For The Kill
Life’s Hard
Get Real
Shine
Make War Not Love
State Of Mind

KATAKLYSM – durée : 45 min
The Ambassador Of Pain
The Resurrected
Illuminati
As A Slitter
Manipulator Of Soul
Serenity In Fire
Blood On The Swan
Where The Enemy Sleeps
Shadows And Dust

SPAWN OF POSSESSION – durée : 30 min
Inner Conflict
Spawn Of Possession
Swarm Of The Formless
Dirty Priest
Hidden In Flesh
Dead And Grotesque
Church Of Deviance

IN-QUEST – durée : 30 min
The Imminence Of Disposition
Retrospected Void
Stahlmacht : Destruction Unbound
Epileptic
Neurofractal By-Pass
Reverbating Human Callousness

Will Of Death

 

MORBID ANGEL + KRISIUN (+Aeons) - Le Splendid (Lille) - le 20 Mars 2004

 

Gloire à MORBID ANGEL ! Putain, quelle soirée… Merci aux gars du Splendid de Lille de nous avoir permis de vivre ça ! Une salle plus que bien remplie, des groupes excellents et qui n’hésitent pas, comme les Brésiliens de KRISIUN, à venir se joindre aux fans pour serrer des pognes et boire des coups (moins vrai pour MORBID ANGEL…) et surtout un niveau technique irréprochable, qui leur permet de transcender leur musique de manière magistrale en concert ! Mais avant de parler des Masters of Darkness, évoquons le cas des premières parties… AEONS, groupe du Nord, oeuvrant dans un death assez classique, a eu l’honneur de monter en premier sur les planches, bien accueilli par un public déjà nombreux dans la salle et qui sut réagir assez bien à leur musique. Mais retenu hors de la salle pendant la majeure partie de leur show, on ne pourra pas vous en dire plus. Dès les lumières éteintes à nouveau, l’ambiance va alors monter d’un cran ! Pour véritablement commencer à mettre le feu, les Brésiliens de KRISIUN sont parfaits : un impeccable trio, emmené par un Alex Camargo des grands jours à la basse et au chant, soutenu par Moyses Kolesne, qui n’est autre qu’un des meilleurs gratteux de death brutal (dont la qualité des solos le démontre à chaque intervention), les deux frontmen étant boostés par un Max Kolesne apocalyptique à la batterie ! De nombreux fans du groupe étant là, dès les premières notes, le pit se transforme en une sorte de baston générale et le groupe, en empilant ses classiques, nous en met plein la vue ! Quelle première partie ! Un super groupe, un son excellent, des mecs vraiment proches de leurs fans, KRISIUN rules, motherfuckers ! A revoir le plus vite possible ! A peine le temps de se rincer le gosier et de reprendre son souffle, que déjà, les notes de l’intro de MORBID ANGEL font trembler les murs du Splendid, dont le public, tout acquis à la cause des Maîtres du death, entre en transe dès le début d’un Day Of Suffering d’anthologie ! Comment ne pas sombrer dans une sorte de coma extatique avec des titres comme Pain Divine, Where The Slime Live avec son implacable et très heavy rythmique, ce refrain de Lord Of All Fevers And Plague, repris par 800 metalfreaks humidifiés ou encore ce Chapel Of Ghouls en guise de bouquet final ?!! Trey Azaghtoth est un mec vraiment à part dans la musique, car le géniteur de riffs incroyables et de solos extrêmes que seul lui arrivera à jouer, alors rendons-lui grâce pour ce qu’il a apporté au métal en général (il restera une bonne dizaine de minutes devant la scène pour venir remercier les fans et signer des autographes, remettant ça sur le parking à la sortie de la salle… Respect) ! Steve Tucker est un putain de chanteur, quoiqu’un peu distant des fans (seul petit bémol de la soirée) et que dire de Pete Sandoval, sinon qu’il a encore été parfait… On saluera aussi la présence de Tony Norman (guitariste de MONSTROSITY) en lieu et place d’Eric Rutan, qui nous a aussi sorti de sacrés solos et qui est impeccable en rythmique (qui aimerait bien rester dans le groupe après la tournée… On le comprend ! Affaire à suivre). Welcome home, Tony ! Un concert de MORBID ANGEL est une messe noire, une invocation des démons infernaux, la résurrection de l’Antéchrist… Set-list extraordinaire (bien que l’album Gateways To Annihilation ait été passé à la trappe), ambiance des grands jours, son nickel, ce concert restera longtemps dans nos mémoires (certainement aussi pour cette jeune fille avec le bras disloqué…) ; et que dire de cette fin de soirée qui nous a été offerte de vivre avec les groupes backstage ! Allez, il va bien falloir réatterrir un jour… MORBID ANGEL, fuckin’ Armageddon !!! MORBID ANGEL ! MORBID ANGEL ! MORBID ANGEEEELL LLLL !!!!!!!!

Durée : 1 h 30
Ambiance : Apocalyptique et magique
Son : Parfait pour les trois groupes
Lights : Nickel chrome !

Set-List Morbid Angel :

Day Of Suffering
Within Thy Enemy
Pain Divine
Beneath The Hollow
Curse The Flesh
Chamber Of Dis
Stricken Arise
Where The Slime Live
Dawn Of The Angry
Bil Ur-Sag
World Of Shit
Cleansed In Pestilence
Lord Of All Fevers And Plague
Rapture
God Of Emptiness

Rappels:
Enshrined By Grace
Chapel Of Ghouls

Will Of Death

 

BLACK BOMB A (+ L’esprit Du Clan + Specimen) – Carvin, Salle des Fêtes – le 21 février 2004

 

Quelle bonne surprise que ce concert à la Salle des Fêtes de Carvin (62), salle qui peut contenir de 800 à 1000 personnes, qui n’est pas connue pour être une salle dévolue au métal, mais qui a réussi parfaitement son examen de passage, grâce à une organisation sans faille et le dévouement d’une quarantaine de personnes ! Deuxième bonne surprise, c’est qu’environ 500 personnes s’étaient déplacées pour assister à un excellent concert des hardcoreux de Black Bomb A. Mais avant de parler de la tête d’affiche, nous passerons sur la prestation de SPECIMEN, le groupe local. Non pas que leur concert fut mauvais, bien au contraire, selon ce que l’on nous en a dit, mais tout simplement parce que nous étions retenus par les gars de Loudblast et de Black Bomb par ailleurs. A revoir donc, c’est promis, les gars. Deuxième groupe à l’affiche, L’ESPRIT DU CLAN. Le groupe nous avait laissés plus que septique avec leur dernier album, assez orienté rap, ce qui n’est pas dans nos cordes… Mais en live, il faut avouer que c’est la déchire, un déferlement de puissance, véritablement hardcore. Les deux chanteurs s’époumonnent sans relâche, tandis que la rythmique se fait tour à tour « jumpante » voire thrash par moments… Mention bien, donc, une vraie et agréable surprise ! Après quelques instants de calme, c’est donc BLACK BOMB A qui investissait la scène pour mettre le feu de manière assez brutale, puisque le groupe avait choisi d’ouvrir les hostilités avec « Double », le premier titre de leur excellent nouvel album. Les nouveaux morceaux passent comme une lettre à la poste en live et il faut aussi reconnaître qu’Arno a vraiment amené beaucoup de puissance aussi aux anciennes chansons. Le public, très chaud, à la limite parfois de la violence, ce qui oblige Poun à demander un peu de calme, connaît d’ailleurs très bien les titres, à peine vingt jours après la sortie de Speech Of Freedom (ce qui tend à nous rassurer sur les ventes), et reprend tous les refrains (« Mary », « No One Knows »)! Hervé est toujours aussi efficace et carré derrière ses fûts, tandis que Sam et Scalp se contentent comme d’habitude d’assurer leurs parties sans beaucoup bouger… Dommage, mais Mario, avec sa basse atomique, fait le spectacle. Pour conclure, un très bon concert, dans une belle salle avec une vraie grande scène, et encore un grand merci aux groupes et aux organisateurs (Gregory) pour les backstage-pass… Encore une fois, les absents ont eu tort !!! Pourquoi pas un festival métal la prochaine fois ?

PS : Retrouvez les photos de ce concert dans la partie Photos du site…

Will Of Death

 

SUPURATION / GRONIBARD – Salle des 4 Ecluses – Dunkerque Le 24 janvier 2004

 

SUPURATION au sommet, comme jamais ! Voilà ce qu’on retiendra de ce concert à Dunkerque. Tout simplement…

Mais avant de parler de la prestation magnifique des géniteurs d’Incubation, évoquons le cas GRONIBARD, parce qu’il faut vraiment parler de cas pathologique, tellement ces mecs sont allumés.
Devant une salle comble (première bonne surprise de la soirée !), les grind-pornophiles pervers de Lille débarquent sur scène affublés de leurs habits bien décadents, et nous balancent un Bonsoir dont seuls eux ont le secret, à coup de « Sale Pute » suivi de « J’te déchire l’anus », c’est-à-dire un grind parfaitement maîtrisé, avec un son excellent, où se mêlent passages vocaux bien délirants, growls invraisemblables et rythmes cataclysmiques. Le public réagit alors de différente manière, entre les acclamations et les insultes, auxquelles le groupe répond sans coup férir. On aime ou on n’aime pas… Nous, ça nous fait bien marrer. Côté musique, ça bastonnera sec pendant 45 minutes, et la fosse est souvent transformée en chaos. Mais la grosse surprise du set des Gronib’ vient de la présence exceptionnelle de Svencho avec de magnifiques couettes (chanteur d’ABORTED, IN-QUEST et batteur de LENG T’CHE), venu s’encanailler derrière les fûts en lieu et place de Gilles, parti se branler ailleurs le temps d’une soirée… Après seulement 2 répètes, celui-ci s’en tire parfaitement et reçoit un accueil très chaleureux du public ! Tous les tubes ayant fait la réputation internationale ( !) de GRONIBARD sont passés en revue, et le groupe se fend même de « reprises » délirantes de Beyonce, Lorie ou de Johnny Halliday pour finir de mettre le feu aux poudres et d’achever les derniers récalcitrants... Du grand art qu’on vous dit !!! (Vous pouvez retrouver une interview des gars réalisée juste avant le concert sur le site)

Après quelques minutes de répit, SUPURATION investit enfin la scène, et dès les premiers accords, la salle est envahie par quelque chose que peu de groupes arrivent vraiment à créer : de la magie ! Les éclairages masquant le visage des musiciens y sont certainement pour quelque chose, mais c’est surtout la musique qui nous transporte dans une autre dimension, celle de l’indicible perfection, de la puissance mélodique… SUPURATION est un groupe à part, véritablement unique dans le paysage métal mondial et donc ô combien indispensable pour cette scène, où le plagiat est parfois de mise. Aucun groupe ne leur ressemble, et reconnaissons que c’est assez rare pour ne pas le rappeler une nouvelle fois ! La set-list est tout particulièrement orientée sur The Cube et Incubation, à savoir les morceaux les plus violents de leur discographie, le groupe allant même jusqu’à nous ressortir un bon vieux Sultry Obsession, et c’est en cela aussi que ce concert est exceptionnel voire même jouissif : Thierry n’a certainement jamais joué aussi bien et autant de rythmes rapides en un seul concert de toute leur carrière, la voix de Ludo est tout bonnement hallucinante de puissance et de justesse, et le jeu de guitare de Fabrice a gagné en technique, comme en témoignent les solos effectués de main de maître, sans fausses notes ! Quant à Fred, le bassiste, il vit son truc toujours aussi en retrait, mais est terriblement efficace. Selon les dires d’Arno, leur manager, c’est même le plus long concert jamais donné par SUP auquel les fans présents ont assisté (1 h 45 de death-metal, 16 titres, même mélodiques, faut se les faire !) ce soir-là. Le public ayant parfaitement réagi, on ressort d’un tel concert totalement transportés, presque anéantis, tellement ce fut excellent ! Bravo à vous les gars, non seulement pour ce concert et votre dernier album, mais aussi pour fournir à la scène métal en général votre inspiration et votre talent… SUPURATION au sommet, vous disait-on !

Durée du concert : 1 h 45
Lights : magnifiques, envoûtantes.
Ambiance : Sous le choc !

Set List du concert :
Intro / The Cleansing
The Confusion
The Old Mirror
1308 JP 08
The Cube
The Crack
Incubation
The Nameless Boys
Witness 3x3x3
Uly – Tohas
The Elevation
The Accomplishment
Labimente
Sultry Obsession
4TX 31B
The Dim Light

Will Of Death